‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 98 sur 326 · PARIS A LA FIN DE DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

PARIS A LA FIN DE DÉCEMBRE

Paris pendant la bataille du Bonrget. — La nuit de Noël. >— Le jour de l'an. — Les clubs. — Les Journaux. — La charité. — Le pain. — Les vivres divers. — Le froid. — Le chauffage. — Les ambulances. — La mort.

Pendant toute la nuit du 20 au 21 décembre, clairons et tambours des bataillons de marche ont annoncé la sortie. On rencontre des gens en armes dans toutes les rues. De la cour des Tuileries part le long cortègs des Ambulances de la Presse : grands fourgons des magasins du Louvre, omnibus des compagnies d'Orléans et de Lyon, voitures matelassées de Binder, auxquelles la pâle lueur des lanternes et les robes noires des frères des Écoles chrétiennes donnent un aspect lugubre*. Ailleurs, au quartier Gaillon, l'animation à 3 heures du matin est aussi grande que d'ordinaire à 6 heures du soir. « Les marchands de vin ont ouvert leurs boutiques, où Ton boit gaiement le coup de Tétrier : ce ne sont que des chants, des embrassements , des poignées de main, des souhaits et. . . des larmes.

« Sur les boulevards, on voit, marchant fièrement à droite et à gauche des bataillons, des femmes, des jeunes filles, portant le fusil du soldat aimé*. . . »

Puis la journée s'avance. Des groupes s'accumulent aux portes de TEst, à Belleville, à la Villette, à la barrière du Trône. On attend anxieusement ; on interroge les blessés, les ambulanciers. Chacun dit ^on mot, son commentaire ; chacun développe son plan. Le bruit de la canonnade trompe sur Pimportance du combat. On croit que nous gagnons du terrain®.

Ces illusions sont bien vite dissipées. Les journaux an-

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