‹ Signes doublesChapitre 34 sur 50 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

Mais que le Verbe pur chante dans ma mémoire

et règne sur l'ombre, comme sur le chaos apparent

noir et blanc

régnent les Nombres, évoluant en la Divinité, unité dans l'apparente multiplicité.

pourquoi pas 4 Ho vérité profonde î Le ternaire est la Loi du monde.

ÏV

Au cadran solaire sonne l'heure du soir,

aiguilles d'or sur fond rouge et noir, — et voici le quatrième soir — Les éphémères cessent leurs danses, la méduse allume sa phosphorescence, l'hélianthème s'arrête en silence devant sou dieu évanoui.

Diras-tu non ? Diras-tu oui ?

Ouvre tes yeux, doubles miroirs, que je me penche pour y voir.

Je vois... L'oiseau du jour s'enfuit.

C'est un conte des Mille et Une Nuits.

Ecoute :

Sur les mers du Sud couleur d'abeille'

comme un autel chargé de fleurs

s'en va la haute Nef du Roi.

Trois par trois

douze nègres rameurs

rythment d^sochromes clameurs

et sept musiciens aveugles

joueurs de cistres et de plectres

aux lamento berceurs

marient V Amour à la Douleur.

Des Sirènes sont en escorte

et les Nixes de leurs yeux d'eau versent des pleurs

la Fille du Roi est morte.

Sa forme pâle,

aux longs doigts fins chargés d'opales

et de saphirs couleur de chair , illumine — blancheur d'aube — toute la mer.

Le Roi son père o, par trois fois, invoqué les Esprits qui savent — à mi-voix — A son ultime appel, silencieusement^

les monstres marins aux yeux de phosphore

dévotement prendront le corps

d'aurore et dans les palais de cristal, aux colonnes de stalactiteSy pendant sept Temps et demi, la petite, reposera bercée par les mélopées infinies

des génies.

C'est un conte des Mille et Une Nuits...

Ecoute encore, ma Péri aux yeux verts...

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