ACTE QUATRIÈME
Qui dérobant ses traits sous le masque d’airain, Vint m'éveiller le glaive en main, Le héros que mes yeux n’ont pas su reconnaitre, ue n'était pas Gunther?
HILDA
C'était le fier Sigurd !
Ce n'était pas Gunther!
BRUNEHILD.
Sigurd!... c'était Sigurd| Brunehild encor vierge et pure, Pour lui dénouant sa ceinture, La remit en gage d'amour, En jurant de l'aimer jusqu’à son dernier jour, Mais alors c’est Sigurd que, tremblante, égarée, J'ai tenu dans mes bras et serré sur mon cœur. Hélas! je me souviens, à peine délivrée,
Je me suis rendormie auprès de mon vainqueur.
HILDA
Sigurd m'aime... en brisant ta chaine, En te livrant captive au roi, Sigurd ne voulait, pauvre reine D'autre récompense que moil BRUNEHILD.
Dieux! à mes pieds la foudre tombe!
Sigurd est mon libérateur, Sigurd!.…. et j'appartiens à Gunther l’imposteu . Que ne puis-je à jamais m'endormir dans la tombe! HILDA, avec hauteur.
O pâle Brunehild, ma sœur!
Oublie une amour dédaignée, A l'amour du roi résignée Cache les larmes de ton cœur!
BRUNÉHILD.
Sigurd t'a révélé ce secret redoutable?
HILDA
Dans un élan d'amour Sigurd m’a tout appris
BRUNEHILD.
Sigurd a pu remplir ce pacte détestable?
HILDA
Il m'aime! pour toute autre il n’a que du mépris ! BRUNEHILD.
Non! quand j'unis vos mains d’une horreur inconnue, Comme moi Sigurd a tremblé!
Et l'éclair menaçant qui jaillit dans la nue A brillé dans son cœur troublé.