‹ Signes doublesChapitre 48 sur 50 · MAGICIENNES DE MES SABBATS · texte numérisé non relu

MAGICIENNES DE MES SABBATS

évoquant tout un monde subhmaire (Tintermonde

au charme des ABRAGADABRAS

Pendant des lunes et des lunes

sur une jonque verte aux rames brunes,

j'ai traversé d'étranges pays

tout peuplés de cynocéphales

jongleurs et joueurs de cymbales,

de richis porteurs d'amulettes.

Et sous les cèdres centenaires »

je prononçais ton nom — syllabes chèues —

comme on égrène des prières au fond du temple des soufis.

Je t'attendais

j'allais vers toi

et me voici

dans ton parc lourd de senteurs d'herbes où les paons royaux et superbes — janissaires de ton sérail — caressent de leur éventail la face d'or du jour qui semble devant toi agoniser d'amour.

Rêve de splendeur.

Je respire déjà ta grâce, ton odeur,

le fruit suave de ta bouche

les aromates de ton corps

qui s'effarouche.

Toi, tu m'attends, songeant à peine, les yeux mi-clos à côté du jet d'eau berçant sa cantilène.

Page 1