MAC DU FF
Salut, roi ! car tu i'ea. Regarde ce qu'est devenue la tète maudite de l'usurpateur. Notre temps est libre! Ceux que je vois autour de toi, perles de ta couronne, répètent mentalement mon salut; je leur demande de s'écrier tout haut avec moi : Salut, roi d'ÉcOSSB !
Salut, roi d'Écosse! (Fuhnj
Voilà Macbethl C'est le crime! c'est le remords! c'est la faiblesse de l'homme fort contre la séduction de la femme passionnée et perverse. C'est surtout l'expiation immédiate du forfait par la vengeance occulte de Dieu. On y sent l'invincible honnêteté de Sbakspeare. Le poète est d'intelligence avec Dieu.
Il s'en faut de beaucoup cependant que Macbeth vaille llamlct comme conception dramatique. La feinte foîie d'Hamlet et la faiblesse de sa mère, et les lames et iamortd'Opliélia sont des éléments tragiques bien autrement fëemtds en situations que les rient gros crimes, purs et simple* (le Mttrbrth. Les
sorcières sont loin de l'apparition nécessaire de l'ombre du roi, père d'Hamlet, qui gouverne et
poète, on le voil, ne sait comment se débarrasser de celle masse de coupables, de demi-coupables et d'innocents qui ne peuvent plus vivre parce qu'ils ne peuvent plus ni régner innocemment, ni s'unir convenablement comme Ophéliaetllamlct, meurtrier par hasard de son pire. Il les jette tous avec peu de vraisemblance aux dieui infernaux ; mais la pièce,
l'origine de son inspiratiim. Ou' importe que celle iiispïratiun vienne d' Athènes ou de Londres? Orestr Ou Murbiih ne snnt que des noms, celui qui les fail agir ou parler, dans quelque langue que ce soit, est le vrai créateur.
des drames latins d'origine, tels que Juifs fïsnr, (Hhello, le ISoi Lear, se disputent l'admiration de l'univers; nous ne les ;-.:);;lysei'ous pas. 11 nuiis e-i cependant impassible de ne pas remarquer dans
Jules César, Antoine, ISnitus, Cassiiis,
Cicéron, l'é-
tonnante compréhension d'homme d'État que Shak-
speare avait puisé dans l'lutarquc : il
avait compris
Home et le peuple romain comme s'il ■
Stait ne sur le
qttirinal. Lisez l'iiabile discours d'Auto
ine au peuple
romain , au commencement duquel Ai
uoiue semble
là ter son auditoire et vouloir maudire
César, et à la
fin duquel il lit le testament du dictai
eur en faveur
du peuple, déploie sa robr percée de coups de poignaixls, et finit par lui faire arracher les bancs et la tribune pour y mettre le feu et aller incendier les maisons des meurtriers de César. 11 n'y arien de plus beau, parce qu'il n'y a rien de plus vrai dans l'histoire de l'habileté de l'orateur politique et de la ver-
Quant a Othello, ce n'est que le roi des mélodrames. Un vieux More, qui a bien servi la république de Venise, inspire une passion ardente et sincère à fteadémona, fille d'un citoyen vénitien, et l'épouse. Il a dans sa domesticité un vil traître appelé lago, qui craint l'influence de la nouvelle épouse sur le More et qui cherche à lui inspirer d'odieux soupruns contre la fidélité de Ik'sdémona. OOiello est envoyé par la République à Chypre pour la défendre contre
SHAKSPSARE.
la flotte des Turcs qui doit l'attaquer. La tempête engloutit h Hotte. Othello, accompagne de Cassio, son brave et fidèle lieutenant, arrive dans l'Ile ; higo, par une série de perfidies, parvient à donner à Desdémona les apparences du crime avec 1" innocent lieutenant Cassio. Otliello entre d;ius la fureur jalouse et sombre attribuée à sa race.
chérie plutôt que tragédie : il y a horreur, mais peu de talent ; ce sont lis actes et les cris forcenés d'un insensé qui élouiïe celle qu'il adore ; l'horreur seule a attaché le peuple ;'i relie abomination. Voici l'acte du crime , toute la tragédie dans les dernières scènes ; on en jugera. Cela est à mille lieues A'IIant- Ut et même de Macbeth.