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Trochu, Œuvres posthumes, tome !•''', p

2. Procès-verfiaux cités, 15 janvier, Ducrot, tome Ili, p. 294; Jules Favre, tome II, p. 327; Ducrot, tome IV, p. 67; Enquête, rapport Cliaper, p. 274; déposilion Ducrot, p. 102.

3. Ducrot, tome IV, p. 67 et suiv., voudrait établir que cette séance du couseil eut lieu le soir du lundi 16, et non le matin, comme l'écrivent M. Cliaper {Enquête, rapport cité) et le général Vinoy, p. 394. Ce dernier indique mémo les heures, de 9 à il. Jules Favre, tome II, p. 327, porte également celle réunion au matin du 16.

Ce détail n'a d'ailleurs qu'une faible importance. Sous l'influence de son ordinaire parti pris, Ducrot entend prouver par là que Jules Favre et ses collègues hâtèrent outre mesure l'opération, puisqu'on aurait eu seulement deux jours, mardi et mercredi, pour la préparer (p. 69). 11 oublie que, depuis le 8, oUe était à l'étude (Vinoy, p. 389).

Le Journal du siège', par le Gaulois, p. 413 et suiv., avance d'un jour tous les quantièmes du mois de janvier, fait qui se présente assez fréquemment dans les récits du siège, et qui donne une idée du désarroi général.

la fin prochaine du drame. On a déjà dit ce que le général Trocbu apporte de foi et d'entrain à notre dernière sortie. C'est pour lui « un grand coup du désespoir ». — « Il craint de trouver devant lui toute l'armée prussienne, car il se fait autour de Paris une véritable concentration. » Il faut prévoir un échec qui entraînerait forcément la capitulation. Vainement Ernest Picard fait remarquer qu'il y a d'abord lieu d'éviter cet échec. Le gouverneur entasse les prévisions désespérantes : « Les obus vont tomber partout » , arrêter la mouture en fracassant les moulins. — « L'ennemi s'apprête à fondre sur Saint-Denis. »

Jules Favre pense à peu près de même : « Il faut savoir envisager en face la nécessité de la capitulation », qui résultera fatalement de tout nouvel échec. Mais il prévoit des explosions de fureur de la part de Paris, à qui on a jusqu'alors caché la situation. Et toute la discussion roule ensuite sur ce thème funèbre: la capitulation, montrant combien le gouvernement a peu d'espoir dans la journée du lendemain \

D'ailleurs aucune décision n'a été prise; comme d'habitude, on attend qu'elle s'impose. Le 18 janvier, nouvelle séance. Le général Le Flô lit l'ordre par lequel il notifie sa prise de commandement en l'absence du gouverneur — qui ne s'éloignera guère — . Jules Favre donne connaissance d'un projet de proclamation que chacun s'accorde à trouver désespérant. Ernest Picard n'admet pas que la sortie du lendemain soit le dernier effort de Paris; Le Flô pense le contraire, si bien qu'il annonce l'abandon « des positions de Drancy, Bondy, Groslay et Créteil, qui divisent les forces sans intérêt pour la défense ». Nul ne fait une objection. — On adopte à l'unanimité une autre proclamation, proposée par Jules Simon. Elle est de belle allure, mais combien peu justifiée par la pseudo-sortie du lendemain ! Quand seronsnous sruéris de la manie des mots * ?

1. Procès-verbaux cités, 17 janvier, Ducrot, lome III, p. 294.

2. « Un succès ou une défaiie grandiose peuvent seuls sauver le côté déclamatoire de cette proclamatiou » (L. Larchey, p. 255). « Que l'opinion publique fasse donc enfin comprendre la dignité du silence, puisqu'oux-mémes ne la

Le même jour, 18 janvier, commencent les mouvements préparatoires de la sortie, ^'ers 1 heure de Taprès-midi, la division Bellemare défile tout entière dans la rue de Rivoli pour remonter les Champs-Elysées \ Paris va livrer sa dernière bataille. A Versailles, le palais du grand roi voit proclamer l'unité allemande sous Tempère ur Guillaume. La Prusse rétablit à son profit l'empire germanique, premier résultat tangible de cette malheureuse guerre- !

sentent pas, à tous ces hommes qui font queue pour signer les proclamations gouvernementales. » (Le Français du 20 janvier.)

Cette proclamation est ainsi conçue :

« Citoyens,

CI L'ennemi tue nos femmes et nos enfants; il nous bombarde jour et nuit; il couvre d'obus nos hôpitaux. Un cri : Aux armes ! est sorti de loutes les poitrines.

t Ceux d'entre nous qui peuvent donner leur vie sur le champ de bataille marclieront à l'ennemi; ceux qui restent, jaloux de se montrer dignes de l'héroïsme de leurs frères, accepteront, au besoin, les plus durs sacrifices comme un autre moyen de se dévouer pour la patrie.

a Souffrir et mourir, s'il le faut; mais vaincre. Vive la République ! »

Suivent les signatures de sept membres du gouvernement, de trois ministres et de quatre secrétaires.

Le 16 janvier, le Journal officiel publie une longue liste de nominations dans la Légion d'honneur. On y voit le testament du gouverneur et les critiques sont nombreuses. On décore des personnes qui n'ont jamais vu le feu. La proclamation du gouvernement est regardée comme « le chaut du cygne ». (Colonel de Ponchalon, p. 224 et 228.}

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