‹ Siège de ParisChapitre 78 sur 326 · Vinoy, p · texte numérisé non relu

Vinoy, p

le feu d'Avron. Vinoy prescrit donc de tenir sur place en attendant le jour. ]\Iais il prépare un sérieux effort pour le lendemain. La brigade Saliuon descendra du plateau et fera une démonstration sur la Maison-Blanche ou la partie est de Ville-Evrart, si l'ennemi y est encore. Sous sa protection, le général de Malroy ralliera ses troupes et évacuera l'asile pour se replier sur Neuilly, suivant l'ordre du gouverneur \ La retraite de l'ennemi rend ces préparatifs inutiles, mais elle ne modifie en rien la physionomie de ce combat, l'un des plu.s attristants du siège de Paris ^ De Ville-Evrart, la panique a gagné Xeuilly-sur-Marne et même au delà. Les bataillons de garde nationale en réserve dans Fontenay-sous- Bois, Xeuilly-sous-Bois, Neuilly-Plaisance et Rosny lui sont une proie facile. « Bien qu'ils fussent séparés de l'ennemi par le village de Xeuilly-sur-Mame, protégés par les bataillons de gendarmerie et couverts par le plateau d'Avron, un grand nombre de gardes nationaux prirent peur à la seule appréhension du danger; la pensée d'une attaque encore impossible, qui pourrait venir jusqu'à lui, fit fuir d'abord au fort de Rosny, puis au glacis de l'enceinte et enfin jusque dans Montmartre même le 200* bataillon... D'autres... montrèrent les mêmes symptômes de découragement et d'épouvante %

1. Dépêche du 21 décembre, iiiiiiô du .soir, Vinoy, p. 310. Elle se termine ainsi : « Vous ne continuerez pas l'occupation des points dominés où sont vos avanl-;;ardes ; demain matin vous ferez retraiter vos troupes et attendrez mes ordre.s. »

2. Vinoy crut devoir écrire dans un ordre du 23 décembre : « Quoique surpris et privés de leur général, atteint mortellement au commencement de Faction, nos liotailions ont fait bonne contenance. Ils ont su résister courageusement, et ont pris ou tué une bonne partie des assaillants. » Le gouverneur attribue cet écbec aux soldats : '< Nos liommes ont, comme toujours, été très imprudents et très peu .«oucieux des inslruclions qui prescrivent, après cliaque occupation, de fouiller soigneusement les caves, ou l'ennemi se rend toujours. » (Télégramme à Vinoy, du 22 d>icerabre, o*'22 du soir, Vinoy, p. 49J).

3. Vinoy, p. 321. — Une lettre du commandant Ulieu, du 31° bataillon, est tout aussi aflirmalive quant à cette panique: «...Nous étions cantonnés a Plaisance, vers six heures et demie du soir, lo"sque six soldats et caporaux et cinq olliciers du 112" de ligne mj furent annoncés successivement par nos hommes de garde, et diclarèrenl que les l'russicns avaient occupe Villc-Kvrarl, massacré le 112* et rentraient dans Neuiiiy-sur-Marne, chassant devant eux la gendarmerie et rartillerie, qui, en oITet, à ce moment, traversait Plaisance au grand trot de ses chevaux.

i Le colonel du 24*, auquel le 3J* es! incorporé, me douna l'ordre de me

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et une partie des hummes qui les composaient se dispersèrent de tous les côtés. »

replier sous les forts. On éveilla sans bruit les hommes, et j'emmenai mon bataillon, précédé et suivi d'autres bataillons ou débris de balaillons, dans une confusion inexprimable. Arrivé à un grand carrefour, en avant du fort de Rosny. .., les médecins vinrent me déclarer que mes hommes, brisés de fatigue et n'ayant presque pas mangé, étaient incapables de supporter le froid en plaine, et que, si je ne me déterminais pas à rentrer dans Paris, j'aurais le lendemain des hommes gelés, et deux ou trois cents malades

« La plupart des ofliciers et des gardes sont du môme avis. En présence de ces obseiTations..., je me suis décidé à donner l'ordre de rentrer dans Paris... » L'auteur de cet aveu naïf, mis aux arrêts par le général Clément Thomas, pour sa fuite en bon ordre, protesta en adressant aux jouruaux la lettre dont nous donnons des extraits (L. Larchey, p. 20i).

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