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Chapitre svue les aigles et leurs variétés

De leur habitat, de leur couleur, de leur nom, du premier homme qui les a employés à la chasse des aigles de bouoo race et de ceux de race inférieure ; de l'aigle rare, de belle cooformation, de l'aigle que l'on doit désirer prendre, de l'aigle dont l'emploi est permis, de l'aigle parfait, de la manière de chasser avec, et du nombre de leurs races.

Saches que les aigles se divisent en sept variétés. Chaque variété est distinguée par une couleur différente donnant amsi sept couleurs.

Dans ces variétés se trouve l'aigle connu sous le nom d'aig'e chasseur; quoique tous les aigles puissent servir pour chasser. L'aigle chasseur a la queue bigarrée ; il est le meil-

leur des aigles et celui dont le vol est le plus vï^ou le ta'ouve dans tous les pays voiaos des montagnes en Syrie, à Mossoul, à Djeziré, dans le Sindjar, à Marâin, Diarbekir, et dans les divers pays de ch abonde le gibier. La chasse avec cet aigle est une affi importante ; elle ne convient qu'A celui qui y est expéi très-adroit, fort et patient, car celui qui veut se si l'aigle sans être bon veneur, est en péril de la vie, c l'homme seul, sans compagnon, l'aigle est un eonem table.

Naçer Eddin, le Kurde, m'a raconté qu'un homm passionné pour la chasse possédait un aigle qu'il lai fois sur une proie, et que l'aigle ayant manqué soe revint sur son mallre, qui était monté à cheval, l'atti le renversa de sa monture ; et que cet homme lorsqu' çait son aigle et qu'il voulait lui faire lâcher sa proie, user de bons procédés, car s'il voulait agir avec fore aigle le combattait.

Lorsque l'aigle a atteint sa proie, si tu veux lui fai cher prise, approche-toi de lui en lui présentant un fraîche, le sang coulant encore, et il l'attaquera de soi C'est le moyen le plus commode et celui qui est le pi usage. Si tu n'as pas cette ressource, lorsque ta sera; de lui, étends la main vers ses pattes et mets-lui la ch tu l'attacheras alors à un pieu planté à terre, de crainte laissant sa proie, il ne prenne tes pieds. Ensuite, saisis main son bec de façon à ce qu'il ne puisse respirer, ma le serre point, car il lâchera sa proie, que tu prendras e tu chargeras sur ton cheval, et, après, tu iras prendre gle que tu porteras sur le poing. Celte pratique est des aisées. Si tu as un compagnon, approche-toi de l'aigl saisis la courroie qu'il a aux pattes, de la main gauch prends-lui le bec de l'autre main, ainsi que cela a été plus haut. Ta agiras ainsi si tu veux le lancer deux, troi quatre fois; mais, autrement, laisfc-le se repaître de sa p qu'il lâchera de lui-même dès qu'il sera rassassié, et s employer aucun des moyens indiqués plus haut.

Homns l'aigle de tel gibier que ta voudras; le foie et le CŒDr soQtuDC boDDe nourriture, mais si tu ne lui doooes jk maugfer que du poumon, il s'affaiblira.

Cet aigle chasseur, pour être bien conforDié, doit dire d'une grande taille ; il doit avoir la téta large, les yeux grands, les cils bluDcs, les pattes (ortes.les serres grandes, les cuisses bleu musclées, les lèvres larges, le bec long, l'aspect effrayant, l'air vir et intelligent, la queue courte, le caractère douï, le cœur brave- Cet aigle chassera la gazelle, le renard, tecbacalet le lièvre. Cet aigle, si on l'appelle, il vloDt;si OD te lance, il s'empare de sa proie; il est voraco du bec ; son élan le porte au loin; son front est Urgc ; il est peu dangereux ; il est puissant ; s'il frappe, il brise ; s'il saisit la proie, il la fend de son bec ; si on le relance, il ose. Le meilleur de ces aigles est celui dont le bec est long, dont les serres sont tranciiantes, dont tes coups sont redoublés, celuilà s'il frappe, tue ; s'il poursuit, atteint ; s'il veut, obtijot , et sans résistance, lâche sa proie. C'est celte variété que l'on appelle l'aigle chasseur.

