CHAPITRE II
pouvaient être longtemps heureux dans leurs guerres contre la France. S’ils obtenaient quelques avantages par les divisions et le5 fautes de leurs ennemis, ils en perdaient le fruit par leur incî?pacité. De plus, ils commandaient à des peuples que leurs privi'iéges mettaient en droit de mal servir : les Castillans avaient la prérogative de ne point combattre hors de leur patrie ; les Aragonais disputaient sans cesse leur liberté contre le conseil royal ; et les Catalans, qui regardaient leurs rois comme leurs ennemis, ne leur permettaient pas même de lever des milices dans leurs provinces.
L’Espagne cependant, réunie avec l’Empire, mettait un poids redoutable dans la balance de l’Europe L