‹ Siège de ParisChapitre 277 sur 326 · L. Larchey, p · texte numérisé non relu

L. Larchey, p

2. L. Larchey, p. 27i. — Trois officiers de marine et im chef d'escadron d'étatmajor du 8^ secteur, Francis Garnier, Éveillard, Dumoulin et Vimont adressent aux ofliciers une protestation contre la capitulation {Rappel du 27 janvier), ce qui amène le commandant du secteur à envoyer le même jour une conlreproiestation au général Yinoy {Journal du siège, par le Gaulois, p. 468 ; L. Larchey, p. 270).

3. Journal du siège, par le Gaulois, p. 469; Ducrot, tome IV, p. 337.

la population garde une attitude pleine de dignité et de courage. Le 27 janvier, le Journal officiel publie la note qui l'initie aux négociations. Paris reste «parfaitement calme.. ., malgré les bruits sinistres répandus à plaisir^». Belleville, lui-même, est « on ne peut plus tranquille » le matin. Les seuls groupes y sont ceux des femmes qui font queue comme d'ordinaire aux portes des boucheries et des boulangeries. Leur l'ésignation et leur vaillance sont toujours les mêmes. Le soir, c'est à peine si l'émotion publique se manifeste par des indices visibles '.

Dans toute la ville, les devantures des épiciers, des marchands de comestibles se regarnissent comme par enchantement. Les conserves, les huiles, le beurre frais sont partout ofiferts. Un éditeur de musique du boulevard Poissonnière, Kelmer, a remplacé ses classiques par des conserves de pois et de haricots. Une modiste de la Chaussée-d'Antin met en montre des viandes conservées et des volailles. Ailleurs ce sont des fromages, des fruits, du poisson frais et conservé ^. La graisse de bœuf, les pommes de terre, qui ne se voyaient plus nulle part, se montrent en quantités considérables. L'animation est extrême aux Halles et les prix en baisse très sensible. Cette abondance relative, succédant à des jours de famine, n'est pas sans motiver des protestations*. On s'indigne contre la spéculation, sans prendre garde que c'est un mal inévitable et dont les conséquences ne sont pas toutes mauvaises.

La nuit du 27 au 28 janvier est plus troublée. Trente-cinq chefs de bataillon de la garde nationale se réunissent dans la salle du Gaulois, boulevard de Sébastopol, et déclarent qu'ils n'acceptent pas l'armistice. Ils élisent un nouveau

1. L. Larchey, p. 271; Journal du siège, par le Gaulois, p. 166; Ducrol, tome IV, p. 357; H. Dabot, p. 96 et 97 ; F. Sarcey, p. 290.

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