Les dilTéreDtes couleurs de l'aigle sont \q jaune, qui est le meilleur de cette race ; le rouge, qui est le plus fort ; le noir, qui est le plus commun ; le verdâtre, qui est le plus utile ; le cendré qui est le moins bon, ce qui donne cinq couleurs

Le fauconnier qui chasse avec l'aigle, lorsqu'il est seul, ne doit avoir aucune distraction de crainte d'être en péril, et doit prendre toutes les précautions. On raconte qu'un fauconnier, ayant chassé avec un aigle, l'avait lié et placé dans sa cahute sins ouverture pour recevoir la lumière, un lion aurviat et brisa les barreaux de la porte. Lo fauconnier, certain de succombw, prit ses vêtements et les donna à mordre au lion, qui les déchira ; il lui présenta ensuite une musette qui fut mise en pièces. Voyant cela, le fauconnier se saisit de l'aigle par les ailes et le présenta au lion.

Il croyait que son aigle avait les patles et les ailes liées, mais les liens de ses pattes étaient défaits et lorsqu'il l'approcha de la gueule du lion, l'aigle prit le museau du lion

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dans ses serres, lesalles toujours liées; le lion se mita se débattre et sortit de la cahute ayant toujours Taigle qui lui tenait le museau pris dans tes serres. Quelques temps après, le lion fat trouvé mort. Dieu glorifié connaît le sort de ses créatures.

Âlssa EL Assadi dit ga'il y avait à Uossonl un homme manchot, — adonné à la passion d'élever des aigles, cet homme nn Jour, s'endormit après avoir attaché son aigle près de lui.

Il étendit le bras pendant son premier sommeil et sa majn vint à portée de l'aigle qui la prit et la dépouilla de sa chair. Cet homme après avoir fait lâcher prise fut tué par son aigle.

On dit qu'un aigle, à Mossoul, a tué un tigre. — Tout le monde en a été émerveillé; l'aigle vécut quoique temps encore et mourut.

Particularité merveilleuse, lorsqu'un aigle découvre un onagre, il regarde dans la plaine, pour voir s'il n'y a pas dans les environs de l'eau, et alors, s'il en aperçoit, il s'y plonge et va ensuite étendre ses ailes soit dans le sable, soit dans la poussière. Il prend ensuite son vol du côté de l'onAgre cl lui secoue cette poussière, qu'il a après ses ailes, dans les yeux.

Ëssadi traite ce fait de fable, mais il a tort et on a vu, de la part de cet animal des choses encore plus merveilleuses. Ne raconte-t-oQ point des faits plus étonnants encore sur les oiseaux, les abeilles, les insectes et les vermisseaux.

Essadi dit que tout fait qui n'a pas été vérifié par le témoignage des yeux ne doit pas être accepté comme vrai, mais cette parole n'est pas juste, les législateurs la repoussent, et comme s'il niait les merveilles des œuvres divines; cependant cette parole de sa part ne surprend point. Tout ce que l'esprit nie, peut-être cependant vrai, et il est loisible de s'en servir comme argument.

En outre, les logiciens ont été traités d'hallucinés, et on a comparé la logique au sel que l'on met dans les aliments. La science de la logique ne peut être récusée, et cependant la plupart des logiciens déclE^rent controuvées les vérités

T,Goo(^lc

dont parlent les mystiques. J'ai causé arec un grand logiden qui avait pour moi une réelle amitié et je lui ai vu nier certains faits arrivés à des santons, il les déclarait apocryphes quoiqu'il n'y eut aucun doute pour l'esprit, mais il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu seul.

Mohamed Ben Mangali dit : s'occuper avec excès de la science de la logique n'est perniis qu'à un homme consacré à Dieu, pieux et savant dans la théologie; quant à celui qui lira l'ouvrage Scbenasié {ouvrage peu sérieux) ou d'autres semhlables, ou hien encore des traités de logique, et qui n'aura pas approfondi le droit divin, la tradition, quin'aura pas consacré sa vie à Dieu, qui n'aura pas étudié la théologie, tes principes de la religion, et qui ne sera pas exercé dans la jurisprudence, celui là n'échappera pas aux inconvénients, de la logique, aux mensonges des autres et aux faits ignorés. Donc s'il n'est pas savant comme nous venons de le dire, il ne doit point s'uppuyer sur ce qu'il aura lu dans les ouvrages de logique- La plupart des logiciens que j'ai vus sont des orgueilleux et des vaniteux; mais revenons à notre sujet dont nous nous sommes écartés.

