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CHAPITRE XXXVII

ATTAQUE DE BELLEMABE

Premiers renforts allemands. — Ofifensive des brigades Fonmés, Coloniea, Valendn. Combat de la Bergerie. — Le combat dans Saint-Olond.

L'ennemi a reçu ses premiers renforts après 8 heures et quart. En cas d'alerte, le 9' bataillon de chasseurs a l'ordre de renforcer les postes d'observation, de façon à ralentir notre attaque. Mais il est tardivement averti. Quand il survient, nous atteignons déjà les hauteurs de Montretout et de Garches. Deux de ses compagnies se jettent à la grille d'Orléans et à la Porte Jaune, où elles renforcent le 2® bataillon du b8^. Une autre, accourue à Garches, rejoint quelques fractions qui y ont été refoulées et occupe avec elles le cimetière, la lisière nord-est du village*.

Suivant l'ordre du gouverneur, le général de Bellemare prend l'ofifensive dès que le permet l'arrivée tardive de ses têtes de (îolonne. A 7 heures et demie, la brigade Fournès entre en ligne à droite de la division Beaufort. Le 4* zouaves se porte sur la maison du Curé et la cote 155, avec le 11* régiment de Paris en échelon à droite.

Précédé d'une compagnie en tirailleurs, le !•' bataillon de zouaves refoule aisément les avant-postes allemands, descend les pentes vers Garches et prend même les premières maisons de ce village, où il s'installe pour la défense. Le 2* bataillon est en soutien, dans une tranchée au nord; le 3* ba-

1. Les ÂllemaDds ont à Garches la 4<^ compagnie du 5^ chasseurs, la 8*, des fractions des 6® et 7« compagnies du 69^. Une compagnie du 59* occupe la Porte Verte ; deux, les redoutes Empereur Guillaume, à Tangle sud-est du haras; deux autres, les redoutes entre celui-ci et Garches; une compagnie de chasseurs et partie d*une compagnie du bB^, la Bergerie; le i«' bataillon du 58«, le parc et le château de Sainl-Cloud (ÉteU-major prussien, tome IV, p. 1159).

taillon, suivi du 11" régiment de Paris, a pris la maison du Curé et borde les pentes au sud (8'*45)^

De même, dès sou amvée à La Fouilleuse, la brigade Colonieu est lancée sur le parc de Buzenval. Deux bataillon» du 136* (2' et 3') et le 9* régiment de Paris forment la colonne d'attaque. Quatre bataillons (1" du 136* et régiment du Morbihan) sont en réserve. A droite, les francs- tireurs de la division Bellemare doivent se relier au général Ducrot.

Le 136* se dirige sur la partie nord-est du parc de Buzenval et atteint aisément le mur de clôture. Une section du génie, qui marche avec lui, pratique à la pioche et à la dynamite plusieurs brèches au travers desquelles on s'élance '. Les postes allemands se replient vers la maison Craon et la Bergerie. Quant aux deux bataillons du 136*, ils inclinent à droite pour explorer les pentes nord ; un bataillon de garde nationale (105*) longe le mur du parc, cherchant à tourner le château de Buzenval. Mais quand le 136* tente d'aborder la crête qui domine la Bergerie, il est accueilli par une grêle de balles partant des fossés, des abatis. Ses tirailleurs s'embusquent derrière les arbres, dans un chemin creux, et engagent un feu sans eflfet contre un adversaire qui reste invisible*.

Il est environ 8 heures et demie. La tête de la brigade Valentin se porte en ligne vers la droite*, laissant le 16' régiment de Paris en réserve au nord du parc. Le 1*' bataillon du 109* s'empare aisément du château de Buzenval, que le

1. Ducrot, tome IV, p. 108; Vinoy, p. 404; A. Ballue, les Zouaves pendant le siège de Paris, p. 123 ; De Sénevas, le Siège de Paris, 1870-1871, Souvenirs personnels d'un volontaire, p. 57 ; M. Charok, p. «03. — Avant son entrée en ligne, la brigade Fournôs fut subitement prise pour objectif par deux pièces françaises établies près d'une haie, au pied du Mont-Valérien, à 1,500 mètres; 4 obus Tatteignlrent faisant 15 victimes (A. Ballue, p. 128).

J. Ducrot, tome IV, p. 108. VÉtat-major prussien, lome IV, p. 1160, écrit que la dynamite, gelée, ne fit pas explosion et que les brèches ne furent pas ouvertes. II doit y avoir là une confusion, car nos tirailleurs pénétrèrent certainement dans le parc.

3. Ducrot, tome IV, p. 109; État-major prussien, tome IV, p. 1160.'

4. Cette brigade devait former la gauche du général de Bellemare. Son obactif ayant été enlevé par la brigade Fournès, le général, craignant une

attaque sur sa droite, par suite du relard de la colonne Ducrot, la chargea, de 8*emparer des hauteurs de droite du parc, jusqu'au plateau de la Bergerie {Historique de la p^ division du 3» corps, cilé par M. A. Duquet, p. I61).

lieutenant- colonel AUard menaçait de tourner avec les deux bataillons du 136'. Un autre (2* du 109*) fait face au mur de Longboyau.

Ainsi couvert sur sa droite, Allard tente de se porter sur la Bergerie. Sa marche est difficile; il se heurte à des abatis presque impénétrables, au travers desquels il doit se frayer passage. On arrive ainsi à la crête : au delà, « un terrain presque découvert, limité par des murs crénelés, des tranchées », de nouveaux abatis. On y prend haleine ; pui«, quand le colonel Colonieu a prolongé notre gauche avec deux nouveaux bataillons^, on reprend l'attaque.

Colonieu marche sur la maison Craon ; Allard vers la Bergerie. Plus à gauche, les zouaves et le 11* régiment de Paris enlèvent la croupe 155 et un enclos au sud du chemin de la Guette.

C'est à la Bergerie que le combat est lé plus vif. Nous sommes là en face d'un grand bâtiment, entouré de murs crénelés et de tranchées dessinant un vaste quadrilatère. Le 136* commence l'attaque. Le 2* bataillon, qui est au centre, pousse jusqu'au pied de la muraille de clôture, mais le commandant Guillot est tué sans avoir pu obtenir aucun résultat. Ses compagnies refluent derrière des abatis, à une centaine de mètres en arrière. Elles y sont immobilisées par le feu ennemi.

A droite, le 3* bataillon du 136*, les francs-tireurs de la division Bellemare, le 105* bataillon de la garde nationale gagnent le long mur qui sépare le parc de Buzenval de l'espace découvert, dans la ^ir^ction du haras Lupin et de l'hospice Brezin. Nous tentons même de déboucher par des brèches rapidement ouvertes, mais pour être aussitôt accablés d'un feu croisé venant de la Bergerie et des positions en arrière. Il faut s'embusquer dans le fossé extérieur qui longe le mur ou derrière celui-ci.

De même, à gauche, le 1" bataillon du 136' ' et des frac-

1. Ducrot, tome IV, p. 109 : i" du 136« et [82» bataillon de la garde nationale (9« régiment).

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