F. Sarcey, p. 2G
3. 97 luûs et 278 blessas, d'après Vinoy, p. 380. Voir, à nos Annexes, la liste détaillée des perles.
4. Lettre du D' Fournie, médecin de Saiut-Micolas, Journal du siège, par le Gaulois, p. 402; F. Sarcey, p. 268.
prussien*. » Le 14 janvier, six femmes sont tuées par le même projectile, rue Lecourbe, au moment où elles faisaient queue à la porte d'une cantine municipale^.
Les obus allemands, on grand uo'.nbre, atteignent les hôpitaux, les ambulances de la rive gauche, que leur masse et leur hauteur désignent aux coups. Chaque nuit, le Val-de- Grâce, la Salpêtrière, la Pitié, l'hospice de Bicêtre, les Enfants-Malades, les ambulances du Luxembourg sont frappés ; de même pour nos bibliothèques, nos églises. Vainement les j)rotestations s'accumulent ^ Le 10 janvier, le général Ti'ochu déclare solennellement à Moltke « qu'aucun des hôpitaux de Paris n'a été distrait de sa destinati «n ancienne pendant le siège ». Il demande que des ordres soient donnés pour qu'on les épargne.
Le chef d'état-major allemand répond le 15, en attestant « l'humanité avec laquelle les armées allemandes font la guerre... Dès que la transparence de l'air et les distances moins grandes permettront de reconnaître les coupoles et les bâtiments qui portent les drapeaux blancs à croix rouge, il deviendra possible d'éviter même des atteintes dues au hasard*? » Comment Moltke peut-il signer ces assurances mensongères? « La pureté de l'air» permettra-t-elle aux artilleurs allemands de distinguer les croix de Genève, puisqu'ils tirent toutes les nuits sur Paris ?
1. F. Sarcey, p. 2t;8; L. Larchey, p. -246; J. Favre, tome II, p. 322.
2. Journal du siège, par le Gantois, p. 402. — Un décret du il janvier assimile tout Français atteint par les « bombes prussiennes « au soldat frappé par l'ennemi. De même pour leurs veuves et orphelins.
3. 5 janvier, proclamations du gouvernement et des délégués des vingt arrondissements; 9 janvier, protestations des médecins des Enfants-Malades et de ceux de la Pilié; lO janvier, déclaration de Trochu au général de Moltke; 11 janvier, protestations des médecins de la Salpêtrière et de la Charité; 13 janvier, protestations du corps diplomatique de Paris et des médecins de l'hôpital Necker et des Jeunes-Aveugles ; 23 janvier, réponse de M. Kern, doyen du corps diplomatique, à M. de Bismarck, etc. (L. Larchoy, p. 227 à 244; Jules Favre, tome II, p. 477 à 484.)
L"asile Sainte- Anne reçoit 137 obus; le Val-de- Grâce, 75; la Pilié, 47; la Salpêtrière, 3i (Enquête, rapport Chaper, pièces justificatives, n° 199).
4. Trochu, Œuvres postliumes, lome I®'', p. 510; Mollkes Korresponden:, p. 517. — Les élahlissemeuls hospitaliers de la rive gauche renfermaient alors 18,000 malades ou blessés (Trochu, toc. cit., p. 407).
Uu fait certain, c'est que les prisonniers, leurs compatriotes, sont dirigés sur l'hôpital de la Santé par le préfet de police, malgré Trochu et Jules Simon. A dater de ce moment, l'hospice, souvent atteint jusqu'alors, ne reçoit plus aucun obus\ Il est difficile de croh'e à une simple coïncidence.
La protestation du corps diplomatique de Paris reste plus inutile encore. Le 17 janvier, M. de Bismarck adresse au ministre de la Confédération suisse, M. Kern, une réponse hautaine. Elle peut se résumer en ce mot d'une énergie populaire: « Mêlez- vous de ce qui vous regarde''. » L'intention des Allemands n'est pas de détruire Paris, « ce qui serait pourtant admissible d'après le principe émis par Vattel, mais de rendre intenable la position centrale et fortifiée où l'armée française prépare ses attaques. . . » Quant aux nationaux étrangers, le seul moyen de les mettre à l'abri des dangers inhérents à un siège est la reddition de Paris. M. Kern aura beau jeu pour répondre à ces assertions impudentes (23 janvier)^. Mais qu'importe à M. de Bismarck? Il a la force pour lui, et elle suffit à ses ambitions.
Le bombardement continue sans apporter un changement sérieux à la vie publique. Les théâtres ouvrent le dimanche, 8 janvier, comme à l'ordinaire ; à l'Opéra et aux Français, la salle est comble ^ Rue Richelieu, on joue Bataille de Dames, cette médiocre comédie de Scribe, non sans provoquer la mordante indignation de Veuillot, qui voit « Paris assiégé laper ce café de portière servi froid ^». Le 15, on célèbre le 249* anniversaire de Molière devant pareille affluence". Le 17, a lieu une première à la Porte-Saint-Martin. Le 22, c'est le Mariage de Figaro qui attire une nombreuse
1. Ducrot, lome IV, p.4i2, lellre du préfet de police, M. Cresson, à Ducrot, 10 mars 1877; Procès-verbaux cilés, lo janvier, Ducrot, lome lU, p. 282. — M. F. Sarcey, p. 268, écrit que le gouverneur en donna avis à Moltke, ce qui est inexact.