Nous avons dit déjà que l'emploi des aigles ne convient pas à tout le monde, et n'est bon qu'aux personnes qui les connaissent. L'aigle est ie plus beau des oiseaux de proie. Les rois n'aiment point porter l'aigle sur le poing, si ce n'est au moment de s'en servir, par divertissement. Les aigles viennent de l'ouest, et il n'y en a point à Alexandrie, à cause du grand nombre de gazelles qui se trouvent dans un territoire connu sous te nom de dir Ëizedjej, qui est un lieu ouvert, près de la mer de sel, où naissent les gazelles, les dindons sauvages, les kiroians et les outardes. Chaque pays a un nom qui n'est pas usité dans les autres pays pour désigner i'aigle. Dans l'Irak, on les appelle Schilmania, en Syrie, Sc?iûiri (couleur d'orge), à cause de leur couleur qui ressemble à celle de l'orge. Schilmania est une petite graine qui se trouve dans rorg:e et qui, en Syrie, s'appelle Kkdfoûr. Cette sorte d'aigle est un des meilleurs pour le vol. Dans les

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pays des bords da Tigre jusqu'i Mossoul, on les avame Djaber, eoît Uraha, soit Haran, soit Soroudj.

L'aigle blatw ne l'est pas cependant, mais ses formes tr&s-belles; c'est un aigle très-grand; on lui fait chass gazelle, mais il ne la chasse point seul. Cet aigle est qui a le vol le plus rapide ; il est le plus intelligent et le adroit. Dans différents pays, on l'appelle Fàdhi (l'arge: c'est le nom qui lui convient le plus, car sa couleur es core plus pâle que celle du kirolan.

On dit que l'emploi de i'ai^'le à la chasse a étô adopti les Ocddentaux (les Romains) avant de l'être dans les a contrées. Gela est dit dans les ouvrages. On dit que Ce: don à Kosro6 Anoucberouan do plusieurs aigles es lui d qu'ils étaient plus utiles que les faucons.

L'aigle est plus facile k nourrir que tous les autres oii de proie ; on lui donne À manger du foie, d'autres viai il se nourrit de chair de chien et d'autres animaux ; il un jour et cinq même sans manger ; cela ne lui fait mal, c'est son habitude. Beaucoup de personnes n'ai l'aigle que pour la chasse à ta gazelle. L'aigle noir s'af dans l'Irak Zenbouri, il est très-bardi, il est le plus éli des aigles ; son corps ressemble au corps de retourne l'exception des pennes de ses ailes. II a été appelé Zan (guôpier), parce qu'il fonce comme les guêpes, et ne re pas. La seule chose qu'on puisse demander & cet aigle, la beauté de son plumage et le plaisir que l'on éprouve regarder. La femelle s'appelle Laquouâ , et les ai Hilhem.

Vertus spécifiques des parties de l'Aigle. — Celui qu dessécher la langue de l'digle et la suspendra à son co' se présente chez un souverain, en recevra grand accuc Si, avec son sang, on frolte le bout du sein d'une fe son lait passera sans inflammalion et sans douleur. — sang, desséché et mélangé avec des fruits jaunes d'azed (arbre de Perse) que l'on fait chauffer, guérit les jwix :

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des, si on l'emploie en gtàse de hohol, il f^t disparattre les croûtes des yeux, si on se frotte les yeux avec ce mélaDge. — Sa graisse fondue, mêlée à de l'huile, employée en friction sur les articuiations, fïUt disparaître les rhumatismes. Sa cervelle fondue dans de l'eau de raifort chaude, employée comme boisson, guérit la pleurésie. — Sa moelle, préparée avec du miel et mise sur les blessures de la tête, cicatrise ces plaies. — Ses plumes, attachées au cou d'un homme, rendront cet homme, s'il se met en voya^, plus fort que ceux qui voudront lui foire du mal. — Une de ses griffes, suspendue sur toi, empêchera les lions et les loups de t'approcher avec la permission de Dieu. — Son œil droit suspendu au cou d'un enfant, l'empochera de s'effrayer et de pleurer. Son œil gauche, suspendu au cou d'une personne atteinte d'une fièvre tierce ou quarte, la guérira. En faisant boire à un enfant de l'eau dans laquelle on aura mis ^os comme un lentille de la cervelle d'aigle, on le rendra courageux. Les serres de l'aigle sont excellentes contre la fatigue ; prends-en une et tu ne te fatigueras point. — En enterrant dans une chambre une aile d'aigle, on enterre en môme temps les maléfices de ses ennemis. — Le fiel de l'aigle rend la vue plus perçante, fait disparaître les taies, et guérit les commencements de cataracte. Ses plumes brûlées sont un soulagement contre l'hystérie. Sa fiente fait disparaître les écrouelles, les boutons et tes rougeurs, avec la permission de Dieu.

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