‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 124 sur 326 · Vinoy, p. 387 et 503; Ducrol, tome III, p · texte numérisé non relu

Vinoy, p. 387 et 503; Ducrol, tome III, p

2. Dépêche du général d'Hugues à Vinoy, 27 décembre, lO^is du soir (Viûoy, p. 502; Ducrot, lome III, p. 237). D'après V État-major prussien, tome IV^ p. 781, le feu d'Avron n'aurait entièrement cessé que le 29.

abri. Les cas de congélation sont nombreux. A ces malheureux, qui supportent ainsi la morsure incessante du froid, les vivres manquent. Un tonneau de thé chaud, envoyé dans la soirée, ne leur apporte qu'un soulagement illusoire, vu leur nombre ^

Enfin cette cruelle nuit se termine, mais, dès 8 heures, l'ennemi reprend son feu avec autant de vivacité et plus de précision que la veille. Le ciel, qui s'est éclairci, facilite sa tâche '. Heureusement les précautions ont été mieux prises, en sorte que nos pertes seront moindres, 60 hommes environ '. Vers midi, le général Trochu arrive au fort de Rosny et' désireux de se rendre compte par lui-même de la situation, gravit à pied les pentes du plateau. Avec son impassibilité ordinaire devant le danger, il parcourt les tranchées sous un feu de plus en plus vif, non sans s'exposer grandement à la traversée des endroits découverts. Il peut constater que toute la partie supérieure d'Avron est abandonnée. On n'a pu réparer ni les épaulements, ni les embrasures. Plusieurs magasins à poudre menacent de sauter. En outre, l'ennemi, allongeant son tir, atteint Neuilly -Plaisance et Rosny où se trouvent nos réserves *.

Cette inspection détermine le gouverneur à prendre un parti sur l'heure. Il réunit en conseil de guerre, au fort de Rosny, Vinoy, les colonels Stoffel et Guillemaut, qui commandent l'artillerie et le génie du plateau. La discussion commence aussitôt, dans une casemate transformée en cha*

i. G. Toudouze, p. 282 et suiv. ; A. Rendu, p. J6i et auiv.; G. Berlin, loc. cit.

2. Vinoy, p. 341 ; Moltke, p. 320; État-mnjor prussien, tome IV, p. 780.

3. Vinoy, p. «41. — Le rapport militaire du 28 décembre n'indique pas rimportance de ces perles, sauf pour les forts de Nogent, 14 blessés; de Rosny, 3 tués, 9 blessés; de Noisy, quelques contusions; pour les batteries <]le Bondy, 2 tués, 6 blessés. Ui division Maitat, du 2« corps, porte, le matin du 28, sa !'• brigade, les carabiniers parisiens et i batterie de 4 à Nogent; la 2» brigade, le bataillon des francs-tireurs de la division, les tiniilleura parisiens et les trois autres batteries, au-dessus de Fontenay-sous-Bois (Ducrot, tomi) III, p. 239). Les batteries de siège allemandes perdirent 6 hommes (Étatmajor prussien. Annexes, tome IV, p. 893).

4. Trochu, CEuvres posthumes, tome I", p. 502 et sulv.; Vinoy, p. 339 et suiv. ; les batteries de 7 établies en arrière de Bondy sont forcées de se retirer, ainsi que celle de 8 installée au Vieux-Château (Ducrot, tome III, p. 239).

pelle. Il est aisé d'en prévoir le résultat. Au cas où il faudrait conserver le plateau, on admet, bien à tort, qu'une seule division ne saurait suflSre à sa garde : les tranchées sont trop étendues et le service trop pénible. On juge qu'il y aurait lieu d'amener d'autres troupes, afin de permettre un relèvement régulier. On n'examine pas la possibilité de faire garder une partie seulement de cette position , qui est sous le feu immédiat de deux forts \

La conservation d'Avron justifie-t-elle les efforts nécessaires, les pertes qu'elle entraînerait fatalement ? On ne le pense pas. Cette position n'est pas indispensable à la défense, par suite de la force même du front Romainville- Nogent. Son abandon ne la compromettrait en rien. Nous Tavons occupée en vue de faciliter l'offensive de Ducrot, mais l'établissement des batteries allemandes nous empêchera désormais de songer à une attaque vers l'est. Dès lors l'évacuation du plateau n'aura aucun résultat défavorable, et la prudence nous en impose l'obligation. Le gouverneur donne l'ordre d'y procoder la nuit suivante *.

Les résultats matériels ne sont pas les seuls dont nous devrions tenir compte. Il faudrait mettre en ligne l'effet moral que la perte d'Avron produira sur l'armée et la population. Aux yeux de celle-ci, l'abandon de cette position avancée impliquera celui des opérations offensives vers l'est. Elle rapprochera les essais de justification publiés par le gouvernement des dithyrambes qui accompagnaient la « prise » du plateau à la tin de novembre. Il est à prévoir que la secousse produite sera violente et ses effets durables. Parmi les assiégés, les plus ignorants comprennent que si, du 30 novembre au 27 décembre, le temps avait été bien employé sur le plateau, on aurait pu y élever, non seulement des batteries défilées, mais un réduit central susceptible de recevoir une garnison et de Pabritor du borabarde-

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