‹ Siège de ParisChapitre 198 sur 326 · Vinoy, p · texte numérisé non relu

Vinoy, p

2. Major von Blume, Die Operalionen der deutschen Heere von der Schlaclit bei Sedan bis zum Ende des Ki-ieges.

3. Ces instructions sont intégralement reproduites par Ducrot (tome IV, p. 82) et Vinoy ip. 519). Nous les résumons ci-après.

la propriété Pozzo di Borgo, sur la lisière ouest de Saint- Cloud, et l'occupera fortement en surveillant la gare et le parc de Montretout. Une fraction poussera jusqu'à la villa Zimmermann, «afin de sui*veiller le carrefour de la grille d'Orléans et le parc de Saint-Cloud » . Un autre, passant entre la Seine et le chemin de fer, ira occuper les enclos de Béarn et Armeugaud, afin d'appuyer notre extrême gauche.

Ces opérations terminées, l'artillerie de la colonne, qui l'aura suivie, s'établira en avant de la redoute, de manière à battre la dépression de Garclies et l'espace de la Porte-Jaune à la Bergerie. L'infanterie s'étendra sur sa droite, pour se relier à la colonne du centre. Elle aura été appuyée dans son mouvement par le canon du 6* secteur de l'enceinte.

Le centre de l'armée se rassemblera entre le Mont-Valérien et La Fouilleuse. Il formera trois groupes. Celui de gauche, passant au sud de cette ferme, se portera sur la maison du Curé . Le groupe du centre, traversant La Fouilleuse, puis la route de l'Empereur, atteindra la cote 155. Celui de droite, contournant la ferme à l'ouest, marchera directement sur le mur de Buzenval, où des ouvertures seront pratiquées au saillant central. Il gravira ensuite les pentes. Le premier de ces groupes qui atteindra les crêtes « poussera vigoureusement (en se maintenant toujours sur le plateau), ouvrant par des brèches nombreuses les murs » qu'il rencontrera, et enlèvera la maison Craon.

Quant à la colonne de droite, elle se massera entre Les Gibets et la maison Crochard, dans le ravin qui descend vers le parc Masséna. Elle se partagera en deux fractions ; celle de gauche, destinée à appuyer la droite de Bellemare, marchera sur le château de Buzenval et pénétrera dans le parc, « à droite de ce château » . Elle gravira ensuite les pentes, occupera la partie haute du parc et pratiquera des brèches dans le mur. pour déboucher sur le plateau de la Bergerie.

1. Dite aussi maison de la Guette, sur le chemin de ce nom, qui suit la croie descendant du parc de Buzenval vers Saint-Cloud. La route de l'Empereur est celle de Saint-Cloud à La .Malmaison. La maison Craon est entre la ferme de la Bergerie et Garclies, sur un saillant des hauteurs.

La fraction de droite, « longeant la crête entre le Pignon ^ et le Longboyau », montera par la ligne de plus grande pente que suit le mur du parc de Buzenval. Elle se reliera aux troupes de gauche, en se gardant très fortement sur sa droite. Elle se divisera pour gagner la tête du ravin de Saint-Cucufa à l'étang Sec, puis cherchera à tourner par la droite le haras Lupin.

« L'artillerie de la colonne du centre ne pourra commencer son mouvement en avant » que lorsque les troupes lui laisseront un passage libre. Elle le prononcera « sur le chemin qui aboutit au point 155 ». Celle de Ducrot s'établira le plus tôt possible sur la crête qui s'étend du Pignon à Longboyau, « pour battre La Jonchère, les bois de La Celle et de La Malmaison ». Elle sui%Ta le mouvement général, dès que le plateau de Garches sera fortement occupé. Un fort détachement couvrira sa droite, en occupant la station de Rueil.

A ces instructions, signées Schmitz, est joint un ordre du général Trochu, portant que « trois coups de canon précipités, tirés du Mont-Valérien à 6 heures du matin, après un silence de toute la nuit » donneront le signal de se porter eu avant'.

On voit dans quel détail entre le gouverneur. La marche de chaque groupe est réglée à l'avance, comme si l'ennemi ne pouvait la modifier. Que de recommandations inutiles ou inapplicables ! On prend la peine d'indiquer au génie de la colonne de di-oite qu'il ouvrira des brèches dans le mur de Buzenval « à l'aide de pétards ou à la pioche » ; aux commandants de colonne, qu'ils auront à établir leurs réserves à portée des troupes d'attaque, « de manière que celles-ci puis- .sent être ou soutenues ou remj)lacées en temps opportun ». Quelle initiative reste aux généraux Yinoy, de Bellemare, Ducrot, et, h fortiori, à leurs sous-ordres? Que deviendra ce laborieux échafaudage de combinaisons au premier coup de feu allemand?

1. Maison sur la route de l'Empereur, au sud-est du parc de La Malmaison.

2. Ducrot, tome IV, p. 86; Vinoy, p. 526. Ce dernier, p. 525, fait suivre les instructions du 18 janvier de « rensQignemenls pour le général de Valdau d, dont la fin est incompréhensible.

On a prétendu tout prévoir à partir des trois points de concentration, et l'on néglige la question capitale, celle qui, justement, exige des ordres précis, d'une exécution délicate : les mouvements préliminaires à opérer par nos troupes. Elles sont éparses sur tout le pourtour de Paris. Aucun itinéraire ne leur étant désigné, elles « vont fatalement se croiser, s'enchevêtrer », au prix de désordres et de retards peut-être irréparables*.

Les instructions pour le 19 janvier ne sont donc à l'honneur, ni du général Trochu, qui doit en supporter la première responsabilité, ni de son état-major, dont l'instruction technique laisse évidemment beaucoup à désirer. Comment admettre en effet, avec Ducrot, que, du 16 au 19 janvier, le temps ait manqué pour arrêter les détails d'une opération prévue depuis le 8? Si les préparatifs sont incomplets, c'est que l'armée de Paris n'est qu'imparfaitement organisée. Les bataillons de mobilisés, simplement groupés en régiments de quatre bataillons, forment une masse de lourdeur extrême, n'ayant aucun point commun avec les brigades, les divisions, les corps d'armée déjà constitués. Quant à ces grandes unités, celles de la 1" armée n'ont jamais eu qu'une existence factice, puisqu'il leur manque des éléments essentiels, tels que l'artillerie. Celles de la 2* armée, constamment remaniées, ne valent guère mieux. Toutes ces forces n'ont ni cohésion, ni organisation réelle. Ce sont des fractions passagèrement assemblées, tant bien que mal, non des années ou des corps d'armée. Quelle unité d'action peut-on en attendre?

Dès qu'il reçoit l'ordre du 18 janvier, Ducrot se rend auprès de Trochu et lui montre que l'encombrement du rondpoint de Courbevoie empêchera fatalement nos têtes de colonne d'atteindre à 6 heures les points fixés". Il propose d'attendre, pour donner le signal, que chaque colonne soit

1. Ducrot, tome IV, p. 8G. — Le général Trochu écrit en propres termes {Œui-res posthumes, tome V, p. 528) : « Quels calculs de marclie, quelles prévisions des états-majors auraient pu écarter ces inévitables complications?» C'est pousser la philosophie un peu loin.

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