DIEU
Mais que le Verbe pur chante dans ma mémoire
et règne sur l'ombre, comme sur le chaos apparent
noir et blanc
régnent les Nombres, évoluant en la Divinité, unité dans l'apparente multiplicité.
pourquoi pas 4 Ho vérité profonde î Le ternaire est la Loi du monde.
ÏV
Au cadran solaire sonne l'heure du soir,
aiguilles d'or sur fond rouge et noir, — et voici le quatrième soir — Les éphémères cessent leurs danses, la méduse allume sa phosphorescence, l'hélianthème s'arrête en silence devant sou dieu évanoui.
Diras-tu non ? Diras-tu oui ?
Ouvre tes yeux, doubles miroirs, que je me penche pour y voir.
Je vois... L'oiseau du jour s'enfuit.
C'est un conte des Mille et Une Nuits.
Ecoute :
Sur les mers du Sud couleur d'abeille'
comme un autel chargé de fleurs
s'en va la haute Nef du Roi.
Trois par trois
douze nègres rameurs
rythment d^sochromes clameurs
et sept musiciens aveugles
joueurs de cistres et de plectres
aux lamento berceurs
marient V Amour à la Douleur.
Des Sirènes sont en escorte
et les Nixes de leurs yeux d'eau versent des pleurs
la Fille du Roi est morte.
Sa forme pâle,
aux longs doigts fins chargés d'opales
et de saphirs couleur de chair , illumine — blancheur d'aube — toute la mer.
Le Roi son père o, par trois fois, invoqué les Esprits qui savent — à mi-voix — A son ultime appel, silencieusement^
les monstres marins aux yeux de phosphore
dévotement prendront le corps
d'aurore et dans les palais de cristal, aux colonnes de stalactiteSy pendant sept Temps et demi, la petite, reposera bercée par les mélopées infinies
des génies.
C'est un conte des Mille et Une Nuits...
Ecoute encore, ma Péri aux yeux verts...