DU RESTE DE L ITALIE
Les autres provinces d'Italie écoutaient des intérêts divers : Venise craignait les Turcs et l'Empereur; elle défendait à peine ses Etats de terre ferme des prétentions de l'Allemagne et de l'invasion du Grand Seigneur. Ce n'était plus cette Venise autrefois la maîtresse du commerce du monde, qui, cent cinquante ans auparavant, avait excité la jalousie de tant de rois ^. La sagesse de son gouvernement subsistait ; mais son grand commerce anéanti lui ôtait presque toute sa force, et la ville de Venise était, par sa situation, incapable d'être domptée, et, par sa faiblesse, incapable de faire des conquêtes.
L'Etat de Florence jouissait de la tranquillité et de l'abondance sous le gouvernement des Médicis ; les lettres, les arts et la politesse, que les Médicis avaient fait naître, florissaient encore. La Toscane alors était en Italie ce qu'Athènes avait été en Grèce.
La Savoie, déchirée par une guerre civile et par les troupes françaises et espagnoles, s'était enfin réunie tout entière en
1. Voir Y Histoire des papes aux 2. Voir l'Essai sur les /iiœurs, cha-
seizieine et dix-septième siècles du pitre clxxxv.
Léopold Rankc, traduite en frau- 3. A IVpoqiic do la ligue do Cam-
cais. brai, 1507.
ravcur de la France, et contribuait en Italie à l'affaiblissement de la puissance autrichienne ^
Les Suisses conservaient, comme aujourd'hui, leur liberté, sans chercher à opprimer personne. Ils vendaient leurs troupes à leur voisins plus riches qu'eux ; ils étaient pauvres ; ils ignoraient les sciences, et tous les arts que le luxe a fait naître ; mais ils étaient sages et heureux.