Ducro , tome III, p. 14t
corps d'armée de Saint-Denis. Voici les dispositions que prend l'amiral de La Roncière.
L'attaque aura lieu vers 7 heures du matin, après une vive canonnade de tous les forts. Le feu sur Le Bourget durera trente minutes « montre en main ». La droite de ce village sera battue par Tartillerie de la division Berthaut (2** armée), « qui fera une démonstration de ce côté pour attirer Tattention de l'ennemi et lancera même une colonne d'attaque, ei le besoin s'en faisait sentir et si le terrain le permet * ».
Quant au corps d'armée de Saint-Denis, il formera trois colonnes qui se rassembleront à 6 heures du matin : la V^, général Lavoignet, en avant d'une fabrique de noir animal, entre le chemin de fer de Soissons et la route de Lille ; la 2*^, capitaine de frégate Lamothe-Tenet, au nord de La Courneuve, sur une ligne parallèle à la Mollette, et à 500 mètres en arrière, à la cote 41 ^ la 3% général Hanrion, en réserve à La Courneuve *. Les troupes marcheront sans sac, les couvertures disposées en plastron. Des précautions minutieuses ont été prises pour que les outils soient en nombre suffisant. Des wagons blindés doivent s'avancer aussi avant que possible sur la ligne de Soissons. Ils se mettront en marche,
i. Dispositif des opérations pour lo 21 décembre, Ducrof, tome III, p. 398. — Cette partie de Tordre de Tamiral contredit formellement le passage suivant du générai Ducrot, tome III, p. 150 : « Le vice-amiral de La Roncière, doutant que les bords de la Mollette fussent praticables à Tinfanterie en amont du Bourget, craignant surtout do voir les troupes se tirer les. unes sur les autres en attaquant les deux côtés à la fois, déclora au général Berthaut qu'avec ses marins et les trois bons régiments de Saint-Denis, composés pour la majeure partie d'anciens soldats de la garde, il était sûr d'enlever très rapidement Le Bourget, et il lui prescrivit de ne faire, en avant de Drancy, qu'une simple démonstration. »
8. i'^ colonne: is^^ de ligne, 6« régiment de mobiles (Seine), bataillon des francs-tireurs de la Presse, 60 sapeurs du génie, i compagnie du i84« portant des outils.
^ colonne : 3 bataillons du 188«, s^ bataillon de fusiliers marins, 2 compagnies de fusiliers marins (Glon- Villeneuve et Cordier); il« bataillon de mobiles de la Seine, i batterie de 4, 40 sapeurs du génie, i compagnie du 1S8« portant des outils, 2 compagnies de marins porteurs de fascines.
$• colonne : iSb'^ de ligne, 1 bataillon du 1S8<», 1 bataillon de marche de la garde nationale de Saint-Denis.
Le 13« bataillon de la Seine reste au fort de TEst, le 15» au fort d'Aubervilliers; le 1^' régiment de mobiles (Seine) dans Tile Saint-Denis, observant Ârgenteuil et la presqu'île de Gennevilliers (Dispositif des opérations pour le il décembre, Ducrot, tome III, p. 898; de La Honcière, p. 385).
ainsi que les colonnes, quinze minutes après l'ouverture du feu par la batterie de La Coumeuve.
Pendant leur attaque, le colonel Dautrement prendra l'offensive * sur Epinay, Pierrefitte, Staîns, mais en évitant de s'engager, ce qui limitera singulièrement la portée de ses démonstrations. Nos batteries flottantes canonneront Epînay et Orgemont, sans dépasser en aucun cas le pont d'Argenteuil. Les éclaireurs Poulizac occuperont la partie nord de Drancy le 20 à la nuit. Le reste du village sera tenu dès le matin du 21 par 800 hommes des divisions Berthaut et Courty. Une batterie de 12 et deux canons de 24 seront à la Croix- de -Flandre, prêts à être dirigés sur Le Bourget*.
D'après la combinaison adoptée, la 2* armée doit prononcer son attaque seulement après la prise de ce village. Au !•' corps, la division Susbielle s'établira dès l'aube en arrière d'Aubervilliers, la droite à la route de Lille ; son rôle sera d'appuyer dans leur attaque du Bourget * le corps de Saint- Denis et la division Berthaut. Une brigade de celle-ci prendra position entre Petît-Drancy et la route de Lille; une autre en réserve au sud. Un bataillon se portera dans la partie ouest du Bourget, suivi de la 1" brigade, que la 2" viendra relever dans son emplacement. Drancy sera solidement occupé*.
