J. Favre, tome II, p. 351 ; Ducrot, tome IV, p
3. Procès-verbaux cités, 2i janvier soir, Ducrol, tome IV, p. 216. — La version de Jules Favre, tome II, p. 36 1, n*est pas conforme à celle-ci, mais elle présente moins de garanties d'exaciitude.
La difficulté n'est pas là seulement ; il faut le remplacer au commandement de Tarmée^ et le nom de Vinoy, qu41 met en avant, soulève une vive opposition, pour des raisons purement politiques ^ La discussion dure encore, quand un coup de théâtre la termine, c Un charbonnier habitant le boulevard Mazas accourt » , annonçant à Arago qu'une foule armée vient d'envahir la prison et de rendre à la liberté les prisonniers, parmi lesquels Flourens.
Cette fois le conseil se rend compte du ridicule de ses discussions. Il déclare annuler toute la délibération et se presse autour de Trochu. Il est 2 heures et demie du matin *• On court réveiller Vinoy pour lui donner lecture d'une lettre de Jules Favre qui l'investit du commandement en chef, sans qu'il ait été consulté. On invoque son patriotisme et son dévouement; on fait valoir les circonstances. En eflfet, le général accepte le fardeau arraché au gouverneur, non sans une hésitation bien naturelle et sur les instances répétées du ministre de la guerre Le Flô*. La proclamation qu'il adresse le jour même à l'armée de Paris laisse voir la gravité des circonstances, la lourdeur de la tâche imposée au successeur de Trochu*. En ne se dérobant pas devant elle, lui
1. Procès-verbaux cités, 21 janvier soir, Ducrot, tome IV, p. 219 : Trochu, Le Flô, Ferry volent pour le général Vinoy; Garnie r-Pagès, Arago, Picard, Simon, Magnîn, Dorian, contre.
2. Procès-verbaux cités, Ducrot, tome IV, p. 819. — Dans son récit, Jules Favre, tome II, p. 352, remplace le charbonnier par « un officier d'étatmajor accouru à toute bride». 11 assure que la nomination de Vinoy fut antérieure à la nouvelle venant de Mazas, contre ce quMndiquent les procèsverbaux.
De même, Trochu écrit {Œuvres posthumes, tome I®', p. 541 ) : « Par des raisons que je n'ai pas à dire ici, je jugeais que le général Vinoy était, eotre tous les divisionnaires de Tarmée de Paris, le seul qui voulût accepter un tel mandat. Il était leur doyen. M. Jules Favre, qui considérait sa retraite fameuse de Mézières, au début de la guerre, comme un acte militaire révélateur des plus hautes facultés de commandement, appuya très vivement Tavis que je donnais de le bombarder mon successeur. » Ce passage donne un apergu des sentiments de Trochu pour Vinoy.
8. Voir dans Ducrot, tome IV, p. 220, le texte de la lettre do J. Favre et la proclamation du général à Tarméj de Paris.
4. Le Journal officiel du 22 janvier publie cette proclamation et la note ciaprés :
« Le gouvernement de la Défense nationale a décidé que le commandement
qui a été systématiquement tenu à l'écart pendant presque toute la durée du siège , Vînoy a agi « comme un grand •citoyen ^ » .
Sa nomination ne change rien à la situation présente. Le gouvernement, s'il en doute encore, ne va pas tarder à s'en convaincre. Dans la matinée du 22 a lieu, au ministère de l'instruction publique, le second conseil de guerre réuni sur la demande des maires. Sont présents le général Lecomte, les colonels Lespiau, Colonieu, Boulanger, de Brancion et Germa, ces deux derniers de la garde nationale, les lieutenants-colonels Vosseur et Warnet, le chef d'escadron Bourgeois. Plusieurs ont été convoqués par erreur*. Devant cette réunion si bizarrement constituée, Jules Simon expose la situation; puis il invite chaque assistant, en commençant par le plus jeune, à faire connaître son opinion sur les opérations qui pourraient être entreprises.
De nouveau, les avis sont à peu près unanimes. Sauf le colonel Germa, de la garde nationale, tous sont contraires à une nouvelle sortie. Quant aux petites opérations que voudrait entreprendre le commandant Bourgeois, elles seraient tardives et ne mèneraient à rien, assure le colonel Boulanger. «Pas d'efforts inutiles, dît pour conclure le général Lecomte, au milieu de l'émotion de tous, et traitons avec l'ennemi tandis que nous avons encore la main sur le pommeau de l'épée'. » Dès lors, il n'y a plus d'illusions à se faire, même pour les plus obstinés. La reddition de Paris
en chef de Tarmée do Paris serait désormais séparé de la présidence du gouvernomeot.
« M. le général Vinoy est nommé commandant en chef de l'armée de Paris.
Le titre et les fonctions de gouverneur de Paris sont supprimés.
f M. le général Trochu conserve la présidence du gouvernement. »