SILVIE
Quelle est sa taille?
JOLIE
A peu près la mienne. Car, à la Pentecôte, lorsque nous nous livrions à toutes les réjouissances d’usage, nos jeunes gens voulurent me faire jouer un rôle de femme et l’on me mit une robe de madame Julie, qui m’allait aussi bien, au dire de tout le monde, que si elle avait été faite pour moi. Je vis alors qu’elle est à peu près de ma taille. Ce jour-là, je la fis beaucoup pleurer; car je jouais un rôle attendrissant. C’était, madame, celui d’Ariane désespérée du parjure de Thésée et de sa fuite injuste. Je le jouai, avec des larmes, d’une manière si vraie, que ma pauvre maîtresse, tout émue, pleura amèrement. Et que je meure si, par la pensée, je ne ressentis pas sa . douleur jusqu’au fond de mon cœur
La résignation de Julie témoigne de la noblesse de ses sentiments et de la force de son amour. C’est elle qui a tous les honneurs de la situation. Elle humilie son amant par sa fidélité ; quand elle se découvre , elle le fait rou-
t. Twu gentlemen of Verona, act. iv, sc. 4.
gir de honte, et elle le ramène mieux à elle par cet exemple de vertu admirable qu’elle n’aurait pu le faire par tous les artifices de la coquetterie.
Dans la Douzième nuit , la jeune Viola sert aussi son amant sous le costume d’un page, et, comme Julie, elle est chargée de porter des messages d’amour à une rivale. Seulement elle ne souffre pas autant que la maîtresse de Protée, elle n’a pas à se plaindre d’une infidélité, elle n’a jamais été ni aimée ni trahie par le duc Orsino, qui ne soupçonne même pas son sexe. Son dévouement n’en paraît pas moins plein de charmes. U y a beaucoup de poésie dans cette passion silencieuse, qui ne se révèle que par des services rendus et qui s’oublie elle-même pour ne songer qu’au bonheur de la personne aimée. Aussi Viola est-elle récompensée au dénoûment, où elle épouse le duc. Ces rôles de femmes déguisées en hommes pour cacher leurs amours, ont été une des conceptions favorites des dramaturges anglais au seizième etau dix-septième siècle. Quel estl’écrivain qui les a mis le premier sur la scène? Tl serait difficile de le savoir. L’idée en elle-même est tirée sans aucun doute des nouvelles italiennes , mais elle est admirablement développée dans le drame. Shakspeare n’est point le seul qui en ait tiré un heureux parti. Peut-être même Beaumont et Fletcher ont- ils représenté, dans le Bellario de leur Philaster, un personnage plus touchant que Viola.
Une autre victime de l’amour, Hélène, l’héroïne de Tout est bien qui finit bien, joint 4 la résignation qui pardonne l’indifférence ou l’outrage , une volonté assez énergique pour entreprendre de lutter contre la destinée. C’est un des caractères les plus complets du théâtre de
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Shakspeare. La douceur, la grâce, la modestie s’y allient à la fermeté et la finesse. Fille de Gérard de Narbonne, médecin célèbre, restée orpheline et recueillie par la comtesse de Roussillon, elle aime en secret le fils de celle-ci ; son amour se trahit malgré elle, la comtesse en est avertie et en obtient l’aveu, dans une scène où se révèlent sur-le-champ les sentiments élevés d’Hélène. Elle n’essaye pas de nier, elle se jette aux genoux de sa mère adoptive, elle confesse la passion qu’elle éprouve, mais elle déclare en même temps qu’elle se sent trop au-dessous du jeune comte pour nourrir aucune espérance. Elle aime, c’est la voix de la nature et de l’âge qui a parlé, mais elle aime en silence et sans illusion. Elle continuerait à cacher sa tendresse, si la comtesse ne la relevait avec bonté et ne l’encourageait par d’atfectueuses paroles.’ Sûre alors d’un point d’appui, certaine de ne pas tromper sa bienfaitrice, elle déploie les qualités viriles de son caractère qui ont été jusqu’ici voilées de pudeur et de timidité. Elle se sent la force de surmonter les obstacles qui la séparent de son amant ; elle veut, autant que cela dépend d’elle, corriger l’injustice du sort qui l’a fait nattre dans un rang inférieur à celui du comte de Roussillon. Son plan est arrêté et elle l’exécute aussi résolûment qu'elle l’a conçu. Son père lui a laissé, en mourant, le secret de quelques remèdes qu’il avait composés pour guérir certains maux ; le roi de France est atteint d’une de ces maladies que les médecins jugent incurablès ; Hélène part pour Paris, avec la pensée d’entreprendre sa guérison et de lui demander en échange la main de l’homme qu’elle aime. Elle réussit dans son entreprise. Le roi sauvé par elle lui promet pour époux celui des seigneurs de sa cour qu’elle choisira ; elle
choisit le comte et elle l'épouse. Mais si elle a obtenu la main de Bertrand, elle n’a pas gagné son cœur. L’orgueilleux jeune homme ne s’unit à elle que sur l’ordre du souverain, il s’indigne d’avoir été condamné à donner son nom à une fdle sans naissance et il jure de ne jamais la recevoir dans son lit. A peine mariée, Hélène est déjà veuve. Elle reçoit, après ses noces, une lettre de son mari qui annonce son départ pour la guerre et qui déclare qu’il ne se rapprochera d’elle qu’à deux conditions en apparence inexécutables, que si elle lui présente un fils né de lui et la bague qu'il porte à son doigt.
