Ducrot, tome IV, p. 7G. Voir nos Annexes
lonnes par des liens assez lâches. Quant aux unités secondaires, colonnes d'attaque, réserves diverses, divisions, elles ne disposent d'aucune batterie qui leur soit d'avance affectée.
On devine ce que peut être une organisation ainsi improvisée, au moyen de fractions des trois armées de Paris, rassemblées la nuit même qui précède l'action. Il n'y a ni homogénéité, ni cohésion, pas même de liens tactiques sérieux ^ Cette masse, d'environ 90,000 hommes d'infanterie, avec trente batteries, va combattre sur un front qui mesure, de Croissy à Saint-Cloud, cinq à six kilomètres seulement. Ils y seront entassés, dans l'impossibilité de faire valoir leur supériorité numérique, celle de leurs feux d'infanterie et d'artillerie. Si l'on a prétendu « suppléer à la qualité par la quantité », comme dit Ducrot, le calcul est faux : pour déboucher dans la presqu'île du Mont-Valérien, nous n'avons que deux passages, le pont de Neuilly et celui du chemin de fer d'Asnières. L'écoulement de nos trois colonnes sera d'une extrême lenteur. Leurs têtes auront, dès longtemps, pris le contact de l'ennemi, que des troupes seront encore à l'est de la Seine, dans l'impossibilité d'intervenir en temps opportun -.
D'ailleurs, la configuration du terrain nous est défavorable. On sait l'aspect qu'il présente autour du Mont-Valérien. La croupe isolée sur laquelle se dresse cette forteresse s'épanouit largement vers le nord-est, pour dessiner la presqu'île de Gennevilliers. A l'est, elle descend en pentes rapides à la Seine, par Suresnes. A l'ouest, vers Chatou, l'espace est plus étendu et le ressaut moins marqué.
1. Ducrot, tome IV, p. 78; Histoire critique du siècle de Paris, p. 197. — Le général Vinoy, p. 400, donne à l'armée un effectif de 84,250 hommes d'infanterie (27,.ï00 hommes, colonne de droite, non compris les 12 bataillons de Roeil; 31,500, colonne du centre; 22,500, colonne de gauche). M. Joguet- Tissot, les Armées allemandes sons Paris, p. 489, la porte à 92,000 hommes, sans les 12 bataillons de Rueil; M. Cliaper, dans son rapport, p. 207, à 7i,95o hommes, sans ces 12 bataillons, ni les brigades Hanrion et Valette; enfin, le major Kuuz, Die Schlacht vor dem Mont-Valérien am 19. Januar 1871, p. s, à 88,080 fusils et 180 pièces de campagne, tout compris.
2. Ducrot, tome IV, p. 78. — Le général omet d'ajouter que le 30 novembre, à Champigny, l'entassement des troupes sous ses ordres n'était guère moindre. Il montre son ordinaire partialité dans tout ce qui regarde la bataille de Buzenval, qu'il n'a pas préparée.
Vers le sud-ouest, daus la direction de Versailles, on rencontre d'abord une dépression transversale très accusée, au delà de laquelle le sol se relève en pentes raides, pour former une ligne de hauteurs barrant entièrement la presqu'île, de Bou^ival à Saint-Cloud. Ce sont les positions que nous avons laissées à l'ennemi et où il va nous arrêter. Leur ensemble est des plus avantageux : de grands parcs enclos de murs, de fossés, de h.iies; des jardins, des pxrcelles boisées, des maisons ; en arrière, un terrain couvert, accidenté, offrant à chaque pas des points d'appui, des lignes de résistance.
Pour user de leur supériorité numérique, nos troupes devront franchir le « goulot de bouteille » de Bougival à Saint- Cloud\ Pourront- elles y parvenir?
La tâche sera d'autant moins facile que l'ennemi s'attend à une sortie'^, qu'il a habilement préparé sa défense, surtout depuis l'alerte du 21 octobre. Ses avant-postes s'étendent de la Seine, près de La Malmaison, jusqu'à la redoute de Montretout et à l'extrémité de Sèvres. Cette première ligne est assez faible, sauf à gauche^ où des ouvrages, établis sur le coteau de La Jonchère et dans le ravin de Saint-Cucufa, servent de réduit.
Une autre ligne va de Bougival, par des redoutes construites à l'est de La Celle-Saint-Cloud, sur le haras Lupin (Fohlen-Koppel), l'hospice Brezin, jusqu'au parc de Saint- Cloud où elle pénètre par la porte de Villeneuve. Puis elle forme saillant vers le nord, redescend au sud à l'Etoile de chasse et gagne enfin la Lanterne de Diogène. De très solides points d'appui y sont réportis : le haras Lupin, VAlbrecht- Schanze, l'Étoile de chasse ^
La troisième ligne va de Louveciennes à Chaville par Les Gressets, Bellebat, le château de Bcauregard, Vaucresson.