‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 326 · A. Duquel, Paris, les Batailles de la Marne, p · texte numérisé non relu

A. Duquel, Paris, les Batailles de la Marne, p

2. Général Vinoy, Siège de Paris, p. 282; Histoire critique du siège de Paris, par un oflBcier de marine, p. 140.

3. Ducrot, tome III, p. 107; Procès-verbaux cités, 4 décembre 1870. — Le décret qui rend déûnitivemenl au gouvernement les promotions dans la gardo mobile est du 18 décembre seulement. Voir Siège de Paris. Châlillon, Chevilly, La Malmaison, p. 117.

4. 3 bataillons de mobiles de l'Ain et 3 de la Vienne (Ducrat, tome III, p. 108).

sions, les brigades dans les brigades, les bataillons dans les bataillons^ laisser sur les derrières de Tarmée les fractions trop éprouvées, pourvoir immédiatement aux vacances faites dans les journées précédentes. . . »

Vainement on objecte l'impossibilité d'une pareille reconstitution, à si bref délai. Il répond « avec une extrême énergie (qui fut même taxée de violence par quelques-uns) qu'il ne peut admettre d'observations ni d'hésitations ; que le moment est suprême, qu'il commande un effort désespéré ^ ».

Dans l'après-midi du 4, le général Blanchard arrive au château de Vincennes, avec son état-major. Au cours de cette nouvelle conférence, Ducrot répète les mêmes prescriptions, accueillies par des objections identiques. Dans un cabinet attenant à la salle des séances, le gouverneur est « tout entier à l'étude de la situation militaire», quand un violent tumulte interrompt ses réflexions. Il accourt. « L'assemblée (plus de cinquante officiers de tout grade), debout, dans une inexprimable agitation » , entoure les généraux Ducrot et Blanchard, « tous les deux profondément irrités », le dernier « dans l'attitude du défi » .

« Au moment où je me montrais sur le seuil, apparition qui déterminait le silence, le général Blanchard... criait à son chef :

♦ Je veux savoir si votre épée est aussi longue que votre langue. »

« Jamais je n'avais vu. . . un si déplorable scandale militaire, particulièrement périlleux dans les circonstances où il se produisait. J'en saisis immédiatement les causes, n'ayant besoin d'aucune information pour être assuré que le général Ducrot, trop souvent hors de mesure, avait malmené son lieutenant devant ses sous-ordres; que celui-ci, divisionnaire comme lui et à son tour hors de garde, injuriait son chef et l'appelait au combat !

« Je mis fin à la crise en leur donnant à tous deux, au point

1. Ducrol, tome III, p. 109 et suiv. ; D' Saraz'm, Récits tw la dernière guen-e franco-allemande, p. 125 et suiv.

de vue de la discipline et des hauts intérêts que nous défendions au prix de tant de sacrifices, une leçon qui avait surtout pour but d'eflfacer de la pensée des subordonnés présents le souvenir de ce qu'ils venaient de voir et d'entendre*. »

Comme le dit Trochu, ce pénible incident montre trop bien la désorganisation de notre machine militaire à ce mo* ment du siège. Désormais elle ira toujours s'accentuant. Le gouverneur n'est certes pas l'homme qu'il faudrait pour sortir d'une situation aussi difficile.

Quoi qu'il en soit, Blanchard ne peut conserver son commandement. Le corps d'armée sous ses ordres est dissous, mesure que les pertes subies ne justifient aucunement*. Xie 2* corps devient le 1*', avec les trois divisions Susbielle, £erthaut, Courty. Il est commandé par Maussion, qui remplace le brave Renault, mort de sa blessure. Le 3* corps, devenu le 2®, reste sous les ordres du général d'Exéa ; sa composition est identique à celle qu'il avait le 30 novembre.

Quant au corps d'armée de Blanchard, le 1*', il passe définitivement la division Maud'huy à la 3® armée. La brigade de mobiles Martenot, très éprouvée au moral comme au physique, rentre dans Paris. La division Faron et l'ancienne brigade Paturel, que commande le colonel Lespiau, forment un <;orp8 de réserve sous les ordres du général Faron*.

Ainsi nos forces actives, loin de s'accroître, vont se réduisant. Quelle peut être la cohésion de corps d'armée, de divisions, de brigades, qui trois fois ont changé de numéro et même de composition depuis le 31 octobre? Et ces modifications ne seront pas les dernières !

1. Trochu, Œuvret potthumei, lome I", p. 465; Dacrot, tome III, p. iio; Procès-verbaux cités, 88 décembre 1870; Récit fait par le colonel Comte à M. Jules Richard, reproduit par M. A. Duquet, p. 821.

2. 5,029 hommes, du so novembre au 8 décembre (Ducrot, tome III, p. 80). — Le général Blanchard passa sous les ordres de Vinoy, avec le commandement d'un corps dit de la rive gauche, comprenant les divisions Maud'huy, Corréard et Polhuau. Le général de Malroy, dont la division fut dissoute, remplaça Souraain à la i" division de la s^ armée ; le général Favë reçut le commandement de rartillerie de celle armée (Vinoy, p. 282).

s. Ducrot, tome III, p. m. — Le régiment de la Vendée quitta, le 30 décembre, la division Faron pour passer à la 3« armée. De 3,600 hommes, il était réduit à moins de 2,500, commandés par un capitaine (Vinoy, p. 284).

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