La fille du médecin sait supporter ce malheur; elle ne se plaint pas elle-même, elle plaint le sort du comte de Roussillon, qu’elle oblige à s’éloigner de sa patrie, qui va courir des dangers sur la terre étrangère et qui périra peut-être à cause d’elle. Elle ne veut pas du moins que cette situation se prolonge. Si elle seule est un obstacle au retour de Bertrand en France, elle partira, elle fera répandre le bruit de sa mort et elle lui permettra ainsi de revenir. Elle quitte en effet furtivement le château de la comtesse de Roussillon où elle avait été envoyée, elle écrit qu’elle part pour un lointain pèlerinage, mais elle ne s’éloigne pas au hasard. L’amour et un reste d’espérance la dirigent vers Florence, où elle a appris que son mari fait la guerre. Elle n’a aucun plan arrêté, car aucune prévoyance humaine ne peut la préparer à ce qui l’attend ; seulement elle est disposée à ne pas s’abandonner elle-même et à profiter de tous les événements qui peuvent survenir, si elle voit un moyen d’en tirer parti pour sa cause. Vivant auprès du comte, sans être reconnue de lui, elle a plus de chances qu’ ailleurs d’ob-
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server ses sentiments et sa conduite et de saisir une occasion d’user de ses droits d’épouse. C’est ce qui arrive, en effet, grâce à une de ces intrigues romanesques que les Italiens prodiguent dans leurs nouvelles et que Shakspeare leur emprunte. Celle-ci, comme toute l’histoire d’Hélène, est tirée de Boccace. Mais le poète anglais la rajeunit, en rattachant les faits par un lien logique au développement des caractères. La fille de Gérard de Narbonne se substitue à une jeune demoiselle de Florence qu’aimait Bertrand, lui accorde un rendez-vous sous le nom d’une autre, obtient de lui sa bague et remplit ainsi les deux conditions qui lui ont été prescrites. Cette aventure, qui serait partout invraisemblable, le parait moins quand on étudie dans Shakspeare le caractère à la fois tendre et énergique de la jeune comtesse de Roussillon. La femme qui a su dissimuler sa passion tant qu’elle a craint qu’il ne lui fût pas permis d’aimer, qui ensuite rassurée sur la légitimité de son amour, a résolu de vaincre les obstacles et y a réussi, qui, après son mariage, assaillie par un malheur imprévu, a courbé la tête sans murmurer, montrant ainsi dans toutes les circonstances son empire sur elle-même et la force de sa volonté, peut bien en donner une dernière preuve en se rendant sous un déguisement auprès de son mari, et en prenant auprès de lui la place qu’il réservait à une étrangère. La conclusion de l’histoire s’explique, moins encore par la puissancedel’amour, que par la présence d’esprit et la résolution de l’héroïne.
Je cherche en vain dans Boccace l’explication raisonnée des faits par les sentiments ; j’y trouve un récit plus ingénieux que celui de Shakspeare, mais moins de
suite et de logique dans les idées. L’écrivain italien expose les diverses péripéties de son écrit avec une grâce charmante, mais il donne plus d’importance aux événements qui sont le résultat des passions qu’aux passions elles-mêmes, tandis que Shakspeare ne voit dans les incidents qui se produisent que la conséquence rigoureuse du développement des caractères. Chez l’un, c’est le fait accompli qui, raconté en détail et avec esprit, attire surtout l’attention ; chez l’autre, ce sont les personnages qui nous intéressent plus que l’action. Shakspeare représente Hélène, non comme le jouet de la fortune, mais comme l’ouvrière de sa propre destinée. Il grandit ainsi son rôle et il marque sa place parmi ses plus beaux portraits de femmes. La Gillette de Boccace ne nous présente pas une physionomie distincte ; nous nous rappelons plutôt ce qui lui est arrivé que ce qu’elle a pensé. Mais le caractère de la jeune comtesse de Roussillon est tracé en traits immortels, et l’on peut oublier les aventures de sa vie, sans cesser de voir en elle le type de l’amour vertueux et courageux aux prises avec le malheur. ,
A côté des femmes que la passion condamne à la tristesse, nous trouvons dans Shakspeare les femmes vives, spirituelles, moqueuses, qui savent aimer profondément, mais qui aiguisent l’expression de leurs sentiments par le ton habituel de l’enjouement et de l’ironie. Elles ont quelquefois des luttes à soutenir, leurs désirs sont contrariés par les circonstances ou par la volonté des hommes ; néanmoins, leur bonne humeur ne se dément pas, elles acceptent le combat en riant, et, sans rien céder de leurs atfections, elles cachent en public leurs blessures sous le masque de la gaieté. Mais elles ne sont pas
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assez maîtresses d’elles-mêmes pour que leur sensibilité n’éclate pas par instants; alors elles paraissent d’autant plus sensibles qu’on les croyait plus froides, et le contraste de leur émotion avec leur insensibilité affectée ajoute à l’impression qu’a voulu produire le poète sur l’âme du spectateur.
