Qui commaDde les positions de Noisy-le-Sec
8. Lettre du W décembre au général Vinoy (Vinoy, p. 491 ). — On remarquera la singulière rédaction de cette lettre.
3. Dépêche du 20 décembre communiquée à Vinoy (Vinoy, p. «97). — Bien que le général en signale Texislence aux appendices de son livre, elle n*y est pas reproduite.
L'artillerie d*Âvron est ainsi composée :
6 pièces de 30 de marine; 2 batteries, de 12;
6 pièces de 24 court; i batterie de mitrailleuses;
2 batteries de 7; i mitrailleuFe « à main ».
Trois batteries de 7 ont quitté le plateau pour suivre la 2« armée (Vinoy, p. 296).
quement sur la forêt de Bondy et le massif du Raincy. Les colonnes qui suivront la vallée de la Marne prêteront le flanc au feu des batteries allemandes postées sur les coteaux à Test du mamelon de Chelles. D'autres pièces les canonneront de front. Il leur faudra cheminer dans une sorte de couloir étroit, dominé, enfilé de tous côtés. Vinoy jugerait préférable de se porter directement sur Le Raincy, en deux colonnes, dont Tune passerait par Gagny et l'autre par Villemomble. Elles seraient ainsi soutenues efficacement par Tartillerie d'Avron et du fort de Rosny. Si elles prenaient pied sur les hauteurs, elles menaceraient Tennemi aussi bien dans la vallée de la Marne que vers le nord.
Ce projet arrêté, Vinoy en rend compte au gouverneur le 20, à 9 heures du soir. La réponse ne se fait pas attendre : c Vous ne pouvez pas, quant à présent, prendre Le Raincy pour objectif*. Je crois Tentreprise possible, mais elle porterait le plus grand trouble dans Topération principale, et nos troupes y seraient assommées par notre artillerie déposition, dont tous les feux convergent sur la forêt de Bondy. Je répète que votre premier objectif est Ville-Evrart et Maison- Blanche, d'où vous menacerez directement le pont de Gournay, qui est le passage de toutes les masses et de tous les convois ennemis. Vous verrez si vous pouvez aller jusque-là et détruire le pont. Ce serait d'une immense importance"; mais il faudrait vous y tenir, car je le crois en pierre. 11 faut avertir Avron de cette entreprise possible et l'inviter à vous aider quand vous avancerez et quand vous prononcerez votre retraite. Nous serons probablement en ligne à partir de huit heures.
« P. S. — Défendez expressément au colonel Stoffel de tirer sans but dès le matin ; cela révélerait la puissance de
1. La dépêche de Vinoy est ainsi conçue : « Je compte attaquer les hauteurs du Raincy en les prenant à revers par Gagny, pour baitre avec mon artillerie le Val de Livry. Je me tiendrai sur la hauteur le plus longtemps possible pour proléger le mouvement de la 2« armée. Prière de faire connaître l'heure de votre mouvement pour déterminer celle du mien. « (Vinoy, p. 298.)
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notre artillerie au grand dommage de nos affaires ; il ne tirera que successivement, au fur et à mesure que Tennemi démasquera ses batteries ou montrera ses groupes ^ »
Les raisons ainsi développées par le général Trochu semblent contestables. En quoi l'action de notre artillerie, c dont tous les feux convergent sur la forêt de Bondy » , peut-elle nous empêcher de prendre Le Raincy pour objectif? Il serait aisé, le cas échéant, d'assigner d'autres buts à nos batteries de position. De plus, comment pourrons-nous marcher sur le pont de Gournay, sans l'appui d'Avron, entre les deux lignes de hauteurs du Raincy et de Noisy-le- Grand? Vinoy est très faible en artillerie de campagne, huit batteries seu* lement. Sa démonstration est, d'avance, frappée d'impuissance s'il l'opère dans la vallée. Vers Le Raincy, au contraire, elle serait d'un effet beaucoup plus immédiat sur la 2*^ armée et pourrait être puissamment soutenue par les batteries d'Avron.
En assignant à Vinoy des moyens d'action et un rôle aussi insignifiants, le gouverneur paraît obéir autant à son engouement mal justifié pour Ducrot^ qu'à des préventions aussi peu fondées contre l'ancien commandant du 13' corps'. Cet officier général n'eut assurément pas, pendant le siège, le rôle qu'indiquaient ses services antérieurs et sa haute situation militaire.
