‹ Siège de ParisChapitre 150 sur 326 · J. Favre, lome II, p. 29 1 et suiv · texte numérisé non relu

J. Favre, lome II, p. 29 1 et suiv

•-'. Procés-verbaux cités, 9 janvier, Dacrol, tome III, p. 280.

3. Procès-verbaux cités; Ducrot, lome IV, p. 398. — L'Avenir national, le Siècle, VOpinion nationale, le Conslilutionnel, laGazetle de France, la France, l'Univers, le Réveil, lo Rappel, le Combat se pro.nonçaieut conire; les Débats, le Temps, le Journal de Paris, ie Moniteur universel, le Soir, le Fi-ancais, hi Patrie, la Vérité, ['Ami de la France étaient pour. Lire dans le Rappel des 14, 15, it; janvier les articles de MM. Locliroy, Paul Meurice et Charles Hugo; le Réveil du 14 janvier,

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et quand Paris était écrasé » sous les obus allemands. « On n'y verra qu'une faiblesse, et l'irritation violente qui se manifeste déjà contre le gouvernement amènera infailliblement une sédition. . . La bienveillance prétendue de l'Europe est une chimère. . . Son changement actuel de langage cache certainement un piège. Elle veut infliger à notre République une humiliation mortelle. . . La France sanglante et trahie ne peut s'exposer à cet affront ' . . . »

On voit à quel degré d'incohérence la fièvre obsidionale amenait les esprits. Les exagérations les plus manifestes, les inventions les plus absurdes trouvaient créance. Au conseil, la discussion se prolongeait sans utilité. Jules Favre marquait l'intention de se faire représenter, s'il y était forcé, non par M. de Chaudordy, « un homme spécial », disait-il avec une amusante nuance de dédain, mais par Louis Blanc. A quoi Jules Simon répondait, non sans esprit, qu'autant vaudrait envoyer Victor Hugo ou Ledru-Rollin^

Enfin on adoptait une décision qui n'en était pas une. On acceptait l'invitation à la conférence, en prenant ses dispositions pour ne pas s'y rendre ^ Jules Favre écrivit dans ce sens à lord Granville. Tout en protestant contre la pensée d'abandonner ses concitoyens au moment où ils étaient victimes du bombardement, il annonçait l'intention de demander un sauf-conduit par l'intermédiaire de M. Washburne*. En

j. J. Favre, tome II, p. 294.

2. Procès-verbdujc cilés, ii janvier, Ducrol, lomc III, p. 28S.

3. M. Trocliu formule ainsi la question en la mettant aux voix:

« M. Jules Favre doit-il écrire à lord Granville pour accepter en principe l'invilalion à la conférence, en dépeignant les circonstances qui l'empùclienl de se rendre pour le moment à cette conférence? MM. Arago, Garnier-Pagès cl Pelletan. . . se prononcent pour le refus de l'acceptation. . .

'( M. Jules Favre dit qu'il va répondre à lord Granville pour accepter l'invitaiion en principe, mais pour en ajourner les suites, vu les circonstances. En même temps, il rédigera une note difilomatique qui expliquera la situation.

« Cette acceptation, avec ajournement motivii par les circonstances, obtient l'unanimité du conseil. » (Procés-vn'lxnir cWés, ii janvier, Ducrot, tome III, p. 2911 ; Jules Favre, lome II, p. 295; Dépêche de Jules Favre à M. de Chaudordy, 12 janvier, J. Favre, tome II, p. 298.)

4. Dépêche à lord Granville; Jules Favre, tome II, p. 29G, la date à tort flu 10 janvier. Il en donna lecture le 12 au conseil (Procès-i'prbaux cités, Ducrol, lome ill, p. 290), et elle fut publiée le 12 [Journal du sièye, par le Ganlois, \). 409J.

même temps (13 janvier), il réclamait ce laisser-passer à M. de Bismarck', mais avec l'intention de n'en point profiter". Toutefois, ses idées ne tardaient pas à se modifier de nouveau, sous l'influence du dehors. «L'opinion se fait en faveur d'un départ pour Londres » , écrivait-il le 14 à M. de Chaudordy. Si les sauf-conduits « m'arrivent d'ici à deux ou trois jours, je consulterai le gouvernement, et, s'il m'y autorise, je partirai de suite ^. »

Le 16, la note est déjà tout autre : « L'envoi du sauf-conduit me mettrait dans un cruel embarras. Paris ne veut pas que je parte, et je serais horriblement malheureux de le quitter*. » D'ailleurs, M. de Bismarck allait dissiper ces incertitudes. Dans une lettre du 16, remise le 17 à nos avantpostes, il se donnait la joie de persifler sans pitié l'apprenti diplomate qu'était Jules Favre, alléguant la prétendue impossibilité d'entrer dans une négociation ofticielle avec un gouvernement qui n'était même pas reconnu par la France elle-même. Sans doute les autorités militaires auraient pu accorder un sauf-conduit, en ne tenant aucun compte de la qualité du ministre et du but de son voyage. Mais l'ambassadeur du roi de Prusse à Londres eût alors eu toute liberté de protester contre sa présence^. Sa démarche officielle interdisait de déférer à son désir. M. de Bismarck ajoutait un

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