L’ aimable Portia du Marchand de Venise n'appartient pas tout à fait à cette classe de caractères. Elle ne se pique pas d’étre toujours enjouée, elle est tantôt gaie et tantôt sérieuse, suivant la disposition du moment et l’effet des circonstances. Elle se moque devant Nérisse des prétendants qui aspirent à sa main, elle esquisse ironiquement leurs portraits, et, comme Célimène, elle caractérise d’un mot piquant leurs ridicules. Mais quand le nom de Bassanio est prononcé, elle change de ton, et, lorsque son amant veut deviner l’énigme à laquelle son sort est attaché, elle laisse voir par ses craintes tout l’intérôt qu’elle lui porte. « Attendez encore, lui dit-elle. Ne précipitez pas un dénoûment qui peut vous être fatal. Laissez-moi jouir encore de votre présence. Si vous échouez dans votre entreprise, il ne me sera plus permis de vous revoir jamais. » Assurée de son bonheur, elle reprend sa gaieté naturelle, avec un fonds d’idées et de sentiments graves. Elle fait de son travestissement une source de plaisanteries, quoiqu’elle se soit déguisée en homme pour sauver un ami de son mari ; elle s’amuse à mystifier Bassanio, pour l’éprouver, et après des scènes sérieuses et même pathétiques, elle termine la pièce, comme elle l’a commencée, par le persiflage.
Les quatre jeunes filles qui paraissent dans Peines d’Amour perdues, représentent mieux le type de la femme enjouée Pt moqueuse. Elles ont affaire à des amants qui
ont la prétention de rester insensibles, elles se savent cependant aimées, et elles profitent de la contradiction qui existe entre les sentiments cachés et la conduite apparente du prince de Navarre et de ses courtisans, pour se moquer d’eux sans donner prise elles-mêmes à la raillerie. Elles les accablent de leurs épigrammes, et elles leur jouent un tour plaisant, quand elles changent de costumes et de masques, afin d’être prises l’une pour l’autre et d’entendre des aveux qui n'arrivent pas à leur véritable adresse. Toutefois, malgré leur gaieté, elles n’échappent point à la contagion, elles éprouvent l’affection qu’elles ont inspirée, et, si elles soumettent leurs amants à une longue épreuve, c’est que ceux-ci ont mérité une leçon par leur forfanterie.
La supériorité de la femme sur l’homme et l’influence de la passion sur tous deux semblent être deux des thèmes préférés de Shakspeare, à cette époque de sa vie. Ses héroïnes les plus gaies et les plus spirituelles, Rosalinde, dans Comme il vous plaira, et Béatrice, dans Beaucoup de bruit pour rien, cèdent à l’amour, et au moment même où elles en rient, elles en souffrent. Rosalinde est le type achevé de la jeune fille enjouée et sensible. Hélène de Roussillon ne met que du sérieux dans le sentiment, l’amante d’Orlando y met de Y humour, et cependant elles aiment avec la même tendresse et elles sont capables du même dévouement. Il n’y a qu’un grand peintre du cœur humain qui puisse saisir toutes ces nuances, et tirer du fonds commun de notre nature une si curieuse variété de caractères. L’observateur superficiel ne voit que les ressemblances, parce qu' elles sont apparentes; il remarque que la plupart des hommes aiment et se marient, et il en conclut.qu’ils se ressem-
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blent, parce qu'ils agissent de la même manière. Mais Shakspeare sait que, s’ils arrivent au même résultat, ce n’est point par la même route, et il nous montre comment, partis de points opposés, ils se reacontrent, en vertu de la loi naturelle, dans les régions supérieures de la passion. Rosalinde ne songeait qu’à rire avec ses. compagnes, elle avait la folle gaieté de la jeunesse insouciante et libre, lorsqu’elle voit un jeune homme courageux combattre dans un tournoi et sortir vainqueur d’une lutte inégale. L’émotion qu’elle ressent ouvre son cœur à l’amour. Elle aime, à première vue, et d’autant plus qu’elle craint pour la vie de son amant. Un instant sa verve joyeuse semble tarie. La force d’un sentiment nouveau, des périls présents et des inquiétudes pour l’avenir éteignent le feu de ce vif esprit. Mais la nature reprend bientôt