FINANCES ET REGLEMENTS
Si l'on compare l'administration de Colbert à toutes les administrations précédentes, la postérité chérira cet homme, dont le peuple insensé voulut déchirer le corps après sa mort. Les Français lui doivent certainement leur industrie et leur commerce, et par conséquent cette opulence dont les sources diminuent quelquefois dans la guerre, mais qui se rouvrent toujours avec abondance dans la paix*. Cependant, en 1702,
1. « Tel est le sol, le terroir, la situation de la France, l'intelligence, lindustrie, la vivacité de ses habitants; elle a si peu besoin de productions des autres pays et les autres pays ont tant de besoins réels ou imaginaires de se fournir de ce qu'elle produit, que, lorsqu'elle n'est pas en guerre avec tous ses voisins, que son repos intérieur est assuré, et que l'administration de son gouvernement est un peu supportable, elle ne saurait manquer de s'enrichir aux dépens de ceux qui commercent avec elle et de ceux même qui ne commercent point directement.
Ses colilichets, ses modes, les folies
et les extravagances de son luxe coiltaient à lAngleterre vers le temps dont nous parlons approchant 800,000 livres sterling par an, et aux autres nations à proportion. Colbert sut tirer tout le parti possible de ces circonstances avantageuses, et en même temps qu'il remplissait l'éponge de la nation, il apprenait à ses successeurs à la presser, secret qu'il se repentit, diton, d'avoir découvert, quand il vit les sommes immenses qu'absorbait continuellement le goût insatiable de son maître pour la magnificence. » (Bo- Li.NGBUOKE, lettre I""».)