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lieux, difficilement contenus par l’autorité royale et toujours en lutte avec elle, Shakspeare n’a pas oublié' de placer une autre aristocratie qui a aussi sa part des affaires publiques et qui les dirige au nom d’un principe supérieur à la politique mondaine : ce sont les dignitaires et les prélats de l’Église. Ceux-ci mènent le monde plus par l’adresse que par la force, ils gouvernent par l’influence des idées et souvent ils occupent le premier rang dans le conseil des princes. Il y a parmi eux des prêtres vertueux qui ne font servir leur autorité qu'à la défense de la justice et du droit. Il y en a d’autres, au contraire, qui se couvrent de leur caractère religieux pour arriver au pouvoir, et qui, une fois qu’ils en sont maîtres, s’y maintiennent, sans aucun souci de la morale chrétienne, par des moyens purement humains. Shakspeare, dont l’esprit étendu saisit toutes les variétés de chaque condition sociale, distingue dans le clergé les saints et les politiques. Il voit ici des hommes qui aiment Dieu, qui pratiquent sa loi et qui la défendent, même au péril de leur vie; là, des habiles qui capitulent avec leur conscience, et qui cherchent dans l’interprétation des textes sacrés des excuses pour colorer leurs artifices, ou simplement des ambitieux qui ne se mettent môme pas en peine de justifier leur conduite, au point de vue religieux, et qui adoptent sans scrupules les maximes de la raison d’État. '
Toutes ces nuances de l’esprit ecclésiastique, Shakspeare les a trouvées dans l’histoire et les reproduit avec lidélité. Au milieu des fureurs de la guerre civile, quand les passions violentes sont excitées et que les vainqueurs foulent aux pieds les droits des vaincus, c’est un prêtre
qu’il charge de défendre les idées de justice et les vieilles
la
by Googk-
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traditions. BoUngbroke s’est révolté conke son souverain légitime, Ricbard II, et le force i abdiqua. Tous le* grands applaudissent à son «sm^ion et prononcent la déchéance du roi. Seul, l’évôque de Carlisle parle en sa faveur. « Qud sujet, s’écrieddl, peut prononcer un verdict contre son roi ? Et, parmi ceux qui siègent ici, quel est celui qm n’est pas le sujet de Eichard? » Prote^ tûm inutile, mais géna^use «A vraunent digne d un
prélat *. ■
Dans le üoi Jean, figureà un titre tout dififérent, comme
poUtique, plutôt que comme homme d’Égüse, un légat du pape, envoyé de Rome pour rompre le traité qu’ont conclu les rois de Franee et de ringleterre. Celui-ci est soujde et insinuant, délié comme un Italien et féccmd en expédhents, comme doit Tètre l’ambassadeur d un gouvernement dont l’habileté est célèbre. Il a des.argu^ ments pour toutes les causes, il met à Taise la conscience de ceux qui l’écoutent, et il trouve d ingénieuses raisons pour présenter sous des couleurs favorables des actes que des esprits plus timorés appelleraient criminels. Écoutons -le conseilleff à Philippe- Auguste de violer la promease que celui-ci vi©at de faire, par serment, au roi Jean que l’Égüse excommunie. « Vous avez, dÜril, juré à l’Église de la défeudre. Ce fut votre premier serment; qu’ü soit le premier exécuté ! Ce que vous avez juré depuis, vous 1 avez juré contre vous môme et vous pouvez vous dispenser de. l’accomplir. Car, si vous avez juré de faire mal, il n’y a point, de mal à s’en abstenir. Quand on s’est écarté des règles, il faut .y rentrer par un second écart ; et la seconde erreur, qiti