le dessus ; à peine est-elle revêtue d’un costume d’homme et engagée dans une série d'aventures romanesques, à la poursuite de son père et de son amant, qu’elle recouvre sa bonne humeur; les distractions du voyage l’amusent, les découvertes qu’elle fait lui fournissent des sujets de conversation et de plaisanteries. Seulement, dès que le nom d’Orlando est prononcé, elle tremble, elle a la fièvre ; les questions se pressent sur ses lèvres. Elle demande où on l'a vu, ce qu’il a dit, quel était son air, son costume, où on l’a laissé et quand elle le reverra. Elle ne plaisante plus, elle parle sérieusement et avec une émotion visible. Enfin elle le retrouve, sans être reconnue de lui. Alors elle peut redevenir gaie impunément, elle a l’espoir de ne plus le quitter, elle prend plaisir à l’intriguer sous le déguisement qui la couvre, elle le raille de sa tendresse, elle tourne en ridicule sa mélancolie, et elle nous apprend que, tout en étant do-
minée elle-même par la passion, elle ne se fait aucune illusion sur les sottises qui en sont la suite et sur les fautes que commettent les amants.
Placer la critique de l’amour dans la bouche d'une femme amoureuse, unir dans le même caractère le scepticisme et la profondeur du sentiment, c’est une idée aussi vraie que piquante. Shakspeare connaît la nature humaine, et démêle, avec une sagacité merveilleuse, les éléments complexes dont elle se compose. Sa Rosalinde n'est point une création bizarre de sa fantaisie ; elle a vécu, elle existe encore et elle se retrouverait aujourd’hui au milieu des sociétés civilisées du monde moderne. Ne savons-nous pas tout ce qu’on peut dire contre la passion en général ? Ne l’appelons nous pas, nous aussi, un délire? Ne connaissons-nous pas les caprices, les inconstances , les légèretés des hommes et des femmes que la maltresse d’Orlando décrit si spirituellement, et cependant qui donc est corrigé de l’amour par la science? Les amoureux intelligents sont aussi instruits que l’est Rosalinde, ils voient clair dans le cœur des autres, ils ne sont dupes ni des protestations, ni des promesses, ni des serments : ils se défient du lieu commun et de la rhétorique déclamatoire. Cette défiance les empêche-telle d’aimer? Ne s’aventurent-ils pas à leur tour sur cette mer orageuse , dont ils ont tant de fois signalé les écueils ? Le cœur parle plus haut que le raisonnement. En définitive, l’amour est le plus fort. Ni la clairvoyance, ni la fermeté des résolutions, ni l'ironie ne nous préservent de ses atteintes. Cela se passe ainsi et c’est un bien. Telle est du moins l’opinion de Rosalinde. Elle connaît tous les dangers auxquels elle s’expose, elle s’accuse intérieurement de folie; mais sa folie lui est si
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chère qu’elle ne voudrait pas en guérir. Elle condamne sans pitié les cœurs insensibles. Ceux qui n’aiment pas n’appartiennent pas à l’humanité. Pour elle, elle est femme et elle ne se pique pas d’ôtre plus forte que son sexe.
Un exemple plus frappant encore de la puissance irrésistible de l’amour, c’est la conversiou de Béatrice, dans Beaucoup de bruit jMur rien. Cette jeune fille affecte un dédain profond pour le mariage; elle méprise les hommes et ne veut prendre aucun d’eux pour maître. On lui demande quand elle fera choix d’un époux. Elle répond : « J’attendrai pour cela que Dieu .ait fait des hommes d’une substance autre que la terre. N’est-ce pas désolant pour une femme de se voir dominer par un bloc d’orgueilleuse poussière , de rendre compte de ses actes à une motte d’insolente argile ' ? » Mais elle se donne bientôt à elle-même un démenti. Ses amis entreprennent de la marier, et lui tendent un piège dans lequel elle tombe, malgré tout son esprit. On lui fait croire que l'homme qu’elle parait estimer le moins et qu’elle poursuit sans cesse de ses épigrammes, le chevalier Bénédict, est devenu amoureux d’elle; dès qu’elle se suppose aimée, elle aime à son tour. On la marie, et l’insensibilité qu’elle a professée ne sert qu'à mieux faire ressortir le triomphe de la passion sur le raisonnement.