ACTE II
Selon l’antique usage, à table, unissez-nous. {Kadoor s’approche du Roi ; il semble le supplier.)
LE ROI
Oui, vous avez raison, il faut que ce jeu cesse. (Il fait signe au médecin qui vient prendre ses ordres.)
' ZÉEHORIS.
Venez, brahmes sacrés, j’attends! dépôchez-vous, LE ROI.
Mais, avant tout, vidons une coupe dernière, C’est un usage populaire,
Par les rois même respecté (Le médecin tend une coupe à Zéphoris.)
LE ROI
Je bois à la santé De Votre Majesté.
CHOEUR
Dans tes desseins, ô roi, que Brahma te seconde I Pour sceller à jamais le pacte solennel Qui doit unir deux cœurs dans ce terrestre monde. Voici venir vers toi les ministres du ciel.
(Zéphoris a vidé la coupe, on le voit faire de vains efforts portr se tenir debout, il tombe sur un siège, tous les convives et les brahmes l’observent.)
zéPIIORIS.
Qu’ai-je donc? Je me meurs I
NÉHEA.
O ciel! ' '
LE ROI, à Némea.
Mais quel effroi !
Il se rendort.
IféMEA.
Hélas !
ZEPHORIS, douloureusement.
Je meurs.
(On entend le motif de laeavatine.)
, Et j’étais roi 1
' Et j’étais roi.
(Sa tête retombe sur sa poitrine. Chacun l’observe en sHence* ' mfuRA.
11 dort!
Il dort!
LE ROI
U dort!
SI J’ÉTAIS ROI
LE CHOEUR
Il dort, ü n’est plus roi.
KADOOH, prenant la main de Némea.
Et maintenant, brahmes, unissez-nous.
NÉHEA, se dégageant.
Jamais!
TOUS
Que dites-vous î
NÉMEA.
Non! le prince, jamais, ne sera mon époux.
ENSEMBLE
LE CHOEUR
O mortelle injure Que le prince endure !
Némea lui jure De fuir son hymen.
A l’amant fidèle ’ - Pourquoi la cruelle • Ici reprend-elle Son cœur et sa main?
O mortelle injure!
!' Funeste aventure!
Némea me jure De fuir mon hymen.
Quand je suis fidèle Pourquoi là cruelle Me refuse-t-elle
Son cœur et sa main? • ,
NÉMEA.
Pareille ihiposture Et pareil parjure Voulaient qu’une injure Rompît cet hymen.
A ruse cruelle Réponse nouvelle;
Sans être infidèle Je reprends ma main.
LE ROI
O mortelle injure !
Funeste aventure! '
Néméa lui jure De fuir son hymen.