‹ SigurdChapitre 30 sur 59 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GUNTHER, BRUNEHILD, endormie.

GUNTHER

La voilà donc la déesse exilée, Que dans mon cœur dès longtemps j'adorais!

Les dieux jaloux, en vain, dans leurs décrets, / Pour vaincre les démons, les Elfes, troupe ailée, Ont désigné Sigurd !.… Brunehild est à moi, Mes guerriers la verront aux côtés de leur roi, CHOEUR INVISIBLE.

Notre tâche est remplie, Le jour luit au ciel bleu, Toi qui fus Valkyrie, Adieu!

BRUNEHILD, s’éveillant entre les buissons en fleurs dans le premier rayon du soleil.

Où me conduit ma destinée?

Et sur quels bords inconnus amenée,

Vois-je naître du jour les premières clartés? D'où vient que mon époux n’est plus à mes côtés?

LE CHOEUR, invisible se perdant dans l'éloignement.

Notre tâche est remplie, Le jour luit au ciel bleu, Toi qui fus Valkyrie, Adieu !

GUNTHER, il s’élance vers Brunebhild.

Ces bords que vous foulez, reine, sont votre empire; Ces plaines, ces vallons, ces forêts sont à vous. Ce vieux burg crénelé qui dans le Rhin se mire,

Est le palais de votre époux.

BRUNEHILD.

Cet époux, quel est-il?

GUNTHER

Un guerrier qui vous aimel!..

BRUNEHILD.

Pourquoi ne vient-il pas me conduire lui-même, Au banquet nuptial qu’on va dresser pour nous?

GUNTHER, L’époux qui te ceindra bientôt le diadème, Brunehild, est à tes genoux!

Mouvement de Brunehild,

BRUNEHILD, avec doute.

Vêlu de fer, la visière baissée, C'est toi qui vins dans mon palais brülant, Toucher mon front de ton glaive sanglant?

Des noirs esprits la foule terrassée, C'est toi qui vins, voilé, silencieux, Comme l'époux que m'ont promis les dieux?

GUNTHER

Vêtu de fer, la visière baissée, C'est moi qui vins dans ton palais brülant, Toucher ton front de mon glaive sanglant... Des noirs esprits la foule terrassée,

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