‹ ShakspeareChapitre 68 sur 128 · Second pari o/king Henry lY, ad. v, *c · texte numérisé non relu

Second pari o/king Henry lY, ad. v, *c

CABACTÈRB8 HISTORIQUES. üb

à l’élégance des manières que les jeunes gentilshommes prisent si haut. Il retourne à la taverne avec Poins, il s’y installe, sans respect humain, à côté des gens du peuple, et il demande de la petite bière, comme un simple artisan. « N’est-ce pas bien vulgaire à moi, dit-il à son ami, d’avoir envie de cette boisson?» Mais il se moque, comme autrefois, de l’opinion, et il soit ses goûts. Cependant au fond il est triste, it sait que son père est malade, et il craint^l’apprendreque le mal s’aggrave.* Si je cache avec soin ma douleur, dit-il à Poins, c’est que je fréquente une aussi mauvaise compagnie que la tienne. » Bientôt il est mandé au palais pour recevoir le dernier soupir du roi. Il entre dans la salle où celui-ci sommeille, il le croit mort, et il emporte la couronne royale qui lui appartient par droit denaissance. Mais Henri lY se réveille, réclame sa couronne qu’il avait fait poser au chevet de son lit, entend dire que c’est le prince de Galles qui l’a enlevée et éclate en reproches contre ce fils dénaturé. Cette colère du père est un artifice qu’emploie le poète pour amener sur les lèvres du prince une noble réponse. « Voilà votre couronne, s’écrie-t-il, quand il est accusii de s’en être emparé trop tôt, et puisse celui qui en porte une immortelle vous conserver longtemps la vôtre 1 Si elle m’est chère, c’est parce que votre honneur et votre gloire y sont attachés. »

Alors le père et le fils, séparés jusque-là par la différence de leurs habitudes et par leur réserve mutuelle, s’ouvrent leurs cœurs pour la première fois. Leurs sentiments longtemps contenus s’épanchent. Henri IV fait sa profession de foi politique et meurt consolé, en voyant qu’il laisse un successeur capable de le comprendre et digne de recueillir son héritage.

SUAiCSPEARE.

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