SCÈNE PREMIÈRE
LE ROI, KADOOR, NÉMEA, ISSALIM, LE GRAND ADIGAR DU ' PALAIS, ATAR, Seigneurs et Serviteurs.
LE ROI
Écoutez-moi tous. Je vous ai fait appeler afin de vous prescrire ordres souveraios. (Tout le monde s’incline.) Cet homme qui est endormi là, dans notre propre chambre... nous voulons qu’à son réveil chacun le salue du nom de roi!... et lui obéisse comme à nous-méme.
KADOOR.
Quoi! Votre Majesté?...
Mais ne comprenez-vous pas, seigneui* Kadoor, que le roi veut nous donner une journée de plaisir et de folie ?
LE ROI
Qui sait, Némea? il y a peutrétre là autre chose qu’une fantaisie, un passe-temps royal.
NÉMEA.
Gomment?
LE ROI
Cet homme du peuple, cet obscur pécheur doit connaître bien des abus que nous ignorons. Il a entendu, sans doute, bien des plaintes qu’on empêche de monter jusqu'à nous ; il a vu couler bien des larmes que l’on nous cache, et nous pensons que si, de temps en temps, et pour un jour, nous prêtions notre pouvoir à quelque humble sujet, les affaires de l’État n’en iraient peut-être pas plus mal.
KADOOR.
Le roi est aujourd’hui en veine de haute philosophie.
LE ROI
Le roi ordonne et veut être obéi. (Tout le monde s’incline encore.)
KADOOR.
Pour ma part, c’est avec joie que je remplirai le rôle qu’il plaira