Voir plus liaul, p. i
3. Procès-verbaux cités, 13 décembre 1870; VioUet-le-Duc, Mémoire sur la défense de Paris, p. xxx.
l'armée '. . . » En effet, le désordre se répand dans nos armées maintenues inactives ; les pillards, les déserteurs se multiplient. Le 5 décembre, le général Noël, qui commande au Mont-Valérien, écrit au gouverneur : « Hier des maraudeurs, appartenant pour la plupart aux corps des mobiles, ont franchi mes avant-postes et sont allés à Rueil se soûler et dévaster des propriétés. D'autres, au nombre de près de trois cents, se sont répandus dans Nanterre et ont dévalisé des maisons. Cinq de ces misérables ont été arrêtés et j'espère qu'on en fera bonne et prompte justice. J'ai donné l'ordre de tirer sans pitié sur tout individu, soldat ou autre, cherchant à forcer la ligne des avant-postes.
« Quant aux pillards, celui qui, sommé de se .constituer prisonnier, fera mine de résister, sera, séance tenante, passé par les armes. J'espère, Monsieur le Gouverneur, que vous voudrez bien donner votre haute sanction à ces mesures énergiques, mais nécessaires, car j'estime que le temps des ménagements est enfin passé. J'ai près de 7,000 hommes sous mes ordres; je réponds de leur excellent esprit, mais je ne me soucie pas que quelques misérables viennent les gangrener. Je demande à être autorisé à instituer au Mont-Valérien une cour luartiale'^. » Sa demande est accordée, mais le laissez-faire, l'indulgence sont si bien à l'ordre du jour, que la nouvelle juridiction reste inefficace.
Le cas dif Mont-Valérien n'est pas isolé. « Nous avons vu des mobiles s'en aller, par groupes de huit à dix, armés de longues barres de fer pointues, et fouiller les murailles, les caves, les jardins des maisons abandonnées, afin d'y découvrir de l'argent caché et de se l'approprier'. » Autour de Saint-Denis, les bataillons de la Seine ne se conduisent pas autrement : abandon de leur poste devant l'ennemi, insubordination grossière, menaces à main armée contre les factionnaires, tous ces crimes militaires sont journaliers*. Ils en