DÉNONCIATION DU TBAITÉ DE
La Russie et la France. — Dénonciation du traité de Paris. — Effet produit en Europe. Exigences de Jules Favre. — L'opinion.
Nous avons dît quelle attitude prit la Russie avant même le début de la guerre franco-allemande, comment Tempereur Alexandre s'engagea vis-à-vis de son oncle à retenir T Autriche dans la neutralité \ Nos désastres allaient lui fournir une compensation. Assuré de ne trouver à Berlin et sans doute à Paris aucune opposition, n'en redoutant aucune de T Autriche ou de TAngleterre, son gouvernement pouvait risquer la dénonciation du traité de 1856. L'article 14 de cette convention visait, en lui donnant un caractère obligatoire pour toutes les parties contractantes, l'accord additionnel conclu entre l'empereur de Russie et le Sultan, dans le but de déterminer le nombre et la dimension des bâtiments de guerre que les deux puissances pouvaient entretenir sûr la mer Noire. Il limitait les forces navales russes à six bâtiments ^ vapeur de 50 mètres de long, de 800 tonneaux au maximum, et à quatre bâtiments à vapeur ou à voiles de 200 ton- .neaux au plus*.
Ces humiliantes entraves n'avaient pu être imposées qu'à la suite de la guerre de Crimée ; depuis longtemps le gouvernement russe les supportait avec peine. Dès qu'il apprit la capitulation de Metz, il entreprit de s'en délivrer, d'accord avec nos adversaires. Il parut même, dans sa hâte, de-
1. Jules Favre, tome II, p. 240; J. Klaczko, Deux chanceliers {Revue des Deux-Mondes, novembre-décembre 1875, p. 398 et suiv.); dépêche de M. de Beust au prince de Metternich, 20 juillet 1870; dépêches de sir À. Buchanan, 20 et 23 juillet 1870; Valfrey, tome I«S p. 18; duc de Gramout, la France et la Prusse avant la guerre, p. 348 ; Duvergier de Hauranne, VAlliance anglaise et la ligue des neutres {Revue des Deux-Mondes, i» juin 1872). — Voir Siège de Paris. Châtillon, Chevilly, La Malmaison, p. 206.