F. Sarcey, p. 227. Voir plus haut, p. 92 et
ennemis ; une autre fois, que six d'entre eux avaient déserté, complotant d'emmener un grand nombre de leurs camarades, et M. Trochu avait jugé à propos de vouer solennellement leur conduite à Texécratioii de tous les patriotes...* » Partout, à Rueil, au Moulin-Saquet, sur la Marne, on signale une sorte de trêve tacite, sinon d'entente coupable avec l'ennemi. «On s'invite même à boire quelquefois», et des Français trop confiants ont déjà été les victimes de ces louches pourparlers. « On les a retenus prisonniers. Peut-être n'ont-ils pas voulu revenir* ? »
La plupart de nos officiers sont « de braves gens, bien décidés à faire leur devoir un jour d'action, mais ils ne croient pas au succès définitif. Ils ne portent pas en eux cette flamme intense de la foi, dont la chaleur est si communicative. De leur cœur tout plein d'amertume débordent les propos décourageants, les récriminations et les plaintes, ces dissolvants ordinaires de toute discipline' ».
Nos eflPectifs s'affaiblissent toujours davantage. « On rapportait par centaines aux ambulances les soldats gelés à leurs postes *. » — « Beaucoup de cadavres étaient trouvés à l'état de momie. . . On voyait des malheureux dont les pieds et les mains se détachaient d'eux-mêmes*.» Autour du Bourget seulement, plus de six cents hommes sont frappés de congélation®. Si la grande masse des troupes souffre cruellement quoiqu'elle demeure inactive derrière les lignes, que dire des travailleurs, exposés sans abri dans la plaine glacée, et surtout des sentinelles placées en avant d'eux, «sentinelles perdues, bien perdues, car la plupart doivent être mortellement frappées par le froid pendant cette faction redou-