‹ Sicle de Louis XIVChapitre 34 sur 447 · C’est le mot de Cinéas, le ministre de Pyrrhus · texte numérisé non relu

C’est le mot de Cinéas, le ministre de Pyrrhus

ennemie secrète des empereurs, dont elle se défiait plus que du sultan des Turcs.

Au reste, l’État du pape était dans une paix heureuse, qui n’avait été altérée que par la petite guerre dont j’ai parlé entre les cardinaux Barberin \ neveux du pape Urbain YIIl, et le duc de Parme.

DU RESTE DE l’iTALIE.

Les autres provinces d’Italie écoutaient des intérêts divers. Venise craignait les Turcs et l’empereur; elle défendait à peine ses États de terre ferme des prétentions de l’Allemagne^ et de l'invasion du Grand Seigneur. Ce n’était plus cette Venise autrefois la maîtresse du commerce du monde, qui, cent cinquante ans auparavant^, avait excité la jalousie de tant de rois. La sagesse de son gouvernement subsistait; mais son grand commerce anéanti lui ôtait presque toute sa force, et la ville de Venise était, par sa situation incapable d’être domptée, et, par sa faiblesse, incapable de faire des conquêtes.

L’État de Florence jouissait de la tranquillité et de l’abvndancc sous le gouvernement des Médicis; les lettres, les arts et la politesse®, que les Médicis avaient fait naître, florissaient encore. La Toscane alors était en Italie ce qu’Atbènes avait été en Grèce.

La Savoie, déchirée par une guerre civile et par les troupes françaises et espagnoles, s’était enfin réunie tout entière en faveur de la France, et contribuait en Italie à l’affaiblissement de la puissance autrichienne

Les Suisses conservaient, comme aujourd’hui, leur liberté, sans chercher à opprimer personne. Ils vendaient leurs troupes à leurs voisins plus riches qu’eux ; ils étaient pauvres ; ils igno-

1 . Au chapitre clxxxv de V Essai sur les mœurs, Voltaire a raconté comment les cardinaux Barberini, neveux d’Urbain VIII, firent la guerre à Edouard, duc de Parme, pour l’argent que ce duc devait à la chambre apostolique sur son duché de Castro, en 1644.

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