CHAPITRE II
plus forts, ne font qu'un parti médiocre; les catholiques composent le reste de l'Empire, et, ayant à leur tète la maison d'Autriche, ils étaient sans doute les plus puissants.
Je vous ai déjà fait voir^ comment Ferdinand II fut près de changer l'aristocratie allemande en une monarchie absolue, et comment il fut sur le point d'être détrôné par Gustave- Adolphe. Son fils Ferdinand III, qui hérita de sa politique et fit comme lui la guerre de son cabinet, régna pendant la minorité de Louis XIY-.
L'Allemagne n'était point alors aussi florissante qu'elle l'est devenue depuis^; le luxe y était inconnu, et les commodités de la vie étaient encore très rares chez les plus grands seigneurs. Ce pays fertile et peuplé manquait de commerce et d'argent; la gravité des mœurs et la lenteur particulière aux Allemands les privaient de ces plaisirs et de ces arts agréables que la sagacité italienne cultivait depuis tant d'années et que l'industrie française commençait dès lors à perfectionner. Les Allemands, riches chez eux, étaient pauvres ailleurs; et cette pauvreté, jointe à la difficulté de réunir en peu de temps sous les mêmes étendards tant de peuples différents, les mettait à peu près, comme aujourd'hui, dans l'impossibilité de porter et de soutenir longtemps la guerre chez leurs voisins *. Aussi c'est presque toujours dans l'Empire que les Français ont fait la guerre contre les empereurs. La différence du gouvernement et du génie paraît rendre les Français plus propres pour l'attaque, et les Allemands pour la défense*^.