CHAPITRE V
1ers appeler, en opinant, le cardinal premier ministre, faquin. Un conseiller nommé Quatre-Sous apostropha rudement le grand Condc en plein parlement ; on se donna des gourmadcs dans le sanctuaire de la justice.
Il y avait eu des coups donnés à Notre-Dame pour une place que les présidents des enquêtes disputaient au doyen de la grand'chambre en 16ii. On laissa entrer dans le parquet des gens du roi, en 16i5, des femmes du peuple qui demandèrent à genoux que le parlement fit révoquer les impôts.
Ce désordre en tout genre continua depuis 164'i jusqu'en 1653, d'abord sans trouble, enfin dans des séditions continuelles dun bout du royaume ù l'autre.
(1652.) Le grand Condé s'oublia jusqu'à donner un soufflet au comte de Rieux, fils du prince d'Elbeuf, chez le duc d'Orléans ; ce n'était pas le moyen de regagner le cœur des Parisiens. Le comte de Rieux rendit le soufflet au vainqueur de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingen et de Lens. Cette étrange aventure ne produisit rien ; Monsieur fit mettre pour quelques jours le fils du duc d'Elbeuf ù la Bastille, et il n'en fut plus parlé *.
La querelle du duc de Beaufort et du duc de Nemours, son beau-frère, fut sérieuse. Ils s'appelèrent en duel, ayant chacun quatre seconds. Le duc de Nemours fut tué par le duc de Beaufort ; et le marquis de Yillars ^, surnommé Oiondate, qui secondait Nemours, tua son adversaire Héricourt, qu'il n'avait jamais vu auparavant. De justice, il n'y en avait pas l'ombre. Les duels étaient fréquents, les déprédations continuelles, les débauches poussées jusqu'à l'impudence publique ; mais au milieu de ces désordres il régna toujours une gaieté qui les rendit moins funestes.
Après le sanglant et inutile combat de Saint-Antoine, le roi ne put rentrer dans Paris, et le prince n'y put demeurer longtemps. Une émotion populaire et le meurtre de plusieurscitoyens ^, dont on le crut l'auteur, le rendirent odieux aa peuple. Cependant il avait encore sa brigue au parlement.
1. L'hisloiro do ces deux soufflels .3. Le 4 juillet, Condé, Gaston et est dill'éremmeut racontée , connue Beaufort se rendirent a l'assemblée de toujours en ce cas, dans les divers l'hôtel de ville pour obtenir l'union mémoires ou documents du temps, de Paris et des princes. N'obtenant
2. « Le marquis de A'illars, » père rien, il sortit et dit à haute voix du du maréchal de Villars , le vaincpiear jierron : « Ces gens-là ne veulent rien de Denain. laire pour nous, ce sont des maza—
— (20 juillet 1652.) Ce corps, peu intimide alors par une cour errante et chassée en quelque façon de sa capitale, pressé par les cabales du duc d'Orléans et du prince, déclara par un arrêt le duc d'Orléans lieutenant général du royaume, quoique le roi lut majeur : c'était le même titre qu'on avait <lonné au duc de Mayenne du temps de la Ligue. Le prince de Condé fut nommé généralissime des armées. Les deux parlements de Paris et de Pontoise , se contestant l'un à l'autre leur autorité, donnant des arrêts contraires, et qui par là se seraient rendus le mépris du peuple, s'accordaient à demander l'expulsion de Mazarin : tant la haine contre ce ministre semblait alors le devoir essentiel d'un Français !
Il ne se trouva dans ce temps aucun parti qui ne fût faible ; celui de la cour l'était autant que les autres ; l'argent et les forces manquaient à tous ; les factions se multipliaient ; les combats n'avaient produit de chaque côté que des pertes et des regrets. La cour se vit obligée de sacrifier encore Mazarin, que tout le monde appelait la cause des troubles, et qui n'en était que le prétexte. Il sortit une seconde fois du royaume (12 août 1652). Pour surcroit de honte, il fallut que le roi donnât une déclaration publique par laquelle il renvoyait son ministre, eu vantant ses services et en se plaignant de son exil.
Charles I^r, roi d'Angleterre, venait de perdre la tête sur un échafaud, pour avoir, dans le commencement des troubles, abandonné le sang de Strafford, son ami, à son parlement : Louis XIV, au contraire, devint le maître paisible de son royaume en souffrant l'exil de Mazarin. Ainsi les mêmes faiblesses eurent des succès bien différents. Le roi d'Angleterre, en abandonnant son favori, enhardit un peuple qui respirait la guerre et qui haïssait les rois ; et Louis XIY, ou plutôt la reine mère, en renvoyant le cardinal, ôta tout prétexte de révolte à un peuple las de la guerre et qui aimait la royauté.
(20 octobre 1652.) Le cardinal à peine parti pour aller à Bouillon, lieu de sa nouvelle retraite, les citoyens de Paris, de leur seul mouvement, députèrent au roi pour le supplier de revenir dans sa capitale. Il y rentra ; et tout y fut si pai-
rins ». Là-(lossiis, tandis qu'il sCloi- ivros, escalada IV'scalior cf, après fanait. Ikaiilort sc'lança do la Itou- uni' long^ue lutte, tua plus de trente tique dun armurier avec des gens magistrats ou notables.