‹ Si j'etais roi opera comique en trois actes et quatre tableauxChapitre 64 sur 73 · SCÈNE VIT · texte numérisé non relu

SCÈNE VIT

NÉMEA, ZÉPHORIS.

NÉMEA.

Me voilà.

ZKPHORIS.

O ciel I est-ce encore une vision? Vous ici, près de moi ?...

NÉMEA.

Oui, moi, qui suis bien coupable envers vous, et qui viens vous fàire l’aveu de ma faute.

zÉPHoais.

Que signifie?

NÉMEA.

Cessez de craindre pour votre raison, Zéphoris, vous n’avez pas fait un rêve insensé... Zépboris, vous avez été roi.

ZÉPHORTS , avec chaleur.

Âh! c’est bien vrai, n’est-ce pas... j’ai été roi, et ma main a rencontré la vôtre ?

Oui.

ZÉPHORIS.

El je vous ai parlé, de mon amour?

NÉMEA, conruic.

Oui.

ZÉPHORIS.

Et votre bouche a répondu : Mon cœur est à celui qui m’a sauvé la vie?

NÉMEA.

Oui, oui. (Vivement.) Mais en parlant ainsi j’obéissais... au véritable roi.

ZÉPHORIS.

Au véritable roi?

NÉMEA.

A celui qui, trouvant endormi sur la plage un pêcheur qui rêvait au trône, le fit plonger dans un sommeil léthargique duquel il n’est sorti...

ZÉPHORIS.

Je comprends... je comprends tout ! Plus tard, ils m’ont plongé de nouveau dans ce profond sommeil! Ils m’ont rendu à ma pauvreté, à mon isolement.., sans penser que ce bonheur d’un jour ferait le désespoir de ma vie entière. Et c'est vous, Némea, qui vous êtes prêtée à ce jeu cruel ! Vous, qui avez déchiré, sans pitié, ce pauvre cœur qui vous aimait tant !

SI J’ÉTAIS ROI

NÉMEA.

Ah ! ne m*accablez pas! j’ignorais que tous m’aviez sauvée au péril de vos jours. J’ignorais de quel amour vous m’aimiez I

ZÉPHORIS.

D'un pur et saint amour ! croyez-Ie. Jamais prince ou roi ne vous aimera comme vous aimait le pauvre pécheur.

NÉHEA.

Zéphoris I

ZÉPHORIS.

Vous êtes venue pour raffermir ma raison chancelante... Mieux eût valu me laisser devenir fou tout à fait... Je ne comprendrais plus, du moins, tout ce que je perds en perdanWotre amour.

NÉMEA.

Oh! taisez-vous! Par pitié, taisez-vous.

ZÉPHORIS,

C’est la dernière fois, sans doute, qu’il m’est permis de vous voir... Reprenez cet anneau... je l’ai bien souvent pressé sur mes lèvres, je l’ai bien souvent arrosé de mes pleurs I... reprenez-le, Némea, pour qu'aucun lien ne reste entre nous... reprenez-le... c’est peut-être l’anneau de fiançailles que vous donneréz «à un autre...

NÉMEA.

Ohl taisez-vous... taisez-vous...

DUO

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