Voir plus haut, p. 72 et
tache de Saint-Pierre », dont la pensée le liante visiblement, quoiqu'il y soit si peu préparé.
Faudra-t-il traiter à la fois pour Paris et pour la France ? Ernest Picard le croit. Jules Simon, Jules Ferry, Garnier Pages, Emmanuel Arago jugent qu'au contraire la chute de la grande ville ne doit pas entraîner la cessation de la guerre. La logique de la situation, dit Jules Ferry, voudrait une capitulation sans condition, à discrétion. Il ne faut pas désorganiser la défense en province \
La discussion continue ainsi , de 10 heures du soir à 1 heure un quart du matin, sans aboutir à aucun résultat pratique. Visiblement, les membres du conseil hésitent devant les responsabilités qui vont leur incomber ; ils voudraient — chimère pure — amener les municipalités élues à les partager ou même à les prendre pour elles. Quelques-uns se rendent compte que, en capitulant, Paris ne peut rien stipuler pour la France, dont il ne connaît pas l'état réel. Mais la pensée d'obtenir des conditions plus favorables en traitant pour l'ensemble du pays apparaît déjà chez Jules Favre". Il y veiTa bientôt une inéluctable nécessité.
1. Procès-ve)-bauT cilés, i7 janvier, Ducrol, tome IV, p. 294: « Pour lui (M. Arago), il ne se reconnaît le droit, ni de traiter de la paix, ni de signer une capitulation qui désarmerait la France. Son avis est que Paris doit traiter par rintermédiuire de sa municipalité. »
2. « Son avis (à Jules Favre), après l'écliec prévu, est d'envoyer quelqu'un à l'ennemi pour tàclier de-rempècher d'entrer dans Paris, ou pour obtenir qu'il n'y fasse entrer que quelques légiments. » — « Il craint que la présence de l'un des membres du gouvernement au camp prussien ne l'aulorise à di-re: Voulez-vous signer les bases d'un traité de pais, ou vous n'aurez rien. » [l'ro~ cès-verbaux cités, 17 janvier, Ducrol, tome IV, p. 297.)