‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 82 sur 326 · Kunz, p · texte numérisé non relu

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pudemment jouée et sa révolte sera unanime. Elle espérait une bataille décisive, elle n'a eu qu'une escarmouche \ Où sont « les sentiments, les espérances, les fermes résolutions », dont était remplie l'âme du gouverneur* ?

Une note parue au Journal officiel du 23 aggravera encore ces impressions. Il semble qu'on y entasse à plaisir les affirmations imprudentes. « La journée d'hier n'est que le commencement d'une série d'opérations. Elle n'a pas eu, elle ne pouvait guère avoir de résultats définitifs. Mais elle peut servir à établir deux points importants : l'excellente tenue de nos bataillons de marche engagés pour la première fois, qui se sont montrés dignes de leurs camarades de l'armée et de la mobile, et la supériorité de notre nouvelle artillerie qui a complètement éteint les feux de l'ennemi*. . . » S'il en est ainsi, pourquoi avoir arrêté Ducrot? Que pensera Paris quand il verra une complète inaction succéder à cette apparence de combat? L'excellente tenue des bataillons de la garde nationale est une amère dérision. Ils ont été placés le plus loin possible du feu, et cette épreuve, si adoucie qu'elle ait été pour e^x, n'a pas toujours réussi^. « La supériorité de notre nouvelle artillerie » n'a pas été mieux démuntrée. Les Allemands ont forcé plusieurs de nos batteries à la retraite et, malgré l'appui des forts, ont tenu devant un nombre de pièces de beaucoup supérieur au leur. Ce n'est pas «l'état de l'atmosphère » qui nous a empêchés de prendre Le Bourget, mais bien quatre bataillons prussiens, aidés par nos dispositions vicieuses^.

!. J. Fttvre, tome II, p. 189; KuQz, p. 7î.

2. Ordto du 18 décembru 1870. — Le premier rapport, daté du 2 1, à s heures, est ainsi conçu : a L'ottnqUo a commencé ce m.ilin sur un grand développement, depuis le Monl-Valérien jusqu^'à Nogent. Le combat est engagé et continue avec des chnnces favorables pour oous «ur tous les poinis. .. ». Signé SchmiLz (L. Larchey, p. 203).

3. Journal officiel du 28 décembre; Ducrot, fome IH, p. 189 ; Jules Favre, tome II, p. 196. Cette noie est datée du tt décembre, à 3 heures, et signée Jules Favre.

4. Voir plus haut, p. 91. Leurs bataillons étaient à 5 icilomôtres du vrai champ de bataille (Ducrot, tome III, p. ]90j.

5. Le 26 décembre, le général Trochu invoque une autre explicalion non mol us invraisemblable : « Le dernier échec du Bourget ne tient que de ce

LE BOURGBT - VILLE-ÉVRAET. lOS

En tant que conception, la diversion du général Vinoy laisse autant à désirer que l'opération principale. L'ancien commandant du 13*^ corps a une idée juste : celle d'attaquer les hauteurs du Raincy-Montfermeil , afin de dégager la 2"" armée. Sans doute l'attaque sera dure ; l'eni^emi occupe un terrain favorable à la défense, sur lequel il a construit des batteries qu'il démasquera bientôt contre le plateau d'Avron. Mais il ne peut nous résister que de front; nos colonnes seront efficacement soutenues par le canon du plateau. La forêt de Bondy, attaquée de front par Ducrot, sur le flanc gauche par Vinoy, peut être plus aisément enlevée.

Le gouverneur en juge d'autre sorte. Sous prétexte d'éviter que « nos troupes soient assommées par notre artillerie de position, dont tous les feux convergent vers la forêt de Bondy », il prescrit à Vinoy de cheminer le long de la Mame^ sur « le pont de Gournay » \ Mais ce pont n'a pas toute l'importance qu'il lui prête. Plusieurs autres existent en amont^ de sorte qu'il n'est pas le « passage de toutes les masses et de tous les convois ennemis ». Même s'il tombait aux mains de Vinoy, les communications des Allemands ne seraient pas coupées entre les deux rives.

D'ailleurs, pour y arriver, la tâche est singulièrement difficile. Vinoy, qui dispose de très peu d'artillerie, va marcher le long de la Marne, en ayant sur son front les hauteurs de Chelles, sur sa droite celles de Bry, Noisy, Champs, à portée de battre très efficacement la vallée et qu'il ne peut attaquer, puisqu'il en est séparé par la rivière. Comment, dans ces conditions , franchira- 1- il le défilé compris entre Petit- Paris et Ville-Evrart ? Ses colonnes seront rapidement con-

qu*uQ régiment s'esl débandé; rartillerie a cru qae reDoemi avait repris les positions et a malheureusement tiré sur les points encore occupés par la marine, dont les officiers ont été tués. Voilà ce qui a fait échouer cette journée bien commencée. » (Procès-verbaux des êéanees du gouvernement.)

1. Télégramme du gouverneur, cité par Vinoy, p. 49S. Le pont en pierre de Gournay a été détruit, mais rennemi en a jelé un autre en amont de Gournay et un à la hauteur de Montapeine (État-major prussien, plan 96). — M. Duquet prend texte de ce passage pour incriminer, un peu légèrement, a rignorance inexprimable » du général (p. 115). Vinoy avait non pas 4 batteries, comme l'admet M. Duquet, p. 119, mais 8 (Voir plus haut, p. 68).

train tes de s*arrêter. Donc il est impossible que sa diversion ait une portée sérieuse ; il ne pourra même pas arriver au pont de Gournay^ bien loin d'empêcher Tennemi de se renforcer sur la rive droite de la Marne. Telles qu'elles sont combinées, ni cette démonstration, ni l'opération principale ne portent l'empreinte d'une volonté ferme, ayant conscience du but à atteindre et des difficultés à vaincre malgré tout. Durant le siège il n'en est pas où le commandement se soit montré plus inférieur à sa tâche.

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