Gœlze, loc. cil
presque indispensables au ravitaillement des troupes de la Loiret
Depuis le début du siège, TAUemagne entière ne cesse de réclamer le bombardement de Paris, s'imaginant qu'il provoquera la capitulation immédiate : « Il suffirait de foudroyer les forts pour que la ville nous tombât comme une poire mûre dans la bouche*.» Dès le mois d'octobre, les journaux de Berlin s'impatientent. Comment Paris n'a-t-il pas été détruit de fond en comble'? M. de Bismarck n'est pas le dernier à réclamer une action énergique contre la nouvelle Babylone : « Personne, plus que moi, n'y pousse et n'y travaille. Ce sont les militaires qui ne veulent point encore. J'emploie une grande partie de ma correspondance à lever leurs hésitations et leurs scrupules. » Il fait valoir la situation politique et le mécontentement de l'Allemagne, qui voit avec étonnement la guerre se prolonger, et accuse la « bonté » du roi Guillaume ou de son chancelier*.
Le 25 novembre, le roi, voyant approcher le terme fixé pour le début de l'attaque, convoque les généraux von Hindersin et von Kleist. Il apprend d'eux, avec étonnement et colère, que la construction de 13 ou 15 batteries est achevée, mais que l'on ne dispose pas encore de la moitié des munitions nécessaires. L'attaque devra être reportée à la fin de
1. Moltke, la Guerre de 1880-1S7I, p. 339; Mollkes Korrespondenz, n» 464, 30 novembre; Étal-major prussien, tome IV, p. 768.
2. Voir une correspondance de M. Wachenhuisen, citée par E. Neukomm, les Prussiens devant Paris, p. 251, et datée de la On de décembre; Ibidem, p. 247; le Tagebuch, Journal de l'empereur Frédéric Ilf, p. 10; Sarrepont, p. 84; Rùstow, tome II, p. 2ii. — « Journaux et lettres particulières (nous en prenions beaucoup sur les prisonniers ou sur les morts prussiens) ne cessaient de répéter sur tous les tous: Ah çà! On ne les bombarde donc pas? Pourquoi tarde-t-on ainsi à les bombarder? Est ce que la brave armée allemande reculerait devant l'idée d'un bombardement? A quoi songent nos généraux? Ce n*était qu'un cri dans toute celte bonne, blonde et loyale Germanie : un cri de jalousie plus encore que de haine. » (F. Sarcey, p. 263.)