‹ Shakspeare, ses œuvres et ses critiquesChapitre 111 sur 139 · Cymbeline, ad. i, sc · texte numérisé non relu

Cymbeline, ad. i, sc

« Le grillon chante et les sens de l’homme excédé par la fatigue recouvrent des forces par le repos. C’est à celte heure que Tarquin posa doucement son pied sur le parquet, avant d’éveiller la chaste épouse qu’il viola. « Cythérée, que tu es belle, ainsi couchée ! Lis plein de fraîcheur et plus blanc que ton linge 1 Ah ! si je pouvais la toucher! Rien qu’un baiser, un seul! Lèvres vermeilles et incomparables, que les vôtres doivent être doux I — C’est son haleine qui parfume ainsi la chambre. La flamme de ce flambeau 1 se penche vers elle et voudrait pénétrer sous ses paupières pour voir les astres qu’elles recouvrent, ces astres maintenant cachés comme sous un rideau, blancs et azurés, bordés d’un bleu qui a la teinte même du ciel’ ? »

L’adresse de Jachimo qui n’a point réussi auprès d’1mogène réussit mieux auprès de Posthumus. Celui-ci se croit trahi, et, après avoir lancé une malédiction générale contre les femmes , il écrit à Pisanio de tuer la sienne, et lui adresse à elle-même une lettre mensongère qui l’attire à Miiford où elle doit trouver la mort. Imogène accueille ce message avec l’ardeur d'une âme tendre qui a déjà beaucoup souffert de l’absence, et qui embrasse avidement l’espérance de se rapprocher de celui qu’elle aime. Son mari a débarqué sur le sol de la Grande-Bretagne, elle veut le voir, partir à l’instant et franchir sans se reposer l’espace qui les sépare. « Oh! que n’ai-je des chevaux ailés! s’écrie-t-elle. Entends-tu, Pisanio? Il est au havre de Miiford. Lis et dismoi quelle est la distance d’ici là. Si, pour une affaire de peu d’importance, on met une semaine pour la par-

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