Ducrot, tome IV, p. 280, déposition de M. Cresson
s. Récit du capitaine de Mauduit, Ducrot, tome IV, p. 465 et 467.
dres *. De même, Félix Pyat est dans un fiacre, tout près de là/attendant Theure. A ce moment survient un bataillon, le 101", de la barrière dltalie. Il est 3 heures un quart. L'un de ses capitaines, Sérizier, fait avancer sa compagnie vers la grille. Puis un coup de feu retentit, aussitôt suivi de plusieurs autres. L'adjudant-major Bernard tombe les bras brisés et la tête fracassée. Les autres officiers se jettent à plat ventre ou rentrent dans le palais'.
Deux des compagnies de mobiles ont immédiatement riposté et leur décharge balaye la place. En un instant elle est vide, mais des corps étendus y font des taches sombres. Des insurgés s'enfuient dans les maisons de l'avenue Victoria, du quai Le Pelletier, des rues de Rivoli et de la Poterie. D'autres s'embusquent derrière les tas de sable, les socles des lampadères. De là ils recommencent le feu, qui dure ainsi vingt minutes environ. Enfin le général Dargentolle, à cheval, débouche du quai au milieu des balles et, de son képi, fait signe de cesser le combat. Un bataillon de gendarmerie vient ensuite se mettre en bataille devant l'Hôtel de ville, un escadron du côté du quai. Deux bataillons de la Vendée, sortis de la caserne Napoléon, ferment le carré le long de la rue de Rivoli. On fouille les maisons où se sont réfugiés les fuyards, et on en arrête un assez grand nombre, destinés d'ailleurs à être relâchés sous bref délai, même Sérizier, le futur assassin des dominicains d'Arcueil. On relève cinq morts et dix-huit blessés *.
1. Rapport du juge d'inalruclion dans le Procès Blanqui, cité par Ducrol, tome IV, p. S82; Récit Mauduit, Ducrol, tome IV, p. 468; Enquête sur le Dixhuit mars, déposition de M. Leblond.
2. Récit Mauduit, Ducrot, tome IV, p. 469; Récils du Journal du siège, par le Gaulois, p. 448 et 449; J. Favre, tome II, p. 337; L. Larchey, p. 268; Récit du Journal des Débats, du 24 janvier 1871. — Les deux premiers coups de feu auraient été tirés par les nommés Pompon et Trouillet. Le premier atteignit l*horloge et l'arrêta à 3>ki6.
M. Rochefort, tome II, p. 862, et G. Flourens, p. 206, insinuent, sans ombre de vraisemblance, que l'agression vint des mobiles, et que leur feu fut commandé par M. Chaudey, l'ac^oint présent au palais, plus tard assassiné par la Commune.
8. J. Favre, tome II, p. 858; Ducrot, tome IV, p. 282. — Le Journal du siège, par le Gaulois, p. 449, écrit « environ 40 tués ». Trois membres de Tlnternationale, Sapia, Chàtaiguaud et Fontaine sont atteints mortellement.
Ce maladroit coup de main a été tenté sans plan préconçu. Il est le résultat des circonstances. Mais des meneurs, toujours les mêmes, se tenaient prêts à en profiter, comme ils avaient failli le faire au 31 octobre. L'immense majorité de la population, si peu sympathique qu'elle soit au gouvernement, Test moins encore aux insurgés. Elle les verrait passer par les armes sans Tombre d'une protestation.
Tandis que ces faits se succèdent sur la place de Grève, une autre tentative a lieu au Cloître-Notre-Dame, où se trouve le parc d'artillerie de la garde nationale. A 3 heures, 400 artilleurs demandent de faire sortir les- canons. Un officier s'y oppose énergiquement. Pourtant le calme n'est rétabli qu'à 5 heures*.
Pendant l'émeute, le conseil est resté en permanence à l'Elysée, attendant les pires événements. Un chef de division de la ville, M. Pelletier, insiste pour être admis auprès de lui. Il a une très grave communication à faire.
« La commission chargée de l'alimentation a commis une erreur sur la quantité des farines disponibles. Elle n'en a pu réunir pour après-demain que 3,000 quintaux. Il lui en faut au moins 5,600. . . ' »
Vainement on refait les calculs, on contrôle les états; l'eiTeur est patente. Paris n'aurait même pas le surlendemain ses 300 grammes de pain journaliers, si le ministre de la guerre ne consentait à laisser entamer ses réserves. La criminelle imprévoyance de l'administration civile est ainsi réparée.
Le soir, à la réunion ordinaire du conseil, la fermeture des clubs est unanimement décidée sur la proposition de Jules Favre. De même on supprime le Réveil et le Combat. Mais l'accord cesse quand il s'agit de faire arrêter Félix Pyat et Delescluze, leurs principaux rédacteurs. La minorité proteste au nom de la liberté de la pensée : « Leur crime, c'est leur journal ; qu'on le leur enlève, mais on ne peut faire plus ^ »