Enfin la division Courty s'établira dans les tranchées entre Petit -Drancy et la route des Petits - Ponts , avec une brigade en réserve. Elle dirigera un bataillon sur Drancy, dont il occupera la partie est; puis il gagnera le chemin de fer de Soissons et en garnira le remblais vers Le Blanc-
1. 10« et 12« balailloDs de mobiles (Seine), qui auront laisse des garnisons dans le fort de La Briche et la Double-Couronne; u* bataillon de la Seine, 2 bataillons de marche de la garde nationale de Saint-Penis [DUposUif cité, p. 400).
^1 Dispositif clié,^. AOl.
S, L'ordre de Ducrol (Ducrot, tome III, p. 896) porte « et de Drancy», mais Drancy était' occupé' par les éclaireurs Poulizac dôs le soir du 20, et jamais les Allemands n'avaient eu la pensée de s'y défendre.
' 4 /L'ordre de Ducrot ne fait aucune mention d'une participation éventuello de la division- Berthamt à l'attaque du Bourget. '
Mesnil ; la !'• brigade suivra ce mouvement, la 2® restant à Drancy .
Au 2* corps, la division Bellemare, venant de Merlan, s'établira face à Aulnay, derrière le chemin de Bondy à Drancy, en poussant son bataillon de francs-tireurs sur la ferme de Groslay. La 2* brigade suivra ce mouvement et viendra prolonger la division Courty derrière le chemin de fer de Soissons, le plus près possible de la route des Petits- Ponts. — Notons que le front de ces divisions va ficher droit dans les lignes ennemies, qui l'enfileront nécessairement. — La !'• brigade du général de Bellemare et celle du colonel Reille resteront en réserve entre Bondy et Drancy.
Elle aussi, la division Mattat sera en réserve au sud du canal de TOurcq, prête à se porter sur Bondy ou vers Groslay, suivant le cas. De même, celle du général Faron restera en position derrière Bobigny, jusqu'à nouvel ordre*. La réserve générale d'artillerie s'établira vers le même point, d'où elle pourra être dirigée sur Drancy ou Groslay. La cavalerie se massera à l'ouest de Bobigny.
Ces mouvements préparatoires achevés, dès que nous serons maîtres du Bourget et du terrain vers la route des Petits-Ponts, que notre artillerie aura suffisamment battu les points occupés par l'ennemi, d' Aulnay à Dugny, nous reprendrons l'offensive. La division Bellemare et la brigade Reille attaqueront Aulnay par la gauche et chercheront à s'y loger, pendant que le général Courty franchira la Morée entre Aulnay et Le Blanc-Mesnil, de façon à tourner ce village par l'est; la division Berthaut l'abordera par le sud-ouest. Susbielle appuiera cette attaque, en passant la Morée derrière la division Courty ; puis il prendra position entre Aulnay et Le Blanc-Mesnil ; la division Faron marchera sur Groslay, prête à repousser une attaque de flanc venant de la forêt de Bondy. La réserve d'artillerie du 2° corps et la réserve générale d'artillerie appuieront notre droite entre le canal de rOurcq et la route des Petits-Ponts. La réserve du 1" corps
1. Inslruclions pour le 21 flécembre, Ducrot, lome III, p. 397; Ihid.,ip. 145.
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soutiendra la gauche, en tirant sur Le Blanc-Mesnil et Pont- Iblon.
Ducrot affecte même de prévoir les opérations qui pourront suivre la prise de la ligne Aulnay-Le Blanc-Mesnil, mais la confiance lui manque visiblement : c Nous chercherons alors à établir notre ligne de Villepinte au Bourget en passant par Le Blanc-Mesnil, nous échelonnant ainsi par notre droite.
« Solidement établis dans ces positions, nous prendrons pour nouvel objectif la position dite Orme-de-Morlu, d'où Ton commande la Patte -d'Oie de Qonesse et la route nationale de Lille ^ »
Si Ton cherche l'idée maîtresse du général à travers cette foule de prescriptions, de détails souvent mutiles ou nuisibles, on reconnaît qu'il entend subordonner toute l'opération à l'enlèvement préalable du Bourget ; puis la 2" armée, pivotant autour de ce village, décrira une immense conversion vers le nord-ouest, en négligeant la forêt de Bondy et les hauteurs du Raincy. C'est jouer gros jeu, car l'ennemi y prendra sûrement son point d'appui pour nous attaquer de flanc ou à revers, si nous parvenons à atteindre Aulnay.
Il le pourra d'autant mieux que la diversion projetée à la droite de la 2* armée sera sans signification réelle. Le 18 décembre, Vinoy a reçu du gouverneur l'ordre d'opérer « dans la direction d'Avron » . Il reste libre de choisir son mode d'exécution*. C'est le 20 seulement qu'une lettre du général Trochu délimite un peu plus exactement l'opération à exé-
1. Inslrucliont pour le 31 décembre, Ducrot, tome III, p. 398. Ces instructions, extrômemont détaillées, lienoeut plus de trois pages petit texte dans Touvrago du général.