J. de Marlbold, p. 248; Hobolsky, p
7. De Poncbalon, p. 223 ; Journal du siège, par un bourgeois de Paris, p. 646.
ruines excitent plus de curiosité que d'effroi. A Auteuil, un marchand de vins, dont la maison a été frappée de quelques projectiles, s'avise d'écrire sur son enseigne, en grosses lettres : Au rendez-vous des obus, et il y a foule'. Il se mêle à cette curiosité un sentiment général d'indignation contre l'inutile cruauté de l'ennemi. Le 15, celui-ci redouble son tir sur le fort de Montrouge, dont'les bâtiments sont en flammes. «Une femme du peuple s'écrie à mes côtés, en montrant le poing à Cbâtillon : « Lâches , mais venez donc le prendre ' ! » Nulle part on ne manifeste le désir de se rendre.
«De terreurs, de gémissements, de cris, pas l'ombre. Les gamins et les pauvres gens guettent l'arrivée de l'obus : a peine a-t-il éclaté qu'ils se jettent sur les morceaux et les vendent comme souvenirs du siège ^. » Un obus entier, encore chaud, vaut 4 fr. 25 c. ; refroidi, il se vend 3 fr. 50 c.\ Au passage, on salue ces projectiles de mots drôles. Le 15 janvier, l'un d'eux tombe en pleine rue dans le VP arrondissement et crible d'éclats le voisinage. Là-dessus, un gavroche de s'écrier : « Voilà la Valence ! à deux sous la Valence ^ ! » La curiosité va jusqu'à l'extrême imprudence. On dévisse couramment la fusée des obus qui n'ont pas éclaté. On s'assemble autour d'eux, si bien que le gouverneur est obligé d'en détourner la population, par voie d'affiche. On lit cette dernière, on la trouve fort sage et personne n'en tient compte". Une plaisanterie qui court les rues est d'imiter le