CHAPITRE XXIII
ÉVACUATION D'aVRON
Évacuation du plateau. — Lutte d'artiUerie contre les forts de l'est. Etît.'t moral de l'évacuation.
Pour des raisons évidentes, l'évacuation du plateau ne peut avoir lieu de jour. Il est prescrit que l'arsenal de Vincennes fera parvenir aux abords du fort de Rosny tout le matériel nécessaire. Dans la nuit du 28 au 29 décembre, on le dirigera sur le plateau et l'on travaillera sans discontinuer, de façon à terminer l'opération de grand matin. Les troupes battront alors en retraite et la division d'Hugues viendra occuper les environs de Charentou.
Les ordres du gouverneur sont ponctuellement exécutés. Lui-même s'est rendu à Vincennes pour activer leur exécution. Comme la veille, le tir des Allemands, plus lent vers le soir, cesse complètement à la nuit close. Le silence n'est troublé que par le roulement sourd des voitures qui gravissent les pentes raidcs du plateau \
L'enlèvement des pièces et des projectiles de campagne est facile, non celui des canons de gros calibre, qu'il faut déplacer par une nuit obscure, avec l'obligation expresse de ne pas allumer de feux. De même on doit retirer leurs obus, un à un, de poudrière.s en partie écroulées. Pour ces délicates opérations, le colonel Stoffel est puissamment secondé par l'amiral Saisset, qui amène du fort de Noisy un renfort d.e marins". Mais le roulement incessant des voitures finit par attirer l'attention de l'ennemi. Vers minuit, ses batteries ouvrent contre le plateau un feu lent, heureusement trop incertain pour troubler l'évacuation. A 4'' 10 du matin, un