Pour en revenir aux derniers ordres de Trochu, l'attaque des hauteurs du Raincy est abandonnée. La division d'Hugues agira simplement dans la plaine, contre la Maison- Blanche, en poussant deux ou trois bataillons sur les hauteurs voisines. Son mouvement sera subordonné à celui du général de Malroy qui, par Neuilly-sur-Mame , enlèvera Vilie-Evrart et se portera ensuite assez avant pour battre le pont de Gournay. Le rôle de Malroy est double; il empê-
1. DJpâche du «o décembre, 10>^ 05 du soir, venaot d^Auberviiliors, remise à Rosny à 11^40 (Vinoy, p. 293). A comparer avec les instructions du colonel SiofTel, reproduites ci -dessus, p. 65.
2. Voir Trochu, Œuvres posthumes, tome I«», p. «60. s. Trochu, ibidem, p. 298, 894 et pcLssim,
chera rennemî d'emprunter ce moyen de passage et attirera son attention sur la Marne *.
Nous avons dit que Yinoy dispose de huit batteries seulement. Encore ne peut-il les obtenir qu'avec la plus grande difficulté. Suivant les dispositions adoptées par le gouverr neur, la 3* armée devrait posséder quatre batteries le 16 dé* cembre'. Quatre autres lui sont annoncées, mais le général Guiod, commandant supérieur de l'artillerie, refuse de s'en dessaisir, parce qu'il aura bientôt besoin de leurs attelages pour des mouvements de matériel !
Le 20 décembre, sur l'ordre de Vinoy, le commandant de l'artillerie de la 3* armée, général Favé, donne l'ordre à ces quatre batteries de venir s'établir au fort de Rosny. Mais Guiod interdit aussitôt ce mouvement et il faut que Vinoy ait recours au gouverneur pour obtenir qu'il soit tardivement exécuté ^ On voit quel esprit anime le commandement de nos armes spéciales. Il en est venu à tenir compte de ses prérogatives beaucoup plus que des intérêts généraux. Il annule l'autorité des commandants d'armée et de corps d'armée sur les unités de l'artillerie ou du génie. Il abuse de la condescendance du général Trochu au point d'entraver la défense.
Outre celles du plateau d'Avron, dont les travaux ont été conduits « avec une bien regrettable lenteur* », des batte-
1. Général Favé, Deux combats d'artillerie sous les murs de Paris, p. 77. — VÎDoy ne mentionne pas les instructions qu'il donna le matin du 81 décembre (p. 304).
2. S batteries détachées au plateau d'Avron, 1 batterie attachée à la brigade Biaise. Les 4 autres sont 1 batterie de 1^, 2 do 4 et 1 de mitrailleuses (Favé, p; 70). Le général Vinoy, p. 298, annonce des pièces à Tappui de cet incident, mais il n'en existe pas aux appendices de son livre.
3. c ... Je reçus à ce sujet du général commandant supérieur de rartillerie deux dépêches, Tune m*informant que les batteries ne se mettraient pas en mouvement et qu'elles n'obéiraient qu'a un ordre exprès émané directement de lui, l'autre me demandant qui avait pu ordonner le déplacement de deux de ses batteries de canons à balles » (Favé, p. 73). Finalement, chacune des divisions opérant sous les ordres de Vinoy eut quatre batteries, dont une de canons à balles (Vinoy, p. 298; Favé, p. 77).
4. Vinoy, p. 293. Les épaulements étaient à peine terminés et les tranchées qui devaient les réunir tout au plus ébauchées, le réduit seulement commencé (ibidem).
ries s'élèvent en grand nombre de la station de Bondy à La Courneuve, avec un total de 66 pièces dont 6 mitrailleuses et 12 canons de campagne. Le reste est de gros calibre \
Les mouvements préparatoires voulus par cet ensemble de dispositions s'exécutent le 20 décembre, non sans qu'on abuse des voies ferrées pour des distances très restreintes. La division Berthaut, embarquée aux stations de Clichy et des Batignolles, débarque entre Aubervilliers et La Courneuve. Celle du général Courty, partie de Bercy et de Saint- Mandé, va de même à l'ouest de Bobigny ; la division Mattat, embarquée à Nogent , débarque à Noisy-le-Sec *. Un grand