CATALOGUE
J)« la plupart des écrivains Français qui ont para dans le jitcU de Louis XIV. pour firvir à l' hijloire littéraire de ce tems.
Badie (Jacques) né à Eéarn en 1658, célèbre par fon çraité de la religion chrétienne ; mais qui fie tort enfuite à cet ouvrage par celui de l 'ouverture desfept fceaux. Mort en Irlande en 1727.
AbadieouLabadje (Jean) néenGuienneeniô'io.
Jéfuite , puis janfénifte , puis proteïtant : voulut enfin faire une fecte , & s'unir avec la Bourignon , qui lui répondit que chacun avait fon faint-efprit , & que !e fien ^ était fort fupérieur à celui à'Abadie. On -a. de lui trenteun volumes de fanatifme. On n'en parle ici que pour montrer l'aveuglement de l'efprit humain. Il ne laifla pas d'avoir des difciples : mort à Altena en 1674.
Ablancourt ( Nicolas Perrot d' ) d'une ancienne famille du parlement de Paris, né à Vitri en 1606, Traducteur élégant, & dont on appella chaque traduction la belh infidelU : mort pauvre en 2664.
Acheri ( Luc d') bénédictin, grand & judicieux compilateur, né en 160S : mort en 1685.
Alexandre (Noël) né à Rouen en 1639, dominicain. Il a fait beaucoup d'ouvrages de théologie , êc difputé beaucoup fur les ufages de la Chine contre les jéfuites qui en revenaient : mort en 1724.
Amelot de la Houssaie (Nicolas) né à Orléans en 1634. Ses traductions avec des notes politiques 6c les hiiteires font fort recherchées ; fes mémoires par ordre alphabétique font très-fautifs ; il eft le premier qui ait fait connaître le gouvernement de Venife. Son hiltoire déplut ^ au fénat , qui était encer dans l'ancien préjugé qu'il y a
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Ô 38 Siècle
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des my itères politiques qu'il ne faut pas révéler. On a appris depuis qu'il n'y a plus de my frères, & que la politique coniifte à être riche, & à entretenir de bonnes armées. Âmûoi traduiiit & commenta le prince de Machiavel 9 livre Iong-tems cher aux petits feigneurs quife difputaient de petits états mal gouvernés , devenu inutile dans un tems où tant de grandes puirTances toujours armées étouffent l'ambition des faibles. Anielot fe croyait le plus grand politique de l'Europe ; cependant il ne fut jamais fe tirer de la médiocrité , & il mourut dans la misère; c'efr qu'il était politique par fon efprit & non par fon caractère : mort en 1706.
àmelotte (Denys) né en Saintonge en 1606 , de l'oratoire. Il eil principalement connu par une afTez bonne verîion du nouveau teftament : mort en 1679.
Amontons ( Guillaume) né à Paris en 1663 , ex- ^U cellent mécanicien : mort en 1690. S AîvCiLLON {David) né à Metz en 1617 , calvinifte ,
&: fon fJs Charles mort à Berlin en 172.5 , ont eu quelque réputation dans la littérature.
Anselme , moine auguflin , le premier qui ait fait une hifcoire généalogique des grands officiers de la couronne , continuée & augmentée par du Fourni auditeur des comptes. On a une notion très-vague de ce qui conflitue les grands officiers. On s'imagine que ce font ceux à qui leur charge donne le titre de grand , comme grand écuyer, grand échan fon. Mais le connétable , les maréchaux , le chancelier , font grands officiers , & n'ont point ce titre de grand , & d'autres qui l'ont ne font point réputés grands officiers. Les capitaines des gardes , les premiers gentilshommes de la chambre , font devenus réellement de grands officiers , & ne font pas comptés par le père Anfelme. Rien n'eft décidé fur cette matière, & il y a autant de confufion & d'incertitude fur tous les droits & fur tous les titres en France , qu'il y a d'ordre dans i'admiiûfrration : mort en 1694.
