MOUVEMENTS PRELIMINAIRES
Mouvements des 17 et 18 janvier. — La concentration. — Ordres donnés pour le déploiement. — Euclii'vètrcnient des colonnes.
Les mouvements en vue de la constitution de nos colonnes commencent dans la matinée du 17 janvier et se poursuivent jusqu'à celle du 19. Le soir du 18 seulement, chacun de leurs groupes est renforcé par les bataillons de mobilisés qui leur sont rattachés. Le lendemain, ils ne connaîtront pas leurs chefs et n'en seront point connus. Ils sont pourtant, en général, animés des meilleures dispositions \
A la colonne Vinoy, une fraction de la division Beaufort occupe déjà le ]\Iont-Valérien et ses abords. Le reste vient le soir du 18 se masser au rond-point de Courbevoie^. La division Courty, partie des Lilas le même jour, vers 4 heures du soir, s'embarque à la station de Belleville-Villette (7 heures) et se rend à Puteaux par le chemin de fer de ceinture. L'artillerie s'établit sur l'avenue de Courbe voie.
A la colonne Bellemare, les brigades Fournès et Colonieu partent de Montreuil et de Bagnolet le 17 au matin, pour Courbevoie où elles cantonnent. Celle de Valentin, quittant Villejuif le 17, va bivouaquer à gauche de l'avenue de Neuilly, ainsi que la brigade Ilanrion, venue de Saint-Denis le 18. L'artillerie, arrivée de Vincennes le même soir, s'établit sur cette avenue et sur celle de Courbevoie.
Quant à la colonne Dacrot, la division Berthaut quitte Aubervilliers le 17, marche sur Saint-Ouen, passe au pont du chemin de fer et cantonne à Asnières. Celle de Susbielle
1. Histoire critique du sièçie de Paris, par un ollicier do marine, p. 196 ; K. Clievalet, p. zôa; J. Clarelie, lorae l", p. 4,76.
2. Ducrol, lome IV, p. 88 : Briiiade Noël, au Monl-Valéricn; mobiles do la Vendée, de la Drôme, des Côles-du-Nord, de Spine-et-Marne, 2", .'i% 42" régiraenls de Paris, au rond-poini de Courljcvoie.
est déjà à Clichy. A la division Faron, la brigade La ^Mariouse part de Bobigny le 18, s'embarque à 4 heures à Belleville-Villette pour Courbevoie, où elle est à 7 heures, et va bivouaquer aux abords du château de La Garenne. La brigade Lespiau se rend de même de Pantin à Courbevoie par voie ferrée ; mais elle n'arrive que le 19 à 5 heures du matin. L'artillerie est dans la soirée du 18 à Clichy, aux abords du chemin de fer\
Ainsi, le soir du 18 janvier, la grande majorité des troupes est répartie dans un espace restreint, entre la place de l'Etoile, Puteaux, le rond-point de Courbevoie, La Garenne, Asnières et Clichy. Les plus éloignées, à Clichy, sont séparées du Mont-Valérien par sept ou huit kilomètres au plus, à vol d'oiseau. On peut considérer leur concentration comme opérée d'une façon satisfaisante'. Les difficultés vont commencer avec les marches de la nuit du 18 au 19. Le srouverneur n'ayant assigné aucun itinéraire aux différentes colonnes, chacun de leurs chefs règle son mouvement à sa guise.
A gauche, les divisions Beaufort et Courty, partant du rond-point de Courbevoie et de Puteaux, se rendront à la Briqueterie du Roi, l'une par le rond-point des Bergères, suivie de l'artillerie, l'autre par Suresnes.
Quant à la colonne Bellemare, qui représente l'effectif d'un fort corps d'ai-mée, elle suivra tout entière les avenues de Xeuilly et de Courbevoie, passera, elle aussi, au rondpoint de Courbevoie, à celui des Bergères, et gagnera La Fouilleuse par le chemin d'Hérode.
Parmi les troupes de Ducrot, la division Susbielle, venant de Clichy, prendra le pont d' Asnières , traversera Courbe-
1. Ducrot, tome IV, p. 89; Journal des marches et opérations de la 2« armée, Ducrot, tome IV, p. 446. La divisioa Berthaut a ses quatre batteries avec elle; la division Susbielle ses (rois batteries.
2. Cette concentration fit évidemment l'objet d'instructions du gouverneur, sans doute données dans le conseil de guerre du 17. Les livres des généraux Ducrot et Viuoy ne contiennent aucun texte les concernant, à l'exception de l'ordre du général commandant l'artillerie de la 2' armée, daté du 17 janvier {Ducrot, tome IV, p. 4i6j.
voie, puis Xanterre, pour clébouclier de Rueil à la station de ce nom'. Partie d'Asnières, la division Bertliaut passera à Courbevoie comme la précédente, s'engagera du rond-point de Courbevoie à celui des Bergères sur l'itinéraire commun des colonnes du centre et de gauche, suivra la route de Cherbourg jusqu'à Rueil et contournera ce village à l'est pour se porter, la 2* brigade à la maison Crochard, la l""^ au Pignon. Elle devra être en position à fi heures du matin et sera suivie de trois batteries, qui s'établiront le plus tôt possible entre le Longboyau et le Pignon, « sur le plateau ».
La division Faron empruntera, elle aussi, pour venir de La Garenne, l'itinéraire de Susbielle jusqu'à la caserne de Rueil", alors qu'il serait facile de lui faire suivre un chemin plus à l'oue-t.
On voit combien vont s'enchevêtrer les mouvements de nos colonnes, faute de simple prévoyance de la part du commandement ^ Entre les ronds -points de Courbevoie et des Bergères, la route de Cherbourg sera tout particulièrement encombrée. On n'utilise pas celle qui borde la Seine, de Courbevoie vers Saint-Cloud, la ligne ferrée de Versailles et celle de Saint-Germain, les chemins de terre qui vont d'Asnières vers Rueil. Du pont d'Asnières à celui de Neuilly, on pourrait aisément faire usage de sept itinéraires distincts au lieu de trois.
Enfin on a la malheureuse idée d'user du chemin de fer pour conduire une partie des troupes à Asnières, à Courbevoie et à Puteaux. Les trains passent la Seine à Asnières sur le viaduc, le seul pont encore existant. Un côté est réservé
1. 1 régiment à la station, an autre dans Rueil (brigade Lecomle), avec mission d'observer autre Rueil et la Seine, vers Croissy; i batterie de 12 et 2 raitniilleuses à la station.
La brigade Ragon s'écbolonnant dans Rueil, la gauche en avaat à Monle- Maria ^monticule dans la partie sud-ouest du parc de Bois-Préau), avec 4 mitrailleuses (Ordre de mouvement de la colonue de droite, Uucrot, tome IV, p. 90).
Dar.8 cet ordre (tome IV, p. 91, 20'" ligne), Ducrot écrit dirision Susbielle au lieu de division Berlhaut.