PIF^AR
Voyons, ne pleurez plus, car cela me fait peine ;
Je ne suis plus jaloux, essuyez vos beaux yeux.
Dans ces affreux soupçons c’est mon cœur qui m’entraîne : Si je vous aimais moins, je serais plus joyeux.
ZÉLIDE
Vous voilà plus gentil, et je vèux tout vous dire.
‘ PIFÉAR.
Je ne veux rien savoir.
ZÉLIDE
Apprenez... (Silence.)
PnfÉAR.
Eh bien, quoi?
ZiLIDE.
Toutes ces pièces d’or que vous voyez reluire Je les tiens... (Silence.)
PIFÉAn. ‘
De qui donc ?
ZÉLIDE, riant.
Devinez.
Quel martyre!
ZÉLIDE
Je les tiens... ' .
PIFÉAR.
Mais de qui?
ZELIOE.
Du roi.
SI J’ÉTAIS ROI
PIFÉAR.
Du roi?
ZÉLIDK.
Comme la fille la plus sage De toutes celles du village.
PIFÉAR.
La plus sage ! la plus sage !
Du roi.
ENSEMBLE
PIFÉAR.
Ah ! c’est bien différent; Mon bonheur est d’autant Plus grand.
La chose est neuve, L’or que j’ai vu N’est qu’une preuve De sa vertu.
Ah! c’est bien différent; Mon bonheur est d’autant Plus grand.
ZÏLIDE.
Pour lui c’est différent ; Son bonheur est d’autant Plus grand.
Oui, chose neuve.
L’or qu’il a vu N’est qu’une preuve De ma vertu.
Ah ! c’est bien différent; Son bonheur est d'autant Plus grand.
PIFEAR.
Et Zéphoris ?
ZÉLIDK. '
Il dort encore.
En ce cas, il faut que vous me prêtiez sa barque pour quelques heures.
ZÉLIDE
Oh I vous ne pécherez pas aujourd’hui. '
^ PIFÉAR.
Pécher? ah! bien, oui I... il s’agit de ce paquet qui renferme une lettre... une lettre d'amour, , vous savez bien, je vous en ai parlé l’autre jour ; je n’ai pas pu la porter hier, parce qu’on m’a incarcéré, mais je veux la porter ce matin pour...
' ZÉLIDE
Pour gagner l’argent qu’on vous donne.
PIFÉAR.
Du tout, l’argent je n’y tiens pas ; d’ailleurs je l’ai touché d’avance ; mais le seigneur en question a parlé de me faire trancher la tête, et ma tête... c’est dilTérenl, j’y tiens.
ZÉLIDE
Prenez donc notre barque.
PIFEAR.
Et les avirons?
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