de Louis XIV. 39 Ci
Arnauld {Antoine) vingtième fils de celui qui plaida contre les jéfuites , docteur de forbonne , né en 1611. Rien n'eit plus connu que fon éloquence , fon éiradirion & fes difputes qui le rendirent fi célèbre, & en même tems fi malheureux , félon les idées ordinaires qui mettent le malheur dans l'exil & dans la pauvreté , fans confidérer la gloire , les amis & une vieillerie faine, qui furent le partage de cet homme fameux. Il eil dit dans le fupplément au Moriri qu' 'Arnauld en 1689 > pour avoir les bonnes grâces de la cour , fît un libelle contre le roi Guillaume , intitulé le vrai portrait de Guillaume-Henri de Najfau , nouvel Abfalcn , nouvel Bérodz , nouveau Cromwel , nouveau Néron. Ce ftyle qui reflemble à celui du père GaraJJe , n'efr guère celui & Arnauld. Il ne fongea jamais à flatter la cour, jj Louis XIV. eût fort mal reçu un livre fi grofîiérement jg ^l intitulé, & ceux qui attribuent cet ouvrage & cette in- j& tention au fameux Arnauld ne favent pas qu'on ne réiunt ^ point à la cour par des livres : mort à Bruxelles en 1694. L'auteur du diclionnaire hiftorique, littéraire, critique & janféniire, dit à l'article Arnauld, quaufil-tôt que fon livre fur la fréquente communion parût, V enfer en frémit, & que lejéfuite No u et fit la première attaque. Il efu difficile de favoir au julle quelle efl l'opinion de l'enfer fur un livre nouveau. Et à l'égard des hommes, ils ont entièrement oublié le père Nouet. Il eu très-vrai que la plupart des écrits polémiques d' Arnauld ne font plus connus aujourd'hui. C'eïl le fort de prefque toutes les difputes. Le diclionnaire hiftorique , littéraire, critique & janfénifte, s'emporte un peu contre cette vérité, il a raifon ; mais l'auteur devrait favoir que les injures prodiguées au fujet âes querelles théoîogiques font aujourd'hui aufli méprifées que ces querelles même , & c'eft beaucoup dire.
Arnauld d'Andîlly (P^obert) frère aine du précédent , né en 1 5 8 S , l'un des grands écrivains de Port-
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Royal. Il préfenta à Louis XIV. à l'âge de quatre-vingtcinq ans , fa traduction de Jofeph , qui de tous fes ouvrages efr le plus recherché. Il fut père de Simon Jrnauldy marquis de Pompone , miniftre d'état : & ce miniftre ne put empêcher ni les difputes , ni les difgraces de fon oncle le docteur de forbonne : mort en 1674.
Aubignac ( François d' ) né en 1604. Il n'eut jamais de maître que lui-même. Attaché au cardinalde Richelieu, il était l'ennemi de Corneille. Sa pratique du théâtre eu encor lue; mais il prouva par fa tragédie de Zénobie , que les connaiflances ne donnent pas les talens : mort en 1676'.
Aubri (Antoine) né en 1616. On a de lui les vies des cardinaux de Richelieu & de Mayirin , ouvrages mé- , diocres , mais dans lefqueîs on peut s'inftruire : mort en 1695. C'elt lui qui le premier fit connaître la fourberie ^1 de Fauteur du teftament politique du cardinal de p Richelieu. jjj*
La comteffe d'AUNOi. Son voyage 8c fes mémoires d'Efpagne, & quelques romans écrits avec légèreté, lui firent quelque réputation, morte en 1705.
D'Avrîgni , jéfuite , auteur d'une nouvelle manière d'écrire l'hiftoire. On a de lui des annales chronologiques depuis 160 1 jufqiî'a iyi$. On y voit ce qui s'eft pafle de plus important dans l'Europe , exactement difcuté, & en peu de mots : les dates font exacles. Jamais on n'a mieux fu difcerner le vrai , le faux & le douteux. Il a fait aum* des mémoires eccléfiaftiques ; mais ils font maîheureufement infectés de l'efprit de parti. Marcel êc lui ont été tous deux effacés par Vhijîoire chronologique de France du préfident Eenauty l'ouvrage à la fois le plus court & le plus plein que nous ayons en ce genre , & le plus commode pour les le&eurs.
Baillet {Adrien) né près de Beauvais en 1649. h Critique célèbre : mort en 170e, |[ Baluze {Etienne) du Limoufin, né en 1631. Ceft