MISE EN ETAT DB SIEGB DE LA. VILLB DE CABN
De Bras donne de curieux détails sur les mesures d'urgence que l'on prenait, à Caen , en cas de siège : Avitaitlement du château, — « Quand il s'est faict bruit
de guerre , ravitaillement du chasteau a esté faict par les habitans des vicontez de Caen, Bayeux^ Vire, Fallaise et le Pont-rEvesque : et celle de Caen fournit de bleds, Bayeux de bleds et de beurres , celle de Vire de lards , Fallaise partie de bleds , pois et febves , et celle d'Auge
de cidres Mais si tost qu'il y avoit eu un traité de
paix publié, [ce qui restoit] desdits vivres estoit restitué ci ceux qui les avoyent fournis , comme raison estoit. » — Recherches et antiquitez , etc., p. 57.
Guet et arrière-guet, — « J'ay bien voulu à cest endroit ( De Bras poursuit ici l'analyse d'un ancien matrologe de la ville, qu'il fait remonter au XIV*. siècle), faire notable mémoire du privilège du guet qui est tel :
Que le sieur capitaine dudit Caen , la nuict doibt commettre un mareschai du guet , pour obvier aux bruits de nuict, et qu'il ne se commette aucuns larcins ni insolences. Lequel mareschai convoque à ceste fin les Bordiers, c'est-à-dire locataires qui n'ont maison, et ne sont bourgeois, en nombre suffisant , et estant soubs le pont S* Pierre , dit de Dernetal , qui est la maison de ville, et en temps d'y ver , doibt avoir du feu et chandelle en une lanterne haute eslevée , et s'il se faict quelque bruit , ledit mareschai et aucuns des siens s'y doibt transporter et se saisir de tels mutins, et les mettre à l'une des tours dudit pont jusques au jour, et les rendre à la justice sans en prendre aucune cognoissance , et par le juge ordinaire en est faict le procez et ordonné de telle punition qui appartient au cas.
« Mais en temps de guerre , outre ledit guet , il se faict un arrihe-guet , de l'auctorité du sieur Bailiy, ou ses lieutenans, comme maire de ladite ville, par seize bourgeois et leurs gens, au tour et ordre, qui font la ronde
par dessus les murailles» après que le guet y est assis aux portes et centinelies , et si ceux lesquels y ont esté envoyez n'y sont trouvez , ou s'ils ne (lisent le mot du guet qu'on leur a baillé^ lesdits bourgeois les font emprisonner à Tune desdites tours du pont , pour en estre faict justice comme dessus. Et faut notter que le mot du guet se baille par le plus grand seigneur qui soit en la ville et que huit bourgeois , du nombre de seize ^ et leur suitte vont par l'un des costez de la ville, et les autres de l'autre, puis viennent se rendre sous le pont 9 et ainsi se continue le guet jusques au jour , en temps de guerre; sous lequel pont y a tousiours un corps de garde. » — Ibid,, p. 54.
Cette organisation appartenait nèn-seulemcnt à l'époque où écrivait De Bras, mais aussi à celle qui nous occupe. La preuve en est dans le passage suivant : « Le sieur capitaine du chasteau, pour entretenir son mareschal du guet et continuer l'ordre que dessus, prend les gaiges de trois cens livres par an sur les deniers communs de la ville. Messire Yvon de Garencières, qui en fut capitaine, en prétendoit six cens. Mais Monsieur Philipe^ duc de Bourgogne, accorda ledit Garencières et les eschevins gouverneurs de la ville, en lui payant trois cents livres de gages par an , et mille livres pour les arrérages , le vingtième d'avril 1403 , recours audit accord estant au chartrier de la ville, j» — Ibid. , p. 55.
MILICR fiOURGBOlSE DB CARN.
« En ceste ville , pour y maintenir un bon ordre , il y
a vingt et deux dizainiers ou dizaines d'hommes 9 tant en la ville que fauxbourgs ^ à sçavoir quatorze du costé de la grande ville , et huit du quartier de Tlsle et Vaucelles , et sont esleuz vingt et deux jeunes hommes par ledit sieur Bailly, gens du Roy et Gouverneurs, pour avoir la charge desdites dizaines, et qui en cognoissent les hommes , biens et facuUez pour les faire fournir d'armes. » — De Bras, Ântiquitez, etc., p. 55.
Je vois à la même page qu'au temps de De Bras , le corps de la milice bourgeoise s'élevait à « deux mille trois à quatre cents hommes » commandés par un coronal, ou colonel , et divisés en trois compagnies , dont chacune avait un capitaine et ime enseigne. La première était fournie par le quartier de St. -Pierre, la seconde par le quartier de l'Isle et St. -Jean (sic), la troisième par les quartiers de St. -Sauveur, Notre-Dame, St.-Estienne et le Bourg-l'Abbé. On voit par là que les bourgeois de la ville étaient seuls appelés à composer celte garde urbaine, et que les habitants des faubourgs en étaient exclus, tandis que les vingt-deux dizaines se recrutaient partout.
Quant aux cinquante arbalétriers de Caen , ils furent institués en 1358, sur le modèle de ceux de Rouen, en vertu d'une charte de Charles, régent de France. — Trésor des chartes , reg. LXXXVII ♦ n". 86.
LES HABITANTS DB CORMBILLBS TBNUS DB 6ÂRDBR LA PORTE
MILBT. — 1347-1381.
Charles VI confirme en 1381 un jugement rendu en
13/i7 par le bailli de Caen, Régnant Machart^ en faveur
des habitants de Cormelles-lez-Caën , jugement qui les déclare francs de toutes « coutumes, païages, tailles, aydes , d'ost , de ban et d'arrière-ban , de subsides et autres subvencions, » à la condition de gardera leurs coûts et dépens, la porte Milet, toutes les fois que le Royaume serait en guerre , ou que le Roi ou le duc de Normandie serait dans la ville. — Ord,, t. VI, p. 586 , Mai 1381.
PERMISSION ACCORDER, PAR HENRY V, A PLUSIEURS MOINES DE L*ABBAYE PE SAINT- ETIENNE DE RRNTRER DANS LEUR MONASTÈRE, 22 AOUT 14 H,
Rex per litteras suas patentes, usque tercium diem septembris proximi futuri duraturas , suscepit in salvum et securum conductum Matheum Le Daunoys, AVilielmum Le Roy, Johannem Filbert , Johannera Hardy, Johannem Varyn , Radulfum Estante et iMartinum Le Gorry, de ducatu regio Normannie usque abbatiam S^K Stephani de Caen, in ducatu regio predicto veniendo, ibidem morando et cxinde ad propria redeundo, ac bona sua quecumque, etc. Teste Rege apud abbatiam predictam xxvij° die Àugusti. — Rôles normands, etc., p. 217.
LETTRE DR HENRY V A LA COMMUNE DE LONDRES, POUR LUI ANNONCER LA PRISE DE CAEN, 5 SEPTEMBRE lZll7.
ÏÂttera domini régis Majori et Aldermanis missa.