Industrie est ici dans le sens à' intelligence
3. Ces trois batailles furent livrées : la première, le 7 juin, près de File de W'alcheren ; la seconde, le 14 juin, à quelque distance du même endroit; la troisième, le 21 août, près des côtes du Texel. Les Anglais accusèrent les Français de s’être ménagés; il parait que Louis XIV avait recommandé à d’Estrées de ne pas s’engager en août comme en juin. Il n’y eut que le vaisseau commandé par le marquis de Martel, dont l’amiral ne put retenir le
courage, qui donna dans cette journée.
Tous les capitaines français blâmèrent d’Estrées, et ne s’accommodèrent pas de ses raisons politiques. Le résultat de cette lutte fut d’éloigner l’invasion des côtes de Hollande, et d’enlever aux Anglais, avec l’espoir de faire des conquêtes, leurs mauvaises dispositions à l'égard des Hollandais.
4. Estrées (Jean d’), fils deFrançois- Annibal, duc d’Estrées, né en 1624, mort en 1707; servit d’abord dans l’armée de terre, entra dans la marine en
1668, devint vice-amiral du Ponant dès
1669, et se distingua surtout dans la guerre contrôles Hollandais. 11 fut maréchal en 1681, puis vice-roi d’Amérique, enfin commandant en Bretagne.
Son fils, Victor-Marie, fut également amiral et maréchal.
loi' SIÈCLE DE LOUIS XIV.
Iriclit^ dans le même temps que ces trois batailles navales se donnaient. Maëstriclit était pour lui une clef des Pays-Bas et des Provinces-Unies ; c’était une place forte défendue par un gouverneur intrépide, nommé Fariaux, né Français, qui avait passé au service d’Espagne, et depuis à celui de Hollande. La garnison était de cinq mille hommes. Vauban, qui conduisit ce siège, se servit, pour la première fois, des parallèles^ inventées par des ingénieurs italiens au service des Turcs devant Candie. Il y ajouta les places d’armes que l’on fait dans les tranchées pour y mettre les troupes en bataille, et pour les mieux rallier en cas de sorties. Louis se montra, dans ce siège, plus exact et plus laborieux qu’il ne l’avait été encore ^ H accoutumait, par son exemple, à la patience dans le travail sa nation accusée jusqu’alors de n’avoir qu’un courage bouillant que la fatigue épuise bientôt. Maëstricht se rendit au bout de huit jours (29 juin 1673).
Pour mieux affermir encore la discipline militaire, il usa d’une sévérité qui parut même trop grande. Le prince d’Orange, qui n’avait eu pour opposer^ à ces conquêtes rapides que des officiers sans émulation et des soldats sans courage, les avait formés à force de rigueurs, en faisant passer par la main du bourreau ceux qui avaient abandonné leur poste. Le roi employa aussi les châtiments la première fois qu’il perdit une place. Un très-brave officier, nommé Du-Pas, rendit Naerden au prince d’Orange (14 septembre 1673). Il ne tint à la vérité que quatre jours; mais il ne remit sa ville qu’après un combat de cinq heures, donné sur de mauvais ouvrages, et pour éviter un assaut général, qu’une garnison faible et rebutée n’aurait point soutenu. Le roi, irrité du premier affront que recevaient ses armes, fit condamner Du-Pas^ à être traîné dans Utrecht, une pelle à la main, et son épée fut rompue : ignominie inutile pour les officiers français.
1. Maëstricht (passage delà Meuse, Trajectum ad Mosam) est sur la rive gauche du fleuve; la citadelle couronne la montagne de Saint-Pierre.
Elle a été prise plusieurs fois par les Français, en 1673, 1748, 1793. C’est la capitale du Limbourg hollandais :
22,0ü0 habitants.