Jules Favre, loree II, p. 359; Ducrot, tome IV, p
3. Enquête, rapiort Chaper sur les Procès-verbaux des séances du gouver-
Le général Vinoy et M. Cresson réclament inutilement la créatiun de cours martiales, décrétée depuis longtemps ', sans qu'elle ait été sérieusement réalisée. Mais l'opposition est à peu près unanime. Picard craint de constituer une juridiction spéciale et terrible. Jules Ferry ne la croit pas plus expéditive que celle des conseils de guerre, et Trochu s'y montre opposé, parce qu'elle ne peut graduer ses peines.
Finalement le parti de la faiblesse l'emporte, comme toujours. On décide l'établissement de deux conseils de guerre s'ajoutant aux deux qui existent déjà. Tous « devront statuer immédiatement». Inutile de dire que l'indulgence et la lenteur habituelles de ces tribunaux n'en seront pas modifiées ^.
Dans la nuit du 22 au 23 janvier, la ville est d'une tristesse morne. Les rues silencieuses et désertes, les boutiques fermées, les ténèbres que troue de loin en loin la pâle lueur d'un réverbère donnent à ce grand Paris, naguère si vivant, l'aspect d'un tombeau. L'émeute de l'HOlel de ville n'a été que l'un des soubresauts précurseurs de la mort.
nement, p. 137 et 140, 22 janvier soir, paroles d'Emmanuel Arago. Trochu, Favre, Ferry, Pelletan, Picard, Le Flô votent pour les arrestations; Arago, Dorian, Maguin, contre; Garnier-fagés s'abstient.
1. Voir Siège de Paris. Chdlillon, Checiily, La ilalmaison, p. 238.