‹ Siècle de Louis XIVChapitre 266 sur 266 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

lier la ihéologio avec la métaphysique ; poète latin iiu'ine, et enfin mathématicien assez bon pour disputer au grand Newton l'invention du calcul de l'infini, et pour faire douter quelque temps entre Newton et lui.

C'était alors le bel Age de la géométrie : les mathématiciens s'envoyaient souvent des défis, c'est-à-dire des problèmes ù résoudre, à peu près comme on dit que les anciens rois de l'Egypte et de l'Asie s'envoyaient réciproquement des énigmes à deviner. Les problèmes que se proposaient les géomètres étaient plus difficiles que ces énigmes; il n'y en eut aucun qui demeurât sans solution en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en France. Jamais la correspondance entre les philosophes ne fut plus universelle ; Leibuitz servait à l'animer. On a vu une république littéraire établie insensiblement dans l'Europe malgré les guerres et malgré les religions différentes. Toutes les sciences, tous les arts ont reçu ainsi des secours mutuels ; les académies ont formé cette république. L'Italie et la Russie ont été unies par les lettres. L'Anglais, l'Allemand, le Français, allaient étudier à Leyde. Le célèbre médecin Boerhaave était consulté à la fois par le pape et par le czar. Ses plus grands élèves ont attiré ainsi les étrangers, et sont devenus en quelque sorte les médecins des nations ; les véritables savants dans chaque genre ont resserré les liens de cette grande société des esprits répandue partout, et partout indépendante. Cette correspondance dure encore; elle est une des consolations des maux que l'ambition et la politique répandent sur la terre.

L'Italie, dans ce siècle, a conservé son ancienne gloire, quoiqu'elle n'ait eu ni de nouveaux Tasse ni de nouveaux Raphaël : c'est assez de les avoir produits une fois. Les Chiabrera, et ensuite les Zappi, les Filicaia^, ont fait voir que la délicatesse est toujours le partage de cette nation. La Mérope de Maffei et les ouvrages dramatiques de Metastasio sont de beaux monuments du siècle.

L'étude de la vraie physique, établie par Galilée, s'est toujours soutenue malgré les contradictions d'une ancienne philosophie trop consacrée. Les Cassini, les Viviani, les Manfredi^,

1. Filicaia, poète religieux et na- poète (1698-1782). — Cassini, né en tional, auteur d'odes et de sonnets 1G25, mort eu 1712. — Vivian!, géo- (1G42-1707). mètre (1622-1703). — Manfredi , de

2. Maflei (1675-1755), de Vérone, lit- Bologne, poète, astronome et géomètérateur et archéologue. — Métastase, tre (1672-1739).

les Zanotti, et tant d'autres, ont répandu sur l'Italie la même lumière qui éclairait les autres pays; et quoique l'es principaux rayons de cette lumière vinssent de l'Angleterre, les écoles italiennes n'en ont point enfin détourné les yeux.

Tous les genres de littérature ont été cultivés dans cette ancienne patrie des arts autant qu'ailleurs, excepté dans les matières où la liberté de penser donne plus d'essor à l'esprit chez d'autres nations. Ce siècle surtout a mieux connu l'antiquité que les précédents. L'Italie fournit plus de monuments que toute l'Europe ensemble; et plus on a déterré de ces monuments, plus la science s'est étendue.

On doit ces progrès à quelques sages, à quelques génies répandus en petit nombre dans quelques parties de l'Europe, presque tous longtemps obscurs, et souvent persécutés : ils ont éclairé et consolé la terre, pendant que les guerres la désolaient. On peut trouver ailleurs des listes de tous ceux qui ont illustré l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie. Un étranges serait peut-être trop peu propre à apprécier le mérite de tour ces hommes illustres. Il suffit ici d'avoir fait voir que dans le siècle passé, les hommes ont acquis plus de lumières, d'un bout de l'Europe à l'autre, que dans tous les âges précédents.

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Echéance Date Due

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DC 125 tV6 1892

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