‹ Siger de Brabant et l'averroisme latin au XIIIe siècleChapitre 2 sur 208 · A LA SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

A LA SECONDE ÉDITION

Les critiques qui se sont occupés de la première édition de cette publication l'ont d'ordinaire accueillie avec beaucoup de bienveillance. Je ne m'arrêterai pas à rapporter ici quelques-uns des jugements émis à cette occasion, si autorisés qu'ils soient et si flatteurs qu'ils me paraissent. Je préfère signaler les modifications que j'ai fait subir à mon premier travail pour le rendre moins indigne des éloges qu'il a reçus. Et puisque je rappelle mes dettes de reconnaissance, je remercierai aussi M. De Wulf de l'hospitalité qu'il a bien voulu m'off"rir dans la collection « Les Philosophes Belges » et que j'ai acceptée comme une occasion de témoigner ma haute estime pour Vlnstitut supérieur de Philosophie de l'Université de Louvain.

Les améliorations, ou tout au moins les modifications que j'ai fait subir à la seconde édition de Siger de Brabant, visent à la fois les textes édités et l'étude historique. Le développement pris par mon travail ainsi que des raisons d'utilité m'ont conduit à publier séparément, en deux volumes, l'exposé historique et le matériel documentaire qui lui sert de base dans la question de l'Averroïsme. On trouvera, en tête de la Seconde Partie qui comprend les textes inédits, une introduction qui fait connaître à la fois le contenu du volume et les additions et modifications qui y ont été faites et que, pour cette raison, j'omets de signaler ici.

Quant à la partie historique, contenue dans le premier volume, elle a subi des modifications nombreuses et d'ordre divers. Je vais signaler les principales, surtout en vue d'être utile aux personnes qui connaissent la première édition de ce travail.

La rédaction du texte a été revisée au point de vue de la correction et de l'exactitude. La bibliographie, qui sert de justification dans les notes, ^ été mise à jour et quelquefois diminuée, quand un bon tr^v^il suppléai^

XII SIGER DE BRABANT - I^e PARTIE

avantaofeusement aux ouvraores antérieurs. De nouveaux textes ont été ajoutés au pied des pages pour corroborer certaines affirmations ou les rendre plus intelligibles. Mais les additions principales ont été pratiquées à l'occasion de certains problèmes historiques qui n'avaient pas encore été déterminés ou l'avaient été insuffisamment. C'est ainsi que j'ai consacré plusieurs longues notes pour préciser le problème des traductions latines d'Aristote : le rôle de Boèce comme traducteur (p. 7, n. 3) ; la date de l'introduction de la logique nouvelle et les auteurs de ces traductions (p. 9, n. 2) ; les dates des premières traductions des principaux ouvrages d'Aristote et le moment où l'on constate leur action chez les Latins du moyen âge (p. 13, n. 1). Une autre note encore est destinée à montrer l'énorme lacune des études historiques touchant les maîtres de la seconde moitié du xn« siècle et de la première moitié du xiii^ (p. 50, nn. 1 et 2). Dans le chapitre VI^ oii nous traitons de l'activité littéraire de Siger de Brabant, nous avons introduit une analj'se du traité De necessitate et contingentia causarum (p. 136 et suiv.) que nous éditons pour la première fois. Nous utilisons aussi sa doctrine, au chapitre suivant, pour compléter l'exposé des doctrines averroïstes. Une note nouvelle a pour but de signaler la ligne de démarcation entre la philosophie d'Aristote et celle de saint Thomas d'Aquin (p. 162, n. 3). La condamnation parisienne de 1277, atteignit, en dehors des personnages déjà connus, Roger Bacon et Gilles de Rome, ainsi que nous l'établissons pour la première fois (p. 244 et suiv.). Enfin, dans le chapitre X*", relatif aux dernières années de Siger de Brabant, nous avons utilisé le texte mis au jour peu après la première édition de notre travail, et qui nous fait connaître la mort accidentelle du philosophe averroïste. Nous avons en outre insisté sur les preuves qui établissent que Siger de Brabant avait été condamné, en conséquence de ses doctrines, à un internement à la curie romaine, au cours duquel il fut assassiné par son clerc tombé en démence.

Quelques critiques de détail ont été formulées sur l'un ou l'autre des Jugements que j'avais émis au cours de la première édition de Siger de Brahattt. Elles ont d'ordinaire une portée Hmitée et sont dépourvues de justification historique. J'ai signalé les plus importantes, quand l'occasion f*en est présentée, en remaniant cette seconde édition. On les trouvera au bat des pages qui suivent. C'est pourquoi je m'abstiens de les relever ici. Je n*ai pas cru devoir, toutefois, abandonner des positions justifiées par la documentation et la construction historiques, alors qu'on ne m'opposait rien d'équivalent. Il est inutile de dire que si le bien fondé des quelques /Observations qui m'ont été présentées m'était appam, je me serais fait un devoir d'en faire mon profit.

Fribourg, août 1010.

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